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Mercredi, 17 Juin 2026

L’Arcom plonge dans le contenu éditorial et menace une chaîne de télévision : CNews

Auteur : Marc Baudriller | Editeur : Walt | Mercredi, 17 Juin 2026 - 13h02

On se disait aussi que la mise en demeure adressée par l’Arcom à Radio France préparait quelque chose. La réplique est du genre foudroyant. Via un communiqué publié ce lundi 15 juin, l’Arcom franchit un cap majeur dans le contrôle de l’opinion et la restriction de liberté éditoriale. Le gendarme de l'audiovisuel s'ouvre, de manière spectaculaire, un espace de compétence jamais vu jusqu'ici dans une démocratie, en tout cas dans la démocratie française depuis la guerre. CNews est donc « mise en demeure » de se conformer à « l'exigence d'expression pluraliste des courants de pensée et d'opinion ». L'ordre est clair : abandonnez votre ligne éditoriale ou nous fermerons CNews comme nous l’avons fait avec C8. Poutine n'a plus grand-chose à nous envier.

L’Arcom explique très bien qu'il a franchi un pas vers le contrôle éditorial des chaînes qui s'adressent aux Français. L’organisme « s'assure désormais également que l'expression des courants de pensée et d'opinion par l'ensemble des intervenants à l'antenne n'est pas affectée par un déséquilibre manifeste et durable dans les programmes consacrés à l'information ». L’agence d'État ne pèse plus seulement les temps de parole, elle soupèse les thématiques, les mots, les idées, les pensées. L’Histoire retiendra que l’Arcom réagit ainsi à la saisine d’une association, Reporters sans frontières, créée par Robert Ménard pour défendre… la liberté des journalistes face aux pouvoirs dictatoriaux ! Reporters sans frontières a donc accepté de jouer les apprentis censeurs à l’égard de journalistes français ! Vertige.

Trop de temps sur l'immigration...

Pour franchir ce Rubicon liberticide, les personnels de l’Arcom ont donc visionné 168 heures de programme de CNews, ils se sont penchés sur les sujets abordés, les propos tenus par les intervenants, le vocabulaire employé, les thématiques, les points de vue exposés et la place laissée à la contradiction, ce qui suppose de savoir si tel ou tel invité contredit un peu, beaucoup ou pas du tout l'animateur et les personnalités différentes invitées en plateau. Vertige.

Bilan : l’Arcom considère que la chaîne passe trop de temps sur la sécurité intérieure, sur l'immigration ou sur l'islam, qu'elle se défie de l'institution judiciaire et qu'elle critique trop systématiquement La France insoumise. De quel droit ? Vertige.

À ce stade de la censure, l’Arcom doit s'expliquer. Le gendarme de l'audiovisuel épingle la surexposition manifeste, sur l'ensemble de la programmation, d'un même courant de pensée et d'opinion. Donc, un organisme d’État estime, avec droit de sanction, de vie et de mort sur une chaîne, quelle est la place donnée à un courant de pensée et d’opinion. Curieusement, il n’est jamais venu à l’esprit desdits « sages » de l’Arcom de pratiquer cet exercice auprès de France Inter… Les récentes remontrances ne portaient que sur le temps de parole du RN, bizarrement réservé aux heures nocturnes sur la grande antenne publique. Vertige, encore.

CNews clairement menacée de fermeture

La chaîne du groupe Bolloré considère que « l'appréciation portée par l'autorité sur le pluralisme des courants de pensée d'opinion conduit à une interprétation excessivement restrictive de la liberté éditoriale dont doivent bénéficier les médias dans une démocratie ». Excessive, c'est le moins que l'on puisse dire. CNews est donc sanctionnée et clairement menacée de fermeture, après un flicage digne des grandes heures de la liberté éditoriale sous Staline.

Après les réseaux sociaux, l'entourage d'Emmanuel Macron s'attache donc à museler la seule télévision différente via une compétence nouvelle, agrémentée d'un système de flicage inédit, élaboré tout exprès. Question : quel est le coût de ce dispositif ? Demain, d'autres télévisions, d'autres radios, d'autres journaux, d'autres sites Internet pourquoi pas, feront peut-être l'objet d'une compétence nouvelle expressément définie pour interdire la liberté d'expression et la ligne éditoriale de tel ou tel média. La Macronie, qui mène une guerre inexpiable à la liberté d'expression sur les réseaux sociaux, a trouvé là un nouveau terrain de jeu.

CNews va porter l'affaire au Conseil d'État et, « le cas échéant, dit-elle, devant les juridictions européennes compétentes ».

Le pouvoir politique en place, menacé par les conséquences dans l’opinion d’une gestion catastrophique du pays, étouffe les libertés de base que l’on pensait intouchables. La liberté de la presse ressemble chaque jour davantage, sous Macron, à une peau de chagrin. L’Arcom ouvre aujourd'hui une nouvelle ère de la liberté de la presse, celle d'une mise sous tutelle.


- Source : Boulevard Voltaire

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