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Mardi, 21 Juill. 2026

Le business de la mort : quand l'ADMD lorgne sur vos héritages

Auteur : Mario | Editeur : Walt | Mardi, 21 Juill. 2026 - 11h08

Il y a des coïncidences qui ne trompent personne. À peine la proposition de loi sur l'« aide à mourir » adoptée définitivement le 15 juillet 2026, l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité n'a pas attendu pour rappeler à ses adhérents, dans une brochure aussi soignée que glaçante, qu'un testament bien rédigé peut aussi lui être utile. On y apprend, entre deux paragraphes sur la « dignité » et la « liberté », comment léguer sa maison, son tableau, son compte en banque ou son assurance-vie à un Fonds de dotation créé pour l'occasion. La formule à recopier est même fournie, clé en main, comme un modèle de lettre administrative : « Fonds de dotation de l'ADMD, 130 rue La Fayette, 75010 Paris. » Pratique. Presque trop.

Un slogan qui sonne faux

« Offrez la dignité en héritage. » Le slogan se veut noble. Il est surtout révélateur d'un glissement que personne n'ose nommer : une association qui milite pour qu'on puisse mettre fin à la vie de personnes malades s'adresse, dans le même mouvement, à ces mêmes personnes pour leur demander de lui laisser leurs biens. Il n'a échappé à personne que la cible privilégiée d'un discours sur les legs, ce sont les gens âgés, malades, souvent seuls, parfois anxieux face à leur fin de vie — précisément le public que l'ADMD dit accompagner. Que ce même public soit aussi celui qu'on sollicite pour remplir les caisses d'un fonds de dotation devrait, à minima, interroger.

Une mécanique bien huilée

Rien d'illégal, bien sûr. Le legs universel, le legs à titre universel, le legs à titre particulier, le legs en duo pour optimiser les droits de succession : tout est détaillé avec la précision d'un cabinet de gestion de patrimoine, notaire à l'appui. Un fascicule de huit pages accompagne la démarche. Une vidéo montre même une grand-mère aux joues roses rédigeant paisiblement son testament — the mise en scène est touchante, presque trop bien huilée pour être innocente. On est loin de l'image d'une petite association militante qui gratte les fonds de tiroir : voilà une structure qui a professionnalisé la collecte testamentaire au point d'en faire un axe de communication à part entière.

Le problème n'est pas la légalité, c'est la cohérence morale

Que des associations caritatives sollicitent des legs, personne ne s'en offusque quand il s'agit de la Croix-Rouge ou de la recherche contre le cancer. Mais l'ADMD n'est pas une association comme les autres : elle défend un droit qui, par définition, abrège la vie de ceux à qui elle s'adresse. Solliciter le patrimoine de personnes en fin de vie, potentiellement influençables, au moment même où on leur propose aussi un accompagnement vers la mort, crée une proximité pour le moins malaisante entre la cause défendue et l'intérêt financier de ceux qui la portent. Qu'une victoire législative soit aussitôt suivie d'une relance sur les successions ne fait que renforcer le sentiment d'un calendrier plus opportuniste que fortuit.

Une question qui mérite d'être posée sans détour

Personne n'accuse l'ADMD de forcer la main de qui que ce soit. Mais la vigilance qu'on exige des maisons de retraite, des tuteurs ou des professionnels de santé face aux personnes vulnérables devrait aussi s'appliquer à une association qui les côtoie dans leurs moments les plus fragiles. Qu'elle finance ses actions par des dons volontaires, soit. Qu'elle en fasse un argumentaire de communication ciblé au lendemain d'une victoire législative, c'est un choix qui mérite d'être regardé en face — et critiqué sans complaisance.


- Source : ZeJournal

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