www.zejournal.mobi
Mardi, 09 Juin 2026

Le Pentagone relève la menace d'espionnage israélien à un «niveau critique»

Auteur : France-Soir | Editeur : Walt | Mardi, 09 Juin 2026 - 19h59

Washington commence à se méfier de Tel Aviv. Quelques jours après une discussion houleuse entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou à propos de la guerre au Moyen-Orient, le Pentagone a classé la capacité d’Israël à espionner de hauts dirigeants américains, à “critique”. Plusieurs médias font état de tentatives de collecter des informations liées à la prise de décision de la part de l’administration Trump.

En février 2026, Donald Trump et Benyamin Netanyahou ont lancé des frappes aériennes coordonnées contre l'Iran, marquant le début de la guerre d'Iran de 2026. L'opération, nommée “Lion rugissant” du côté israélien et “Fureur épique” du côté américain, visait des sites militaires, des installations de renseignement et le programme nucléaire iranien. Dès le premier jour des bombardements, le guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué, ainsi que plusieurs hauts dirigeants du régime, dont le ministre de la Défense Aziz Nasirzadeh et le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale Ali Shamkhani.

La DIA inquiétée par les renseignements israéliens

Le Premier ministre israélien aurait joué un rôle crucial dans la décision de Trump de frapper l'Iran. Selon les révélations de journalistes américains, lors d'une réunion secrète à la Maison-Blanche début février, le Premier ministre israélien aurait présenté l'opération militaire à Trump, qui a émis lui et ses collaborateurs certaines réserves. Un détail aurait convaincu l’administration Trump, à savoir la présence de hauts dirigeants iraniens réunis dans un même lieu à Téhéran lors des bombardements. 

Au fil des mois, des bombardements et des discussions, les relations entre les deux dirigeants américain et israélien se sont tendues, culminant avec un appel téléphonique particulièrement houleux la semaine dernière, l'un des plus tendus depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche. Selon Axios, qui cite deux responsables américains et une source ayant eu connaissance de l'appel, Trump a déchaîné sa colère contre Netanyahou au sujet de l'annonce israélienne d'imminentes frappes sur Beyrouth après des “violations répétées” du cessez-le-feu par le Hezbollah. 

Trump aurait traité Netanyahou de “complètement fou” après l'annonce d’une intervention israélienne au Liban, la jugeant comme une menace pour les pourparlers en cours avec Téhéran. “Sans moi tu serais en prison. Je sauve ta peau. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça”, aurait-il ajouté. 

Plus tard sur son réseau Truth Social, Trump a adopté un ton plus apaisé, affirmant que Netanyahou s'était engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth. Mais les tensions ne semblent pas s’être totalement dissipées pour autant. 

Samedi, plusieurs médias américains ont rapporté que le Pentagone a relevé le niveau de menace en matière d’espionnage de la part d’Israël. La Défense Intelligence Agency (DIA), agence de renseignement militaire du Département de la Défense (DoD), a exprimé des inquiétudes quant à la possibilité que Tel Aviv ait tenté d’espionner de hauts responsables américains afin d’obtenir des informations sur “la prise de décision de l’administration Trump”.

“La capacité d'Israël à mener des opérations d'espionnage humain et de collecte technique se situait à un 'niveau critique'", ont révélé des responsables américains à NBC News.

Witkoff et Colby parmi les cibles ?

Les renseignements israéliens espionneraient les Américains pour obtenir des informations sur “les délibérations internes et la prise de décision de l'administration Trump concernant les conflits au Moyen-Orient", explique-t-on encore. 

Le New York Times affirme en savoir plus sur ces tentatives israéliennes, affirmant que le principal négociateur du président américain, Steve Witkoff, ainsi qu'Elbridge Colby, sous-secrétaire à la politique de la Défense, ont figuré parmi les cibles.

Certes, l’espionnage entre deux pays, y compris alliés, est une pratique assez courante. Mais la décision de Washington, qui reflète les tensions avec Tel Aviv et les divergences des deux pays sur la gestion de la situation au Moyen-Orient, semble inédite. Le WSJ a d'ailleurs rapporté que Trump se sent "trahi" par Netanyahou et les tentatives du renseignement israélien auraient franchi une ligne rouge.

Plusieurs pays ont déjà protesté contre Tel Aviv après des révélations d’espionnage contre leurs dirigeants. L’une des polémiques les plus récentes concerne le logiciel Pegasus et plusieurs États, européens ou autres, ont protesté, en réduisant, pour certains, leur collaboration avec le renseignement israélien. Mais ces protestations n’ont jamais atteint le niveau “critique” tel que fixé par le Pentagone.


- Source : France-Soir

Cela peut vous intéresser

Commentaires

Envoyer votre commentaire avec :



Fermé

Recherche
Vous aimez notre site ?
(230 K)
Derniers Articles
Articles les plus lus
Loading...
Loading...
Loading...
 
 

Contribuer au journalisme de ZeJournal

Faites un don pour nous aider à poursuivre notre mission d’information

Faire un don

( En savoir plus )