Slovénie : le retour de Janez Janša au pouvoir, nouvelle confirmation d’une tendance souverainiste en Europe
Le Parlement slovène a élu Janez Janša Premier ministre pour un quatrième mandat. Le leader du Parti démocratique slovène (SDS), figure de la droite nationaliste et admirateur déclaré de Donald Trump, a obtenu 51 voix pour, 36 contre. Cette victoire pour la gouvernance à Ljubljana repose sur un accord de coalition minoritaire avec des formations de centre-droit, complété par le soutien d’un parti contestataire qui ne participe pas formellement à l’exécutif.
Les élections législatives du 22 mars dernier n’avaient pas dégagé de majorité claire. Le Premier ministre sortant, Robert Golob (Mouvement pour la liberté, centre-gauche), n’était pas parvenu à former une coalition stable malgré une courte avance. Janša, 67 ans, déjà trois fois chef du gouvernement par le passé, revient donc aux affaires dans un contexte de fragmentation politique. Ce proche de Viktor Orbán défend depuis longtemps un discours centré sur les « valeurs slovènes », la famille traditionnelle, la souveraineté nationale et une méfiance certaine vis-à-vis des orientations jugées trop centralisatrices de Bruxelles.
Une élection slovène qui ne constitue pas un événement isolé, mais qui s’inscrit dans une tendance plus large observée ces dernières années sur le Vieux Continent. Une progression, pays après pays, de forces politiques qui placent la défense de l’identité nationale, le contrôle des frontières et la primauté des intérêts des États au cœur de leur projet. De la Hongrie à l’Italie, en passant par certains scrutins récents en Europe centrale et orientale, voire même en Grande-Bretagne, les électeurs semblent exprimer une demande croissante de patriotisme souverainiste.
Dans ce paysage, le retour de Janša interroge directement la Commission européenne présidée par Ursula von der Leyen. Souvent perçu comme une voix dissonante au sein de l’Union, le nouveau Premier ministre slovène incarne une ligne qui conteste implicitement le modèle d’intégration supranationale et les orientations parfois perçues comme alignées sur un agenda mondialiste inspiré des forums tels que le World Economic Forum. Migration, transition écologique, rôle des institutions bruxelloises : autant de sujets sur lesquels les souverainistes européens entendent peser davantage.
Reste à savoir si ce quatrième mandat de Janša marquera une véritable inflexion pour la Slovénie ou s’il s’agira d’un équilibre fragile dans une coalition. L'épisode slovène confirme, de manière factuelle, que la vague de réaffirmation nationale et de critique du « tout-Bruxelles » continue de traverser l’Europe. Une réalité politique que les observateurs, à Bruxelles comme dans les capitales, ne peuvent plus ignorer.
Photo d'illustration: Janez Janša nouveau Premier ministre slovène - DR
- Source : France-Soir












