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Dimanche, 12 Avr. 2026

ZFE : le gouvernement accusé de contourner le Parlement avant le vote du 14 avril

Auteur : Breizh-Info | Editeur : Walt | Dimanche, 12 Avr. 2026 - 15h58

À quelques jours d’un vote décisif à l’Assemblée nationale, le dossier des Zones à faibles émissions (ZFE) revient au cœur du débat. Le 14 avril, les députés doivent examiner les conclusions de la commission mixte paritaire (CMP) sur le projet de loi de simplification de la vie économique.

Or, alors que cette commission avait entériné la suppression des ZFE, le gouvernement entend réintroduire le dispositif par un amendement. Celui-ci propose de laisser aux collectivités locales le soin de décider de leur mise en place.

Une stratégie qui suscite de vives critiques, notamment de la part de la Ligue de Défense des Conducteurs, à l’origine d’une mobilisation croissante contre ces mesures.

Une “délégation” dénoncée comme un contournement

Selon la Ligue de Défense des Conducteurs, cette approche n’est pas nouvelle. Elle rappelle d’autres précédents, comme la limitation à 80 km/h ou encore les radars urbains, où l’État aurait transféré la responsabilité de décisions impopulaires aux territoires.

L’association estime que cette méthode revient à contourner la décision parlementaire prise en CMP, pourtant issue d’un compromis entre députés et sénateurs de sensibilités différentes.

Elle y voit également une dilution des responsabilités, rendant plus difficile pour les citoyens de contester ces mesures une fois mises en œuvre localement.

Une mesure contestée sur le fond

Au-delà de la procédure, c’est le principe même des ZFE qui est remis en cause. Le dispositif repose sur la restriction de circulation des véhicules jugés les plus polluants, identifiés via les vignettes Crit’Air.

Ses opposants dénoncent une mesure jugée injuste socialement. Ils estiment qu’elle pénalise en priorité les ménages modestes, incapables de renouveler rapidement leur véhicule.

Le risque évoqué est celui d’une fracture entre deux catégories de Français : ceux pouvant accéder à des véhicules récents, et ceux contraints de subir des restrictions de circulation, voire des amendes.

Une mobilisation qui monte en puissance

Face à ce qu’elle considère comme une remise en cause de la décision parlementaire, la Ligue de Défense des Conducteurs a lancé une pétition intitulée « Supprimez les ZFE ».

En quelques semaines, celle-ci a recueilli près de 100 000 signatures, selon l’association. Parallèlement, un courrier a été adressé aux députés afin de les appeler à rejeter l’amendement gouvernemental lors du vote du 14 avril.

Cette mobilisation s’inscrit dans une opposition plus large aux ZFE, déjà exprimée à travers diverses consultations, sondages et initiatives citoyennes ces dernières années.

Un vote sous tension

Le scrutin du 14 avril apparaît désormais comme un moment clé. D’un côté, le gouvernement défend une approche qu’il présente comme pragmatique, en laissant une marge de manœuvre aux collectivités locales. De l’autre, ses opposants dénoncent une manœuvre politique visant à maintenir un dispositif pourtant rejeté au Parlement.

Au-delà du cas des ZFE, ce vote pose une question plus large : celle du rapport entre décision nationale et application locale, ainsi que du respect de la volonté parlementaire dans l’élaboration des politiques publiques.

L’issue du vote dira si les députés choisissent de confirmer la suppression des ZFE ou d’ouvrir la voie à leur maintien, sous une forme décentralisée.


- Source : Breizh-Info

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