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Jeudi, 21 Mai 2026

1,5 milliard par an : quand Bruxelles nous fait payer notre propre incompétence

Auteur : Mario | Editeur : Walt | Jeudi, 21 Mai 2026 - 15h16

Chaque année, la France verse discrètement plus de 1,5 milliard d'euros à l'Union européenne au titre de la "taxe plastique". Une pénalité calculée sur le volume d'emballages plastiques non recyclés, à raison de 800 euros la tonne. Et chaque année, ce chèque signé par les contribuables français part alimenter le budget de Bruxelles — sans que grand monde n'en parle vraiment.

Florian Philippot a eu le mérite de mettre les pieds dans le plat : "Folie totale ! Récupérons ces 1,5 milliard d'euros par an." On peut discuter de la méthode, mais le diagnostic, lui, est imparable.


Une sanction déguisée en "ressource propre"

La "contribution plastique" a été instaurée en 2021, officiellement pour financer le plan de relance européen post-Covid. Dans les faits, il s'agit d'un mécanisme de prélèvement obligatoire sur les États membres qui ne recyclent pas assez — avec, pour la France, une facture qui n'a cessé d'augmenter : 1,2 milliard en 2021, 1,3 milliard les années suivantes, et désormais 1,5 milliard pour 2023.

La France recycle aujourd'hui moins de 26 % de ses emballages plastiques, quand la moyenne européenne dépasse 41 % et que l'Espagne, notre voisine directe, franchit déjà le seuil des 50 %. Nous sommes, selon les classements, l'avant-dernier élève de la classe européenne. Seule Malte fait moins bien.

Ce retard industriel et logistique est réel, indéniable, et entièrement de notre fait. Mais la question que posent les souverainistes — et qu'on s'efforce généralement d'esquiver — est la suivante : qui décide de la sanction, selon quels critères, et au profit de qui ?

L'argent des Français part à Bruxelles, pas dans les poubelles françaises

François Asselineau, président de l'UPR et figure du souverainisme français, l'a rappelé à maintes reprises : le problème de l'Union européenne n'est pas seulement politique ou idéologique, il est avant tout financier et démocratique. Les États membres transfèrent chaque année des sommes colossales vers des institutions que leurs citoyens n'élisent pas directement et ne contrôlent pas réellement. La taxe plastique en est un exemple parmi d'autres.

Car voici le paradoxe absurde de la situation : la France n'a pas les moyens d'investir massivement dans ses infrastructures de recyclage — et pour cause, une partie de son argent est ponctionnée par Bruxelles précisément parce qu'elle ne recycle pas assez. Un cercle vicieux qui arrange surtout les technocrates européens, dont le budget se porte, lui, très bien : la contribution plastique représente à elle seule environ 4 % du budget de l'UE, soit 7,2 milliards d'euros en 2023 tous États membres confondus.

La "taxe sur les bouteilles d'eau" : punir le consommateur plutôt que le système

Face à ce gouffre financier, la réponse du gouvernement français a été d'une logique redoutable : puisqu'on doit payer Bruxelles, faisons payer les Français. Le PLF 2026 prévoyait initialement une taxe sur les emballages plastiques, dont une contribution de 10 centimes par bouteille d'eau vendue. Les députés ont certes retiré la mesure du texte transmis au Sénat, mais l'idée demeure dans les cartons.

Le raisonnement officiel se tient en apparence : taxer pour décourager la consommation, améliorer le recyclage, réduire la pénalité. Mais dans les faits, c'est le consommateur final qui paiera, alors que les véritables responsables — les industriels de la plasturgie, les grands distributeurs, et surtout l'absence de politique nationale de recyclage digne de ce nom — s'en tirent à bon compte.

Philippot et les souverainistes ont raison de pointer l'absurdité : plutôt que de créer une nouvelle taxe pour payer l'amende européenne, pourquoi ne pas reprendre la main sur notre politique industrielle et environnementale, sans la contrainte d'un agenda fixé à Bruxelles ?

La souveraineté, condition du vrai écologie

C'est là où le débat prend une dimension plus large. Les partisans du Frexit ne sont pas nécessairement opposés à la transition écologique — certains la défendent même avec ardeur. Ce qu'ils contestent, c'est que cette transition soit pilotée depuis l'extérieur, avec des objectifs fixés par des technocrates non élus, des calendriers irréalistes, et des sanctions financières qui appauvrissent les États sans résoudre les problèmes concrets sur le terrain.

La France dispose de l'eau la plus contrôlée d'Europe au robinet, d'un réseau d'adduction performant, et pourtant elle continue de consommer des dizaines de millions de bouteilles plastiques par jour. C'est un problème culturel, industriel, éducatif — qui ne se résoudra pas par un chèque annuel à Bruxelles, ni par une taxe de plus dans la poche du consommateur.

Récupérer cette souveraineté, c'est se donner le droit de définir soi-même ses objectifs, ses rythmes, ses outils — et d'affecter ces 1,5 milliard d'euros annuels à la construction d'une vraie filière de recyclage française, plutôt qu'au financement du plan de relance d'une union supranationale.

La question n'est pas de savoir si les bouteilles plastiques sont mauvaises pour l'environnement — elles le sont. La question est de savoir qui doit décider comment y remédier, avec quel argent, et selon quels principes démocratiques.


- Source : ZeJournal

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