« Porno éthique » sur France Télévisions : Quand le service public devient entremetteur pour mineurs
C'était une audition comme on les aime : une ancienne animatrice du service public venue expliquer pourquoi recommander des sites pornographiques transgenres à des adolescents relevait, selon elle, de la plus élémentaire prévoyance éducative.
L’éducation sexuelle version 2026
On croyait avoir tout vu. France TV Slash, cette plateforme censée parler aux 15-35 ans sans jamais oublier qu’elle leur est ouverte dès 15 ans justement, a fait fort en juillet 2021. Dans un épisode de « Sexy Soucis », Diane Saint-Réquier, autoproclamée éducatrice en santé sexuelle depuis douze ans, y allait de ses bonnes adresses : des plateformes payantes de « pornographie transsexuelle éthique ». Parce que, voyez-vous, la pornographie classique, c’est mal. Mais celle qui est « féministe et queer », avec consentement affiché et diversité garantie, mérite qu’on en fasse la promotion sur fonds publics.
🔴Ahurissant ! En juillet 2021, sur Slash, plateforme de France Télévisions destinée aux 15-35 ans, donc accessible à des mineurs, Diane Saint-Réquier a fait la promotion explicite de contenus pornographiques transsexuels, allant jusqu’à inciter à s’abonner à des plateformes… pic.twitter.com/x4A2vVbDCj
— Charles Alloncle (@CHAlloncle) February 17, 2026
La dame, qui tient un blog du même nom et a collaboré avec le Planning Familial, ne voit pas où est le problème. Interrogée le 12 février devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, elle a opposé à Charles Alloncle (député UDR, donc forcement un réac) un argument massue : « Les jeunes y ont de toute façon accès. » Alors pourquoi ne pas les orienter vers du « mieux-disant pornographique » ?
La réalité du code pénal, ce détail
Le rapporteur de la commission a eu la mauvaise idée de sortir l’article 227-24 du Code pénal, celui qui interdit de donner aux mineurs des idées qu’ils ne devraient pas avoir via des contenus pornographiques. Mais visiblement, à France Télévisions, on a d’autres lectures. Tiphaine de Raguenel et Paul Joalland, représentants de la maison mère, ont validé la démarche : c’était « éditorialisé », donc éducatif.
On apprend accessoirement que Madame Saint-Réquier, sur ses réseaux personnels, affectionne les acronymes vengeurs et s’interroge sur la surreprésentation blanche dans les médias. Des opinions, sans doute, mais qui posent question quand on est payée par la redevance pour éclairer la jeunesse.
La « pornographie éthique » ou l’art d’habiller le vice
Le concept mérite qu’on s’y attarde. Car madame ne fait que suivre un mouvement : celui qui consiste à croire qu’en mettant des mots comme « consentement », « diversité » et « féminisme » devant « pornographie », on change miraculeusement la nature du produit. Dans un colloque à Strasbourg en 2022, elle expliquait sérieusement comment « abolir le patriarcat » par la pornographie queer. Des collectifs comme Osez le Féminisme applaudissent.
Et maintenant ?
La commission d’enquête, présidée par Quentin Bataillon, pourrait recommander un peu plus de sérieux dans le recrutement des « experts » jeunesse. Mais ne rêvons pas : en attendant, 2,3 millions de mineurs français continuent de visiter des sites pornos chaque mois (+36% en cinq ans). Et France Télévisions, plutôt que d’éteindre l’incendie, propose des solutions alternatives pour choisir son poison.
Entre l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans en discussion et la promotion de la « porno éthique » sur le service public, on se dit qu’il va falloir, un jour, choisir son camp. Celui de la protection des enfants ou celui des grandes idées progressistes qui oublient que les adolescents ne sont pas des petits adultes.
- Source : Le Média en 4-4-2












