www.zejournal.mobi
Mercredi, 23 Juill. 2025

Ce que nous dit la mort d’Éric Denécé

Auteur : Benoit Paré | Editeur : Walt | Mercredi, 23 Juill. 2025 - 11h49

Éric Denécé, un des plus grands esprits français, nous a quitté le 9 juin 2025 dans des circonstances troubles. Je ne crois pas une seconde à la thèse du suicide et j’écris pourquoi, notamment via des révélations explosives. Dès lors, il faut alors avoir le courage d’intégrer ce que cela dit sur l’état de notre pays.

Éric Denécé fut l’une des premières personnes à qui j’envoyai un lien pour acheter mon livre, dès le 2 avril. Il l’acheta le 4. Avec les délais d’impression et d’envoi, au mieux, il n’a pu recevoir le livre que le 11. Le 21, il m’écrivait pour me dire qu’il avait terminé la lecture de l’ouvrage de 750 pages. Il voulait aussi savoir si on pouvait échanger plus longuement par téléphone. Étant alors à l’étranger, je lui ai proposé d’attendre mon retour.

Le lendemain de mon retour en France, je lui écrivis pour lui l’informer que j’étais disponible pour parler au téléphone. Il m’appela au bout de quelques minutes seulement. Nous parlâmes alors pendant à peu près une heure. Il tenait d’abord à me dire pourquoi il avait apprécié le livre. Ensuite, il me proposa de le promouvoir auprès de tous ses contacts, notamment dans les médias alternatifs et autres. C’était pour moi un cadeau inespéré. Toute ma vie, je serai redevable à Éric Denécé pour cela.

Il me proposa aussi des travaux de collaboration avec son think tank, le Centre français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), afin que les parties du livre qu’il jugeait les plus pertinentes puissent atteindre un plus large public. Il avait de mémoire à peu près 50 000 destinataires dans sa liste. Son idée était de créer jusqu’à trois rapports de recherche dans lesquels des parties thématiques du livre seraient publiées. Il n’y avait pas d’argent à gagner, car ces rapports étaient envoyés gratuitement. Mais cela pourrait contribuer aussi à faire connaître le livre en insistant sur quelques points-clefs.

Dès le 4 mai, il m’écrivait ceci :

« Mon idée pour un éventuel rapport de recherche. Je vous confirme que les pages 427 à 503 me paraissent les plus percutantes, car elles couvrent trois aspects essentiels à mon sens

Les tortures contre les journalistes
La visite des bases d’Azov et la découverte de ces radicaux
La bataille pour diffuser les chiffres des bombardements ».

La balle était dans mon camp, mais je voulais d’abord promouvoir le livre.

Sur cet aspect-là, Eric avait rapidement tenu parole et avait adressé un message élogieux sur mon travail à plus de 30 journalistes de ses contacts. Près de la moitié d’entre eux m’ont par la suite contacté. Pour certains, il a fallu quelques relances de la part d’Éric. Il était donc tenace. Quand j’ai commencé d'être invité pour des interviews, il m’a écrit pour s’en féliciter.

Il était aussi très actif dans l’élaboration de plusieurs articles pour la revue Histoire Magazine, et il m’avait envoyé des questions pour une interview écrite à paraître dans le numéro de juillet.

En même temps, j’ai reçu de sa part tout un tas de documents et publications du CF2R, plus que je n’avais le temps d’en lire.

Jusqu'à la veille de sa mort, j’étais devenu un membre de sa liste d’envois. Il envoyait régulièrement des liens vers de nouveaux documents, et pas seulement des publications du CF2R, et il envoyait aussi des travaux critiques sur la Russie, comme quoi il n’était pas un militant prorusse comme on l’a caricaturé, mais avant tout un chercheur de vérité. Sauf qu’il lui était apparu, comme à moi-même, un déséquilibre flagrant dans le traitement de la crise ukrainienne par les médias dominants. La neutralité avait disparu au profit d’un militantisme permanent reprenant sans aucun recul la propagande otano-ukrainienne.

Le déjeuner du 4 juin, cinq jours avant sa mort

Et puis, ayant l’occasion de passer près de la Haute-Savoie où il résidait, je lui avais proposé une rencontre autour d’un déjeuner, initiative qui vit le jour le 4 juin, soit seulement 5 jours avant sa mort, selon les médecins légistes.

Nous nous rencontrâmes dans un restaurant d’Albertville. Comme j’étais en retard, je me faisais un devoir de l’inviter, ce qui était la moindre des choses eu égard à tout ce qu’il avait fait pour mon livre.

D’entrée, malgré mon retard, il était souriant et jovial. Il avait commandé une bière et une pizza, m’avouant qu’il faisait d’habitude très attention à ce qu’il mangeait et qu’il n’avait pas l’habitude de faire des incartades. Mais notre rencontre était un jour spécial, alors il s’autorisait à se laisser un peu aller. Quand nous nous fîmes gentiment virer du restaurant qui fermait, nous allâmes continuer notre conversation à bâtons rompus dans un café voisin.

Je lui en dis un peu plus sur mon parcours de vie. J’en appris un peu plus sur le sien. Alors, nous discutâmes de l’état du monde, et nous nous retrouvions en accord sur presque tous les sujets. Je ne distinguai que deux ou trois nuances entre nous.

Il m’avoua ainsi être pro-israélien, mais qu’il ne pouvait cautionner la répression disproportionnée à Gaza. Il me dit ainsi qu’il avait dit à ses contacts israéliens ce qu’il en pensait. J’enchainais en rappelant qu’Alain Juillet lui-même avait souligné que Netanyahou avait été mis au courant au préalable de l’attaque du 7 octobre et qu’il n’avait rien fait pour s’y préparer… Éric convint qu’il faudrait un jour tirer cela au clair.

Sur la liberté d’expression, il me disait que le fait que des gens comme Dieudonné ou Alain Soral, qu’il voyait comme des antisémites, pouvaient s’exprimer sur les médias alternatifs le dérangeait. Je lui répondis que cela faisait partie pour moi de la liberté d’expression, sans préciser que seule la diffamation, les appels à la haine et à la violence étaient condamnables. Sur cette base, l’idée qu’Éric aurait pu être assassiné par le Mossad n’est pour moi pas crédible. Même s’il avait critiqué les dérives récentes du gouvernement en place – pas moins que Jacques Attali - il restait à la base un ami d’Israël.

J’enchainais la discussion sur la remarquable convergence de tout l’Occident, à quelques rares exceptions près, sur le sujet de l’Ukraine. D’où venait cet unanimisme de nos dirigeants à s’engager dans une voie suicidaire pour l’Europe, de confrontation sans fin avec la Russie ? Quels que soient les leaders et les partis au pouvoir, la ligne reste la même, comme on l’a vu au Royaume-Uni ou en Allemagne. Starmer et Merx suivent les mêmes politiques que Johnson, Sunak ou Scholz, ou Macron. Même en France, tous les partis représentés au Parlement suivent comme un seul homme.

Cet unanimisme pro-guerre, soutenu par une propagande permanente et généralisée de tous les médias dominants à l’échelle de l’Occident tout entier, suppose pour moi une coordination par un pouvoir de l’ombre supranational. Je précisai que l’on avait déjà perçu le même unanimisme autoritaire à l’œuvre pendant la crise du covid. Éric répliqua alors, un peu penaud, qu’il n’avait pas creusé cette affaire du covid.

Sans le lui dire et sans relever, je fus surpris de cette réaction, car, quand on est un homme de bon sens attaché à la vérité, comment peut-on ne pas voir que cette crise du covid était un exercice de propagande à grande échelle aussi inédit que suspect ? J’avais pour ma part très vite repéré les contradictions sur le port du masque ou l’hydroxychloroquine (étude frauduleuse du Lancet), ou encore le refus de considérer les tests sanguins comme pouvant dispenser de la vaccination, moi qui croyais que contracter une maladie était la meilleure vaccination possible. N’était-ce pas ce que l’on nous enseignait depuis des décennies ? Éric faisait-il partie de ces gens intelligents que l’idée même d’un virus tueur tétanisait et obscurcissait leur jugement ? En tant qu’analyste hyper-spécialisé dans le renseignement, se jugeait-il incompétent par principe sur les questions médicales ? Craignait-il de creuser le sujet ? Par la conscience du risque d’ostracisation, ou par peur inconsciente de ce que les recherches un peu poussées sur ce sujet pouvaient révéler sur l’immoralité, voire la perversité des gens qui mènent notre monde ?

Je continuais en disant que cet unanimisme des pays occidentaux sur tous les grands sujets de crise de ces dernières années (Covid, climat, Ukraine, immigration de masse, Agenda LGBT) semblait bien confirmer l’existence d’un pouvoir supranational de l’ombre, ce qu’on pourrait appeler un Etat profond globalisé occidental.

Dès lors, la question était de savoir qui était ce pouvoir de l’ombre. On a des pistes, avec le Club Bilderberg, le Forum économique mondial, Blackrock, Soros, ou encore certains banquiers historiquement puissants. Quand j’énumérais tout cela, je sentais Eric Denécé comme un peu gêné. Il baissait le regard, regardait la table, et n’avait rien à ajouter d’autre que de timides « oui », comme si le sujet l’intimidait.

D’une manière générale, même si j’étais en phase avec 90 % de ce qu’il pouvait dire dans les médias, je le sentais parfois un peu trop classique dans ses analyses, semblant prendre pour argent comptant les déclarations de tel ou tel dirigeant américain, sans avoir l’air de s’interroger sur les possibles manipulations dans la communication même. En homme de renseignement formé à analyser l’existant sans se permettre de trop extrapoler, je pouvais trouver que, justement, il pouvait lui manquer cette dimension supplémentaire dans l’analyse, celle consistant à échafauder des hypothèses au-delà des mots et des faits observables pour expliquer le monde. Mais ce genre d’approcher était peut-être pour lui ce qui pouvait faire sombrer dans le « complotisme ». Il demeure que l’analyse classique conservatrice est incapable d’expliquer ce que font nos dirigeants depuis plusieurs années. L’incompétence ne peut expliquer les aberrations que nous impose la quasi-totalité des dirigeants occidentaux sur tous les sujets ou presque. Leurs motifs ne sont pas ceux qu’ils prétendent être. Ces gens-là ne font manifestement qu’obéir.

A qui et pourquoi ? Voilà encore une fois la vraie question fondamentale de notre temps.

Éric était peut-être trop bon pour pouvoir imaginer le niveau de perversité de ceux qui nous manipulent à des fins qui nous dépassent.

Quand je lui demandai s’il avait subi des pressions, il me dit qu’il avait juste été contrôlé par trois organismes différents : Tracfin et la Direction du Renseignement et de la Sécurité de Défense au sujet d’éventuels financements de l’étranger, et il me semble qu’il cita aussi le Fisc. Eu égard à ses activités et ses prises de position, ces enquêtes ne semblaient pas scandaleuses. Elles ne trouvèrent rien et ne semblaient pas l’avoir dérangé plus que cela.

Ce qui le touchait le plus était le lâchage de certains parrains éminents du CF2R sur pression des cerbères de la bien-pensance officielle. Il me cita ainsi le cas d’un ancien ministre qui lui avait annoncé par email qu’il retirait son soutien au CF2R, un quart d’heure seulement après qu’un article manipulateur d’un journaliste de France-Info avait été publié. L’auteur de ce dernier était allé jusqu’à contacter personnellement tous les parrains du CF2R pour partager son interview tronquée de Denécé, en leur demandant comment ils pouvaient soutenir un tel homme, menaçant implicitement de les dénoncer à leur tour publiquement. D’après Éric, l’ex-ministre n’avait même pas souhaité entendre ses arguments pour se défendre des calomnies. Sa décision était prise, car il ne voulait pas devenir lui aussi un paria médiatique.

À part ces coups bas visant à l’isoler, j’eus l’impression qu’Éric ne se sentait pas menacé.

Quand je lui demandai qui finançait le CF2R, Éric me répondit qu’il c’était lui-même, sur ses deniers personnels, et qu’il avait déjà investi près de 300 000 euros. Je compris alors que, pour lui, le CF2R était le projet de sa vie.

Pourquoi je ne crois pas à la thèse du suicide

Avec le recul, je comprends d’autant mieux qu’Eric Denécé ne voyait dans mon livre non seulement des vérités qu’il fallait partager. Mais c’était aussi pour lui l’occasion d’être réhabilité en tant qu’analyste pour ses prises de positions allant à l’encontre de la masse. Il avait donc doublement intérêt à vouloir promouvoir ce livre.

Je ne connaissais rien de sa vie privée. Je constatais juste qu’il n’avait pas d’alliance. Il disait ne monter sur Paris qu’une fois semaine par an. 

Nous nous sommes quittés, car j’avais un rendez-vous à honorer. Autrement, nous aurions pu discuter pendant des heures en plus. Il me semblait qu’autant lui que moi avions apprécié cette rencontre. D’ailleurs, il me le confirma dans un courriel du 7 juin, dans lequel il écrivit : « J’ai été très heureux que nous puissions nous rencontrer. » Si cela n’était pas vrai, rien ne l’obligeait à me le dire. Et puis, il me confirmait avoir envoyé un autre courriel de soutien à mon livre à tous ses contacts étrangers, sauf qu’aucun ne m’a contacté jusqu’ici. Mais j’ai eu quelques commandes de la version anglaise de mon livre.

Dans ce contexte, même s’il avait des problèmes financiers, voire sentimentaux et qu’il était ostracisé par la bien-pensance, comment expliquerait-on qu’un homme qui aurait consacré sa vie à son think tank, se suicide le 9 juin, au moment même où il promouvait un ouvrage susceptible de lui redonner espoir ? Cela n’a pas de sens.

J’ai aussi contacté sa famille, qui a beaucoup de mal à comprendre la thèse d’un suicide. La sœur d’Éric lui rendait régulièrement visite et c’est elle qui a fait la découverte macabre. 

Une révélation explosive

De plus, d’après un de ses proches collaborateurs, qui tient l’information de source policière via une personne du milieu judiciaire, l’arme retrouvée près d’Éric Denécé ne portait pas d’empreintes… Et ce dernier n’aurait pas porté de gants.

Si cette information est exacte, la thèse du suicide devient impossible. Du reste, la source a lâché que l’enquête s’orienterait malgré tout vers cette thèse et qu’aucune enquête sérieuse ne serait menée, et que l’affaire serait enterrée comme tant d’autres auparavant. On pense à l’affaire Robert Boulin, ce ministre du Travail de Giscard d’Estaing, officiellement « suicidé » noyé dans 50 cm d’eau. Malgré le combat de la famille pour la vérité et la découverte de nouveaux éléments, l’enquête n’a jamais été rouverte. 

Le scepticisme comme mécanisme de défense psychologique

Quand j’ai partagé ces éléments avec un homme d’expérience, respectable et respecté dans le milieu des médias alternatifs, il a tout de suite compris que si ces éléments étaient exacts, cela voulait bien dire qu’Eric Denécé ne pouvait pas s’être suicidé. Quand je lui ai répondu que « cela serait alors bien la preuve qu’il a été assassiné », sa réponse a immédiatement été qu’il ne fallait pas sombrer dans les « théories du complot », l’argument tarte à la crème fait pour arrêter de penser, ajoutant qu’il ne voyait pas qui pouvait en vouloir à Denécé au point de vouloir l’éliminer physiquement. Je lui ai répondu que si lui ne voyait pas les raisons qui auraient pu mener à cet assassinat, le fait que Dénécé ait été tué était bien la preuve que ces raisons, quelles qu’elles soient, existaient pour quelqu’un. La réticence chez certains à tirer des conclusions pourtant évidentes, même si elles sont dérangeantes, est quelque chose d’assez sidérant. Je me suis aperçu récemment que cette réticence existe même chez des gens qu’on pouvait prendre pour des résistants. Une autre personne m’a prévenue qu’il ne fallait pas sombrer dans la paranoïa, arguant qu’il y avait bien d’autres moyens de faire pression sur les résistants. Mais un leader d’opinion est mort assassiné. Seuls ceux qui ont envie, voire besoin de croire que le monde n’est pas aussi sombre, s’accrocheront au doute autour de sa mort. Ce monde ne pourra être sauvé que par ceux qui pourront regarder la réalité en face.

Concernant la personne citée plus haut, ce n’était pas la première fois que je constatais chez elle cette réticence à aller au-delà d’un certain point dans sa compréhension des dossiers délicats du monde. Sur de nombreux dossiers, il y a comme une volonté de ne pas savoir, pour se protéger soi-même des conséquences logiques de ses recherches. On appelle cela l’ignorance volontaire. Certains l’ont très tôt dans leurs démarches de compréhension du monde. D’autres l’ont à mi-chemin. Il semble qu’il y a chez eux comme une incapacité à imaginer jusqu’où peut aller le mal. De mon expérience, les gens qui ont une culture du renseignement ont le sens de la rigueur intellectuelle. Et c’est très bien. Mais il semble leur manquer un brin d’imagination, pour pouvoir échafauder les hypothèses les plus plausibles derrière les événements. Mais, on peut aussi supposer que dans un contexte sensible, cela soit de la simple prudence oratoire qui masquerait des convictions plus établies.

Quid de la piste ukrainienne ?

On pouvait bien sûr penser à la piste ukrainienne pour expliquer cet assassinat d’Eric Denécé. Le site ukrainien Mirotvorets qui recense de manière obsessionnelle tous ceux qui sont étiquetés comme des ennemis de l’Ukraine, comprend plus de 100 000 noms, et Eric Denécé en faisait, parait-il, partie. Les services ukrainiens ont démontré qu’ils sont capables de frapper au cœur de la Russie, mais aussi plus récemment en Espagne, avec l’assassinat par balle en pleine rue, devant l’école où il venait chercher ses enfants, de l’opposant ukrainien Andriy Portnov, le 21 mai 2025.

Les tueurs se seraient-ils déplacés alors vers la Haute-Savoie ? Mais jusqu’ici et jusqu’à preuve du contraire, les services ukrainiens ne se sont attaqués qu’à des citoyens russes ou ukrainiens. Et ils ne cherchent pas à maquiller les exécutions en suicide. De plus, les circonstances de la mort de Denécé laissent penser qu’il y a eu une surveillance préalable pour identifier l’endroit, le moment, et la méthode pour frapper. Connaître la France et la langue française semblerait être un prérequis. Dans l’hypothèse où des étrangers auraient fait le coup, comment expliquer l’empressement apparent des enquêteurs français à classer l’affaire en suicide ? Cela alors supposerait que ces derniers seraient complices. Donc, sur la base de ce que l’on sait, aucun scénario n’est rassurant.

Quel serait un mobile de la part du « système » pour s’en prendre à Denécé ? Quand on regarde bien, en France, le directeur du CF2R occupait une position centrale dans ce que qu’on peut appeler la résistance contre la pensée unique imposée. Il était très connecté, actif, et surtout crédible. Il était le grand spécialiste géopolitique invité sur tous les médias alternatifs. Cela faisait de lui une cible privilégiée pour ceux qui chercheraient à nous affaiblir collectivement et à nous faire taire. L'éliminer de cette façon brutale, sans avertissement, envoie un message glaçant à nous tous.

Cascades de menaces, et mort tout aussi suspecte d’Olivier Marleix

D’ailleurs, les suites de l’affaire Denécé ne s’arrêtent pas là. Un autre de ses collaborateurs a reçu un message, émanant d’un élu proche du pouvoir et l’avertissant que, s’il n’arrêtait pas d’écrire, il pourrait devenir « le prochain sur la liste ».

Et plus récemment, le 7 juillet, c’est le député Olivier Marleix qui était retrouvé pendu, là encore un «suicidé » qui ne laisse aucune note, et dont l’entourage est des plus sceptiques sur la thèse officielle. Et là encore, il s’agit d’un homme qui avait sérieusement attaqué Emmanuel Macron, l’accusant d’être au centre d’un « pacte de corruption » dans la vente d’Alsthom Energie au groupe américain General Electric, et un homme qui de plus s’apprêtait à faire de nouvelles révélations via un livre devant sortir en novembre. Certains n’ont pas manqué de relever qu’Eric Denécé avait largement soutenu le travail d’enquête de Marleix dans cette affaire d’Etat qu’est le dossier Alsthom.

Et le député Jean-Phillipe Tanguy avait déjà fait l’objet de menaces de mort, en lien avec la même affaire Alsthom.

Enfin, on peut aussi citer les avertissements sur sa vie de la part de 3 militaires, que Clémence Houdiakova, l’animatrice de la matinale de Tocsin, dit avoir subi.

Des assassins à la solde du pouvoir ?

Dès le jour de l’annonce de la mort d’Eric Denécé, j’ai songé à cet article aperçu quelques semaines plus tôt sur le site profession-gendarme, sur un « escadron d’assassinat de Macron », arguant que ce dernier commanderait « une armée secrète d’assassins professionnels pour éliminer les critiques et l’opposition », une organisation appelée « Lily ». L’article a d’abord été publié en anglais par un chercheur brésilien sur un site indépendant américain, VTForeignPolicy.com

Dès le lendemain, je lisais l’article en détail. Si la thèse avait d’un seul coup l’air très crédible, le fait qu’elle soit avancée par une « Fondation pour la Lutte contre l’Injustice », qui serait une officine russe, ne plaidait pas forcément en sa faveur. Aucune source n’était citée concernant les accusations les plus graves. Et, comment une ONG russe aurait-elle pu accéder à des informations aussi sensibles, basées soi-disant sur des témoignages anonymes ? De plus, l’organigramme supposé de cette organisation criminelle supposée comprenait trop de noms de gens connus, trop connus, comme si cela était le travail de l’imagination de quelqu’un ayant fait des recherches en ligne pour construire un casting qui paraisse un peu crédible. Encore une fois, comment une ONG russe aurait-elle pu avoir ces informations ? Par ailleurs, l’article balayait très large dans l’historique des morts suspectes de la 5ème république, remontant dans le temps jusqu’à Robert Boulin ou Jean-Edern Allier, qui de toute évidence n’avaient rien à voir avec Emmanuel Macron.

Mais, même si cet article a été fabriqué un peu maladroitement, l’hypothèse de loin la plus crédible pour expliquer la série de morts suspectes à laquelle nous faisons face semble bien être l’existence d’une telle officine. On peut aussi rappeler ces trois « suicides » en 2025 à la DGSI, dont certains sur les locaux mêmes de l’agence gouvernementale. A-t-on voulu éliminer des hommes qui en savaient trop et qui auraient voulu s’opposer aux projets d’assassinats politiques qui allaient déferler ? On peut citer aussi la mort brutale du général Delavarde, décédé le 11 mai 2025 à 76 ans, officiellement d’une crise cardiaque, comme avant lui l’eurodéputée Michèle Rivasi, décédée à 70 ans le 29 novembre 2023. Simple coïncidence sans doute, les deux sexagénaires étaient très actifs dans leurs luttes politiques, l’un contre la Macronie et le système, l’autre contre la Commission européenne et le « système ». Certes, à cet âge-là, il n’est pas rare de décéder de crise cardiaque. Mais certains affirment, tel l’avocat Arnaud Develay, cité dans le fameux article sur Lily, que les services secrets ont les moyens de provoquer des crises cardiaques à distance sans laisser de traces. On pourra aussi se référer au projet d’assassinat de Bruno Gaccio, largement documenté, dont les auteurs, d’anciens barbouzes, ont été jugés et condamnés. On y voit comment les tueurs professionnels peuvent s’arranger pour assassiner des gens en créant des scénarios qui peuvent brouiller les pistes, la méthode choisie étant adaptée aux personnalités à éliminer.

À la réflexion, face à l’avalanche des cas auxquels nous faisons face, une hypothèse qui pourrait expliquer la richesse de l’article sur « Lily » serait qu’il aurait pu être alimenté par les services russes, dont on peut imaginer qu’ils auraient les moyens d’intercepter les communications de gens haut-placés, comme les Américains. En faisant passer les informations via une ONG, relayée ensuite par des réseaux alternatifs, on pourrait penser qu’ils auraient voulu agir discrètement pour avertir les résistants français des risques pesant sur eux. Mais, cela n’est qu’une hypothèse.

Et maintenant ?

Quoi qu’il en soit, quand je fais des recherches dans ma boite de courriels et que je tombe sur le nom d’Éric Denécé, je ressens un pincement au cœur, une douleur indélébile. Non seulement en raison de la perte d’un grand homme, mais aussi à cause de ce que son assassinat nous dit sur l’état de notre pays. Cette pauvre France semble bien être devenue un état mafieux, où les dissidents sont abattus comme des chiens, et où aucune enquête sérieuse n’est faite. Les médias, la justice et la classe politique mainstream semblent sous contrôle, à de trop rares exceptions près. Et les couches les plus éduquées de la population ne s’en rendent même pas compte, où s’en accommodent. Je le vois dans ma propre famille. Nous sommes collectivement plongés dans ce cauchemar.

Nos ennemis veulent nous faire taire parce que nous dérangeons un système en pleine dérive autoritaire. Mais, un système qui en arrive à ces extrêmes démontre en fait sa fragilité. Aucun système dictatorial ne survit au passage du temps. Tôt ou tard, telle l’Union soviétique, il finit toujours par succomber, s’écroulant sous le poids de ses contradictions et de ses échecs.

Mis à part ceux qui préfèrent faire l’autruche, nous savons maintenant ce dont sont capables les maitres de ce que Xavier Moreau nomme l’Empire du mensonge. Les Eric Denécé et Olivier Marleix sont les Jean Moulin de notre temps. Ils étaient de vrais patriotes, des résistants contre le déclin intellectuel et moral de notre pays, je dirais même de notre civilisation occidentale dans son ensemble. Je rêve d’un jour où l’on pourra nommer des rues et des écoles en leur nom. Cela serait le signe tangible du retour du bon sens et l’intégrité. En ces temps apocalyptiques, nous avons tous un rôle à jouer, en faisant face à l’adversité du mieux possible, en nous protégeant autant que possible, mais aussi en ne cessant jamais de maintenir la flamme du bon sens, de la recherche de la vérité, et de sa dissémination.

Le meilleur hommage que l’on peut rendre à nos martyrs de la vérité, c’est d’être fidèles au comportement exemplaire qu’ils ont montré, et de tâcher de nous montrer digne d’eux. Voilà l’héritage d’Eric Denécé, et d’Olivier Marleix.

J'ai la conviction intime que, d’une manière ou d’une autre, le Bien triomphera du Mal.


- Source : France-Soir

Cela peut vous intéresser

Commentaires

Envoyer votre commentaire avec :



Fermé

Recherche
Vous aimez notre site ?
(230 K)
Derniers Articles
Articles les plus lus
Loading...
Loading...
Loading...
 
 

Contribuer au journalisme de ZeJournal

Faites un don pour nous aider à poursuivre notre mission d’information

Faire un don

( En savoir plus )