La police parisienne sévit contre les opposants à l’euthanasie humaine
Alors que les législateurs s’apprêtent à voter sur l’introduction de l’euthanasie et du suicide assisté en France, des manifestants se sont rassemblés dans la soirée du mardi 24 février devant l’Assemblée nationale pour protester pacifiquement contre ce qu’ils considèrent comme un bouleversement anthropologique majeur pour la société. Ils ont été soumis à une répression policière disproportionnée, avec près de 40 arrestations.
L’appel à un rassemblement spontané a été lancé par Les Veilleurs, un mouvement pacifiste né lors de la mobilisation contre le mariage gay en 2013. À l’époque, il s’était distingué par ses manifestations pacifiques : peu nombreux, sans slogans violents, sans marches militantes, mais simplement des rassemblements à la lueur des bougies pour lire des textes empruntés à la philosophie, à la religion ou à la littérature célébrant la vie. Aujourd’hui, Les Veilleurs s’opposent pacifiquement à la légalisation de l’euthanasie. « Ils ont un mode d’action très original : ils s’installent dans un lieu, lisent des textes, chantent et essaient de parler aux passants », explique Jean Bexon, journaliste au Boulevard Voltaire, qui était présent sur place.
Un premier rassemblement avait eu lieu le lundi 23 février, tout près, place de la Concorde, sans provoquer de réactions majeures. Le rassemblement du 24 février, prévu à 20 heures, a toutefois été considéré comme une manifestation non autorisée dans un lieu public et encerclé par les forces de l’ordre, même s’il ne bloquait pas la circulation. Un manifestant a qualifié les mesures de sécurité de « ridicules », le nombre de policiers étant supérieur à celui des manifestants. Signe de cette disproportion, la BRAV-M (brigade motorisée d’action violente) a été dépêchée sur place. Il s’agit d’une unité d’urgence créée en 2019 pour répondre à la violence dans le contexte du mouvement des gilets jaunes. Depuis sa création, cette unité a été largement critiquée en France et à l’étranger pour ses excès et son recours à la violence. La BRAV-M a saisi une banderole portant une citation du poète catholique Charles Péguy.
Sur la cinquantaine de participants, 37 ont été arrêtés et placés en garde à vue dans quatre commissariats parisiens, le tout en un temps record – une rapidité d’action qui était loin d’être évidente dans le cas des meurtriers du jeune Quentin à Lyon il y a quelques jours.
La garde à vue, qui devait durer 24 heures, a finalement été levée après quelques heures pour 35 d’entre eux, grâce à l’intervention de deux députés. Ils seront à nouveau convoqués à une date ultérieure. Selon le témoignage de l’un des arrêtés, publié sur le blog catholique Le Salon beige, les policiers se sont montrés très prévenants envers les manifestants, obéissant à des ordres qu’ils n’approuvaient manifestement pas. Deux d’entre eux sont toujours en garde à vue et doivent être présentés au procureur.
Traduction par Aube Digitale
- Source : The European Conservative












