L'industrie chimique et ses lobbyistes à l'assaut de Bruxelles
Plus de deux cents rencontres ont eu lieu ces derniers mois à Bruxelles entre les commissaires européens et les représentants de l’industrie chimique. Selon une enquête publiée en 2026 par l’ONG Corporate Europe Observatory, ces échanges ont permis aux industriels menés par Cefic d’influencer la révision du règlement Reach afin d’alléger les contraintes pesant sur des substances dangereuses.
Certains rendez vous valent plus que des votes... D’après l’enquête de Corporate Europe Observatory relayée par Mediapart, les représentants du secteur de la chimie ont obtenu plus de deux cents entretiens avec les commissaires européens pour peser sur la révision du cadre réglementaire des substances toxiques. Parmi les cibles privilégiées figure Stéphane Séjourné, aujourd’hui vice président de la Commission chargé de l’industrie, dont l’équipe a rencontré à elle seule des dizaines de lobbyistes.
Cette stratégie d’influence a produit des résultats tangibles. Le projet Omnibus VI introduit plusieurs mesures réclamées de longue date par les industriels. Il prévoit notamment d’allonger fortement le délai pendant lequel certains produits contenant des substances cancérogènes peuvent rester sur le marché et d’ouvrir des exemptions supplémentaires. Les règles d’étiquetage pourraient également être assouplies.
Les ONG dénoncent un déséquilibre structurel. Selon Corporate Europe Observatory, la société civile et les organisations sanitaires disposent d’un accès bien plus limité aux décideurs européens. Cette asymétrie nourrit le débat sur la transparence du processus décisionnel et sur la capacité des institutions à résister aux pressions économiques. La bataille autour du règlement Reach ((Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals) n'est pas près de s'arrêter.
- Source : France-Soir












