L’Assemblée nationale adopte en première lecture l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans
Le texte, porté par la députée macroniste Laure Miller et soutenu par le président du groupe Renaissance Gabriel Attal, prévoit également l’interdiction de l’usage des téléphones portables dans les lycées.
L’Assemblée nationale française a adopté lundi en première lecture une proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, sur fond de préoccupations croissantes concernant la santé mentale et le bien-être des adolescents. Le texte, porté par la députée macroniste Laure Miller et soutenu par le président du groupe Renaissance Gabriel Attal, prévoit également l’interdiction de l’usage des téléphones portables dans les lycées.
Selon les députés, les réseaux sociaux, et en particulier TikTok, peuvent avoir un effet délétère sur la santé psychologique des jeunes, favorisant l’anxiété, la dépression ou encore le harcèlement en ligne. «Le but est de protéger la santé mentale de nos jeunes car l’on se rend compte que les réseaux sociaux façonnent de plus en plus leur esprit», explique Laure Miller.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte international où plusieurs pays cherchent à réguler l’usage des réseaux sociaux chez les mineurs. En Europe, la question de l’âge minimal pour accéder aux plateformes numériques fait l’objet de discussions au sein de l’Union européenne, tandis qu’en Australie, certaines restrictions similaires sont déjà en vigueur.
Les experts appellent néanmoins à rester vigilants sur la mise en œuvre pratique du texte, notamment pour la vérification de l’âge des utilisateurs et la protection des données personnelles. Plusieurs associations de parents ont salué le projet de loi, tandis que certains groupes d’opposition s’interrogent sur son efficacité réelle et ses limites en matière de liberté d’accès à l’information.
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Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : une rustine cosmétique sur une faillite éducative
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En pleine nuit du 26 au 27 janvier 2026, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture, par 116 voix contre 23, la proposition de loi interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Soutenue par Emmanuel Macron et son gouvernement, cette mesure est présentée comme une "étape majeure" pour protéger la santé des adolescents, avec une procédure accélérée visant une mise en œuvre dès septembre 2026 pour les nouveaux comptes et une vérification d'âge généralisée d'ici janvier 2027.
La France se rêve pionnière en Europe, deuxième pays au monde à imposer une telle restriction, après l'Australie, qui a mis en place une loi bannissant l'accès aux plateformes comme TikTok, Instagram, Facebook et X pour les moins de 16 ans, effective depuis le 10 décembre 2025. Mais derrière ce vernis protecteur, cette interdiction est-elle réaliste ou purement cosmétique ? À l'évidence, elle masque une défaillance profonde de l'État, préférant réguler plutôt qu'éduquer, et risque d'accélérer une surveillance numérique intrusive au nom du « bien des enfants » conférant à l’état un rôle qui est censé incomber aux parents.
Sociologiquement, les conséquences sur les jeunes pourraient être doubles et paradoxales. D'un côté, les études soulignent l'impact délétère des réseaux : un ado sur deux passe 2 à 5 heures par jour sur son smartphone, exposé à l'addiction, au harcèlement cybernétique, à la désinformation et à une dégradation de la santé mentale – les filles étant particulièrement vulnérables. Une interdiction pourrait théoriquement limiter ces expositions, favorisant des interactions sociales plus « analogues » : jeux en extérieur, lectures ou discussions familiales, renforçant ainsi la cohésion sociale et la résilience émotionnelle. Mais socialement, elle risque d'exacerber les inégalités. Les jeunes des milieux favorisés contourneront facilement la mesure via un VPN, des comptes partagés ou les complicités parentales, tandis que les plus vulnérables – souvent issus de familles débordées ou peu éduquées au numérique – se tourneront vers des espaces non régulés, comme le Dark Web, amplifiant les dangers plutôt que de les atténuer. Pire, cela pourrait accentuer la fracture générationnelle : les ados se sentiraient infantilisés, renforçant un sentiment d'aliénation vis-à-vis d'un État perçu comme intrusif, au détriment d'une socialisation autonome.

Que signifie réellement cette interdiction ? Elle impose aux plateformes une vérification d'âge stricte, interdisant l'accès aux services comme TikTok, Instagram ou X aux moins de 15 ans sans autorisation parentale. C'est un écho moderne au carré blanc des années 1960-1970 à la télévision française, où les programmes jugés inappropriés pour les mineurs étaient signalés, et les parents envoyaient les enfants se coucher. À l'époque, cela visait à protéger l'innocence face à la violence ou la sexualité ; aujourd'hui, c'est contre l'algorithme addictif et le cyberharcèlement. Mais la comparaison s'arrête là : le carré blanc était une régulation passive, reposant sur la vigilance familiale dans un monde analogique. Ici, l'interdiction active nécessite une infrastructure numérique massive – potentiellement via une identité numérique vérifiée –, transformant l'État en gardien omniprésent, bien loin de la simple consigne parentale d'antan.
Ce phénomène n'est pas unique à la France, mais il y prend une teinte particulièrement autoritaire. Aux États-Unis, des États comme la Floride ou l'Utah ont tenté des interdictions similaires, mais se retrouvent souvent bloquées par les tribunaux pour violation de la liberté d'expression. En Australie, la loi récente qui vise les moins de 16 ans est mise en place, mais avec elle a vu des contestations sérieuses sur son applicabilité. En Chine, les mineurs sont limités à 40 minutes par jour sur les apps, sous un régime de surveillance étatique draconien. En France, pays des Lumières, cette mesure s'inscrit dans une montée d'un autoritarisme d'État : après les lois sur la sécurité globale ou la régulation des fake news (sans que l’on sache réellement qui contrôle les fake news du gouvernement), elle érode les principes de liberté, d'égalité et de fraternité, en confiant à l'État le rôle de tuteur suprême. L'autonomie individuelle, pilier de la République, est reléguée à un passé lointain, au profit d'une régulation qui infantilise plutôt que d'émanciper.

N'est-ce pas la démonstration éclatante d'une faillite retentissante du système éducatif ? Plutôt que d'inviter à la responsabilité, on pousse à réguler. J'ai grandi avec la dictée et l'auto-dictée : apprendre un texte par cœur, le réécrire sans faute, sans tricher malgré la tentation de l'original sous les yeux. C'était une fierté d'accomplir seul, sans béquilles, forgeant une éthique de l'effort et de l'intégrité. En 2026, interdire les réseaux sociaux aux jeunes n'est pas une victoire, mais un aveu d'échec : notre système ne sait plus inciter à la performance, à la formation critique. Il prime l'image, la prétention du savoir instantané via les « scrolls » infinis, au détriment de la profondeur. Une telle mesure ne résoudra rien ; elle accélérera vers l'identité numérique, vendue comme panacée mais qui confère aux censeurs un pouvoir accru sur nos droits et nos vies. L'homo numericus est-il le modèle d'une personne autonome ? D'un monde éduquant ses enfants pour l'indépendance, loin de la dépendance étatique ? Et quid d'une panne systémique, comme la récente crise énergétique en Espagne ? Nous deviendrions otages d'une complexité fragile, plutôt que formés à l'autonomie. SOS Bonheur l'avait prophétisé : la désocialisation s'accélérera avec cette identité qui peut « débrancher » quiconque en un clic. Tic, vous êtes un être numérique vivant ; Tok, vous êtes mort... Pas étonnant que l'on débatte en parallèle de la fin de vie.

S.O.S. Bonheur : la dystopie de Van Hamme et Griffo, prophétie d’une dictature cachée
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont vives et polarisées. Les soutiens, comme Valérie Hayer (Renaissance), arguent que cela aide les parents face aux « pratiques déviantes » des plateformes, et que les jeunes n'ont « rien à faire » sur ces espaces dangereux. Le groupe UDR applaudit, voyant là une restauration des limites protectrices face à la « délégitimation de l'autorité ».
Mais les critiques dominent : pour Julian Wazemmes, « cela menace l'anonymat sur internet » ; Romain dénonce un État incompétent qui vote ça au lieu de protéger, soigner ou éduquer. D'autres y voient un « foutage de gueule » cosmétique qui ne protège pas des vraies violences et pousse vers le Dark Web. Mthistoria qualifie le texte de « pure communication » inefficace, contourné par un VPN. Quant à Alexis Poulin, il soulève l'hypocrisie gouvernementale alignée sur une vision d'un État autoritaire qui régule pour mieux contrôler avec la mise en place de l’identité numérique.
Il est faux de parler "d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans", en réalité, c'est une loi "d'obligation d'identification numérique pour tous".
— Alexis Poulin (@Poulin2012) January 27, 2026
La santé mentale des enfants est un faux prétexte.
Le but : l’obligation de l’EUDI wallet, l’identité numérique pour… pic.twitter.com/idvMKs5xQ7
Philosophiquement, cette interdiction interroge l'autonomie et la simplicité. Comme l'explique l'édito De l’importance de la simplicité, la complexité n'est pas un progrès, mais un outil de domination : « Nous avons complexifié le monde non pour le rendre meilleur, mais pour tenter d’en prendre un contrôle illusoire. » Avec quelques 400 000 normes et lois, ce n'est plus une vie simple pour nous protéger, mais une existence complexe pour nous contrôler. Keep It Simple (KIS) : la simplicité, comme chez Aristote ou da Vinci, est la « suprême sophistication » qui libère de la « tyrannie normalisatrice ». Elle restaure l'autonomie en éduquant à l'émerveillement enfantin, loin des chaînes algorithmiques.
Interdire sans former, c'est renoncer à émanciper ; c'est choisir le contrôle sur la liberté. Retrouvons la simplicité pour que nos enfants soient autonomes, pas des marionnettes ou puppets numériques.
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Un ado dégomme la propagande de la macronie sur l’interdiction des réseaux sociaux aux – de 15 ans
La macronie a déployé son arsenal médiatique pour terrifier la population sur les dangers des réseaux sociaux. Cette opération de communication vise à faire accepter, sous le fallacieux prétexte de sauvegarde, un système de surveillance de masse.
Alors que les premiers concernés dénoncent une mesure facilement contournable et privilégient une éducation au temps d’écran, le pouvoir passe à l’offensive législative. Derrière la volonté affichée de filtrer l’accès des mineurs se profile en réalité l’instauration insidieuse du portefeuille digital européen, une machine à compiler les données personnelles.
Ce dispositif, comparable aux bases d’un crédit social à la chinoise, pose les jalons d’une société de la notation et du contrôle, où les libertés pourraient être modulées selon l’obéissance du citoyen, sur le modèle honni du pass vaccinal. La motion de rejet rejetée, c’est bien cette loi liberticide qui s’apprête à être examinée, et probablement adoptée, par une majorité docile.
- Source : Agence Anadolu (Turquie)















