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Vendredi, 12 Juill. 2024

Le Front populaire 2024 déjà déchiré entre Mélenchon et Glucksmann

Auteur : E&R | Editeur : Walt | Vendredi, 14 Juin 2024 - 16h34

Glucksmann à gauche ferait-il le même boulot que Zemmour à droite, c’est-à-dire fracturer leur camp respectif ?

À peine Marion venait-elle de trahir Zemmour pour tata, laissant Riton exsangue mais toujours déterminé à faire gagner le camp national (ce qu’il a écrit), que Glucksmann, qui s’était auto-éjecté de la NUPES version 2.0 en refusant toute alliance avec le parti du Hamas de ben Mélenchon (ou en mettant la barre trop haut avec le 7 Octobre et le soutien total à l’Ukraine), jouait tapis en menaçant de lancer, pour le PS, des candidatures dans 577 circos !

Au siège de campagne de Raphaël Glucksmann, transformé en cellule de crise PS, les négociateurs socialistes n’en croient pas leurs yeux : comment les insoumis ont-ils pu à ce point saccager la ventilation des circonscriptions qui leur a été envoyée dans la nuit de mercredi à jeudi? ? Les circonscriptions gagnables ont été retirées aux candidats PS au profit de candidats LFI ou écologistes. Jamais un conseil national peuplé de barons socialistes ne pourrait acter un accord électoral aussi défavorable au parti d’Olivier Faure.

C’est une info de L’Opinion, mais tout peut changer en 5 minutes. Ce que les socialos reprochent aux LFI, c’est tout simplement d’avoir fait moins de voix qu’eux le 9 juin, et d’avoir réclamé plus de circos (230 contre 170) dans la négo en cours. Mais pour cela, il faut croire aux résultats du 9 juin...

« Sondage pour les élections européennes un peu suspect. Est-il crédible que Glucksmann (14,5 % !) fasse en 2024 deux fois plus de voix que LFI, alors que Mélenchon a recueilli dix fois plus de voix que Hidalgo en 2022 au premier tour de la présidentielle ? » (Hervé Hannoun)

Hier encore (comme dans la chanson d’Aznavour), le Front populaire rêvait d’un 28 % au premier tour du 30 juin, juste derrière un RN à 31 %, soit une possibilité de victoire, surtout avec les désistements, qui sont plus compliqués à droite. Mais le jeu des ego et la stratégie séparatiste planent sur l’union.
Un premier tour, en même temps, c’est fait pour compter ses forces et les dealer au second tour, et tant pis si l’ennemi fait un carton devant cette désunion.

Finalement, le front populaire semble être plus à droite qu’à gauche aujourd’hui. On dirait une espèce de révolution nationale, comme celle de 1940, quand la Chambre, majoritairement de gauche, donna les pleins pouvoirs à Pétain. Mais on n’en est pas encore là, et Bardella n’est pas Pétain, malgré tous les amalgames terrorisants des agents médiatico-politiques du Système. De cette terreur, les Français semblent désormais immunisés.

Le cavalier seul du PS de Faure & Glux serait un coup dur pour tous les rêveurs (ou ravers). Déjà éclatée en deux camps, sociaux antisionistes contre libéraux sionistes, la gauche se donnerait peu de chances de gagner. Pourtant, c’est le mot d’ordre. Gagner, vaincre le fascisme, tuer la Bête immonde, toutes ces salades flétries.

Le partage des circos est donc essentiel pour les forces de gauche : le groupe qui en raflera le plus proposera son Premier ministre...

Dans cet effondrement sans fin, sans même parler de l’idéologie gauchiste, on se bouscule pour devenir numéro 2 du régime macronien, ce qui serait raccord, puisque tous les leaders de la gauche ont appelé à voter Macron en 2017 et 2022, directement ou indirectement.

Brutus Ruffin, qui est l’initiateur de ce fragile Front populaire sans peuple, se présente déjà en tenue de Premier ministre devant Matignon, au moment où son propre chef, César Mélenchon, se propose lui aussi de se sacrifier à ce poste pour sauver la République ! Et après Brutus & César, au tour de Roussel de se voir calife à la place de la califette !

César, qui doit se battre contre la Bête immonde, a toujours deux ennemis en interne : Brutus et Clémentine, pour qui il est trop « clivant ». Après le 7 juillet, ça sent la nuit des longs couteaux, chez LFI...

Punaise, la gauche unie a déjà tenu trois jours. Un miracle.
Le peuple français n’est pas sorti de l’auberge.

***

Liste Noire Cohen satisfait : LFI a fait techouva sur l’antisémitisme

Le petit théâtre de la télé franco-israélienne nous a proposé, le 13 juin 2024 sur France 5, dans l’inénarrable émission de propagande C à vous, conduite par le commissaire politruk Patrick Liste Noire Cohen, flanqué de la shabbat girl Anne-Élisabeth Lemoine, un numéro historique.

La séquence dure seulement 1 minute 27, mais résume la télévision « française » à la perfection. Ceux qui ne la regardent jamais, pour ne pas se faire empoisonner ou exploser de colère, doivent surmonter leur appréhension et regarder ce morceau d’anthologie.

Olivier Pérou est grand reporter au service politique de L’Express, en charge de la gauche. On ne rit pas, s’il vous plaît.

Liste Noire : Est-ce que toutes les questions sont réglées, ou est-ce que certaines importantes sont en suspens pour la dynamique de ce nouveau Front populaire ?

Olivier Pérou : Alors, au niveau du programme, le plus gros a été réglé quand même, notamment sur la question de l’Ukraine, c’est-à-dire que tout ce qui a été réclamé par Raphaël Glucksmann a été accepté, notamment sur les frontières et sur le soutien à la résistance ukrainienne.
Sur la question du conflit israélo-palestinien aussi, il a fallu faire dire à La France insoumise que en effet, contrairement à leur communiqué du 7 octobre, le Hamas était bien une organisation terroriste et le 7 Octobre était bien un acte terroriste, donc ça, ils ont signé ces mots aussi.
Et il restait un point, et loin d’être les plus, des plus, les moins importants.

Liste Noire : L’éléphant dans la pièce.

Olivier Pérou : L’éléphant dans la pièce, l’antisémitisme. J’ai appris une anecdote assez incroyable cet après-midi qui était quand même que dans les discussions programmatiques il y avait une demande de faire une formation de lutte contre l’antisémitisme, et au début, LFI était pas trop d’accord pour signer cette chose-là. Pourquoi ? Parce que c’est un acte de contrition et ça aurait voulu dire que justement ils avaient fauté ! Ben, ils ont réussi à trouver visiblement un terrain d’entente sur ce point.

Anne-Élisabeth Lemoine : Oui, on rappelle que Jean-Luc Mélenchon disait qu’il y avait un antisémitisme résiduel.

Olivier Pérou : Et alors sur ce point en particulier, sur l’antisémitisme résiduel, dans l’accord programmatique ils ont signalé qu’il y avait une explosion de l’antisémitisme.

À propos, elles ont surtout lieu à Gaza, les vraies explosions, et sont le fait d’une armée israélienne génocidaire. Ces explosions ont déjà fait des dizaines de milliers de morts chez les civils.

Quant à l’explosion de l’antisémitisme en France, on la cherche encore, ailleurs que dans les chiffres officiels, fournis par les associations communautaires concernées, qui sont donc juge et partie.

Vous pouvez maintenant éteindre votre poste.

Mathilde tient bon


- Source : E&R

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