Le cuivre est-il le nouvel or?
Les cours du cuivre battent record sur record. Le métal manque cruellement, tandis que la demande explose. Le boom de l'intelligence artificielle enflamme les prix. Le cuivre deviendra-t-il "le nouvel or" et faut-il se précipiter pour en acheter?
En raison de la forte demande et de l'envolée des prix, le cuivre est désormais qualifié de "nouvel or". "Le cuivre, c'est le nouvel or", a écrit sur X Kirill Dmitriev, représentant spécial du président russe pour la coopération économique et d'investissement avec les pays étrangers et directeur du Fonds russe d'investissements directs.
Le 22 septembre, le cours du cuivre sur le Comex a atteint un sommet historique, franchissant la barre des 6,903 dollars la livre, soit environ 1,28 million de roubles la tonne. Sur le London Metal Exchange, il s'élevait à environ 14.655 dollars au 23 septembre.
Il ne s'agit pas d'une hausse ponctuelle, mais bien d'une tendance de fond. Le cuivre s'apprécie depuis plusieurs années. Rien qu'en 2025, son prix a grimpé de plus de 40%, et depuis le début de 2026 jusqu'au 23 septembre, il a encore gagné environ 18%.
Pourquoi le cuivre affiche-t-il une telle envolée? Premièrement, en raison d'un déficit de métal sur le marché. Le cuivre est indispensable aux réseaux électriques, aux véhicules électriques, aux équipements industriels et au secteur de la construction. L'essor de l'IA crée une demande supplémentaire. Les centres de données ont besoin de câbles, de transformateurs et de raccordements à de puissantes sources d'énergie. Les investissements portent non seulement sur les centres de calcul eux-mêmes, mais aussi sur l'infrastructure énergétique qui les entoure. Accroître rapidement la production pour répondre à cette demande est difficile, si bien que les anticipations de consommation future font déjà augmenter les prix.
Toutefois, le renchérissement actuel ne s'explique pas uniquement par la pénurie mondiale. Dans l'anticipation des droits de douane américains, le métal est activement importé aux États-Unis, ce qui réduit les stocks disponibles dans le reste du monde. Selon Reuters, au 23 septembre, les entrepôts du Comex concentraient environ 69% des réserves de cuivre recensées par les bourses mondiales. Autrement dit, le métal existe, mais une part considérable se trouve au même endroit. La pénurie a aussi été aggravée par les achats massifs des entreprises chinoises avant les congés nationaux (du 1er au 7 octobre 2026, la Chine célèbre l'anniversaire de la fondation de la RPC).
D'ici 2035, le problème de la pénurie de cuivre pourrait devenir encore plus aigu. Selon l'AIE, à cet horizon, 25% des besoins en cuivre ne seront pas couverts par les projets miniers existants ou annoncés. Il s'agit d'une prévision conditionnelle fondée sur l'éventail actuel de projets, mais les anticipations de déficit font déjà monter les prix.
L'agence de notation Fitch Ratings prévoit un prix moyen du cuivre de 13.500 dollars la tonne en 2026 et de 12.000 dollars la tonne en 2027. Les prévisions précédentes étaient inférieures.
D'un côté, il est possible de tirer profit de la hausse du cuivre. De l'autre, l'utiliser comme un nouvel actif refuge comparable à l'or comporte des risques.
Le renchérissement du cuivre témoigne de son importance industrielle, mais malgré certaines ressemblances avec l'or, des différences majeures subsistent.
Le point commun est que l'offre des deux métaux ne peut pas être augmentée rapidement, et leur cours mondial est libellé en dollars. Le métal en lui-même ne génère aucun intérêt, le rendement provient exclusivement de la variation des prix.
La différence réside dans les motivations d'achat. Le cuivre est principalement acheté par les entreprises pour la production industrielle. L'or, en revanche, est également acquis à des fins de réserve et de protection du capital, y compris par les banques centrales.
Par ailleurs, l'or peut lui aussi se déprécier sensiblement et ne garantit pas la préservation du capital à court terme. Le cuivre offre la possibilité de profiter du développement industriel, mais les propriétés de valeur refuge de l'or ne lui sont pas transférées, en dépit de l'appellation flatteuse.
D'autres métaux affichent également des hausses record. C'est le cas, en premier lieu, de l'argent et du platine. L'argent a effectivement battu des records, soutenu à la fois par la demande industrielle et la demande d'investissement. Mais les prix élevés incitent parallèlement les fabricants à économiser le métal et à chercher des substituts. Ainsi, même un déficit ne garantit pas une hausse ininterrompue des cours. L'argent peut constituer un complément à l'épargne sur le long terme, à condition d'accepter des baisses marquées.
Le platine avait lui aussi atteint des sommets historiques fin 2025, mais il s'en est sensiblement éloigné en septembre. Son prix dépend fortement de l'industrie et de l'évolution de la demande des investisseurs.
Il ne faut pas choisir un métal pour son épargne uniquement parce qu'il a récemment battu un record de prix. Parmi ces métaux, l'or reste le mieux adapté à la composante défensive d'un portefeuille, tandis que l'argent, le platine et le cuivre exigent une plus grande tolérance aux pertes et une patience accrue pour attendre la reprise des cours.
- Source : Observateur continental












