Discours de Mélenchon à la Fête de l’Huma : mon ennemi, c’est la finance internationale
Il ne l’a pas dit, mais l’a dit en substance. Trop malin pour singer Hollande pendant sa campagne de 2012 avec son mon ennemi, c’est la finance. Cependant, le chemin des deux candidats, qui risquent d’ailleurs de se retrouver au premier tour 2027, est très différent.
Hollande est un démocrate réformiste du centre gauche, un sociétal-libéral prosioniste, tandis que Mélenchon est antilibéral social antisioniste. On n’a pas dit islamogauchiste pour une bonne raison : dans ce discours qui fait figure de programme, et que nous avons écouté mot à mot, sans passer par l’IA qui fait des résumés pour amnésiques, il n’a pas parlé d’islam ni de banlieues, et encore moins de réchauffement.
Il a parlé finance, banque, taux d’intérêts et prédation, on est donc dans le sérieux le plus intégral. Le fait de ne pas parler de réchauffement et d’écologie montre sa vraie nature : c’est un pur politique, d’extrême gauche, qui veut arracher à la Banque son pouvoir, du moins une partie de son pouvoir de décision sur les peuples, peuples européens ou français. Et il livre sa méthode, ses calculs.
Indéniablement, les grosses têtes de LFI ont bossé, de Coquerel (mis un peu en retrait depuis ses histoires de gonzesses) et Bompard, le matheux de la bande. Le tout se tient, et on peut dire ici une chose, si Méluche va en finale début mai 2027, Marine aura beaucoup de fil à retordre, économiquement parlant, dans le débat de l’entre-deux tours. Le vieux socialiste, au sens le plus noble du terme, si l’on met de côté le Grand Orient et l’immigration massive (il en parle très peu aussi), a des accents jauressiens.
Nous sommes le dimanche 13 septembre 2026, non pas sur la grande scène de la Fête de l’Huma, réservée au chef des communistes, le très transparent Fabien Roussel, mais sous un chapiteau plein à craquer, avec des milliers de militants dehors. La petite vacherie de Roussel, qui se fera piquer la vedette, médiatiquement et programmatiquement parlant.
Parce que là, qu’on soit pro ou anti-LFI, c’est du lourd. Pour vous dire la force de conviction du Fidel Castro français, on a presque failli vouloir voter pour lui au premier tour, tant le RN nous fait honte avec Israël ! D’ailleurs, Méluche n’a pas non plus parlé d’Israël, il a centré le discours sur la France et l’Europe, sans parler, évidemment, de Frexit.
Il a eu des attentions particulières pour le grand frère allemand, qui en a pris plein la gueule : pour Merz et sa guerre, son réarmement et son anti-russisme maladif, pour l’AfD et la résurgence du nazisme, sans tomber non plus dans l’antinazisme de pacotille. Il reconnaît que son adversaire est là, c’est le populisme de droite, pas le centre, inexistant dans son discours. Il placera quand même un petit mot qui nous fera plaisir, taxant Édouard Philippe d’éborgneur. On sent comme une passerelle...
Aller chez les cocos, qui n’y ont vu que du feu, pour s’adresser aux électeurs de Marine...
La force de ce discours, et on rappelle qu’on n’est pas des LFistes infiltrés, c’est d’avoir assis un programme, des idées, des chiffres, sans se soucier des programmes et des idées de l’adversaire, à l’image de ces équipes qui ont un plan de jeu (Barcelone, PSG) et qui se foutent de l’adversaire, réputé inférieur, qui, lui, devra s’adapter.
Le Lider Maximo a beaucoup plus défoncé la finance incarnée par le couple Lagarde-Macron que Marine et ses amis. Il y a, dans ce creux calculé, un appel du pied au petit peuple de droite qui a le même ennemi – la finance –, pour le coup européenne. Par deux fois, il citera la finance internationale, un message capté par tout le monde. Oh, l’habile homme !
Franchement, on peut le dire, ce discours de souverainisme économique était calibré pour les électeurs de Marine, à qui il veut piquer des voix au premier tour, c’est notre analyse, pas celle des Duhamel, père, fils, cousin, oncle ou grand-père. Dès qu’on laisse ces 84 minutes reposer au frigo, comme une pâte à crêpes qui a besoin de gonfler, on voit apparaître des lignes de force, et la plus grande, c’est ce frontal avec la BCE et ses ordre, la BCE et son arrière-cour allemande. C’est carrément une déclaration de guerre économique à l’Allemagne, et ça, ça fera plaisir à Todd.
Dans une deuxième partie (c’est long de dérusher à la main 84 minutes), nous reviendrons sur ses éléments de langage et ses slogans, qui dessinent un sacré candidat pour 2027 (il a même cité Jeanne d’Arc sans trop se foutre d’elle !). À côté, on ne voit que Marine de solide, si elle bosse son plan économique. Ou si elle le précise, parce que là, c’est pas trop clair, et que les LFI ont frappé les premiers.
On sent que ça va être une vraie élection, sauf si le Maître des Ombres nous plonge dans la guerre avec la Russie d’ici-là, ou le chaos social en jouant l’extrême droite contre l’extrême gauche dans la rue, en mode Allemagne 1930. À ce propos, Méluche laisse quand même penser que le chaos social pourra être déclenché par ses troupes, au cas où...
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Mélenchon peut-il gagner ?

C’est la question que l’on se pose après avoir lu son discours du dimanche 13 septembre 2026 devant la foule au Plessis-Pâté (ça ne s’invente pas), sur la Base 217. Pour lui, la question, elle est vite répondue : il va gagner.
« Ils n’ont même pas honte de nous présenter deux anciens Premiers ministres qui ont été l’un un éborgneur de masse et l’autre un passager clandestin pendant 10 heures du gouvernement, ils n’ont pas honte et ils pensent qu’on va les réélire, voilà à quoi nous sommes confrontés, ces gens sont déterminés à être aussi violents qu’ils l’ont été jusque-là ».
Pour l’instant, le roi de LFI est crédité, par les sondeurs de l’Élysée, de 13 % au premier tour. En réalité, certains le donnent déjà à 20. Pour la blague, l’éborgneur est lui aussi crédité de 13 points, ce qui est aberrant. On comprend que le macroniste éborgneur doit ravir, d’une manière ou d’une autre, la place de finaliste à l’extrême gauche. Le coude-à-coude Mélenchon-Philippe est une petite ingénierie du Système, qui vote pour le candidat centriste. Eh oui, l’arbitre est avec le centre.
Marine Le Pen reste en tête. La candidate du Rassemblement national recueille entre 33 et 35 % des intentions de vote dans les six scénarios testés par un sondage Ipsos-BVA publié dimanche, réalisé auprès de plus de 13 000 Français. Jean-Luc Mélenchon ou Édouard Philippe arrivent en deuxième position selon les configurations, tandis que Gabriel Attal n’accède jamais au second tour dans les scénarios testés. (20 Minutes)
On comprend que Mélenchon doit battre en demi-finale Philippe, qui récolte même, suprême blague, 21 % s’il est le seul candidat du bloc central. Ce qui ressort de ce sondage, et ça doit rassurer le duo Marine-Méluche, c’est qu’une majorité de Français est en demande de radicalité et de changement. La deuxième blague du jour vient de Brice teinturier, directeur en second d’Ipsos, qui estime que cette bascule populiste est due à... la dissolution de 2024. Le mec oublie l’inflation, la paupérisation, et tous les coups de pute du pouvoir à l’encontre des Français, qu’ils soient de la classe moyenne ou du prolétariat.
Hier, on a été sonder les comptes TikTok qui bruissent de désirs révolutionnaires, avec une reformation éventuelle de Gilets jaunes 2.0, car les anciens, eux, ne veulent plus y aller. Certains portent encore des stigmates du combat, et des bracelets aux chevilles. Beaucoup ont tout perdu, boulot, argent, proches, quand ce n’est pas une main ou un œil. Chats échaudés... L’un d’entre eux pense même que ce nouveau 17 Octobre est une création de l’Élysée. Étrangement, on avait déjà entendu ce son de cloche en 2018. Il n’en a rien été. Le volcan français peut se réveiller à tout instant. Pour finir sur Brice d’Ipsos, il estime que cette bascule populiste n’est pas inéluctable, dans 20 Minutes. Mais elle « oblige les candidats traditionnels à avancer des mesures radicales »... Donc c’est inéluctable !
Retour au discours de Mélenchon
Il reste un indécrottable gauchiste, ne rêvons pas, mais expédie les preuves de son positionnement gauchiste : une phrase pour Gaza et les 300 journalistes assassinés, une phrase pour les grévistes de France Inter, et c’est à peu près tout.
« Je veux dire notre soutien aux résistants qui s’expriment dans l’audiovisuel public et privé contre l’incrustation de l’extrême droite ».
Comprendre que le SPA doit être de gauche ou ne pas être, drôle de conception de la démocratie médiatique. Il évoque sans les nommer les trois droitistes intégrés à Radio France (Sapin, Bastié et un troisième), alors qu’on peut en citer 3 000 de gauche dans tout le service public audiovisuel ! Il en profite pour jeter un peu de grain aux communistes, qui de toute façon vont voter pour lui, le vote utile au premier tour :
« On nous dit c’est pour permettre la diversité, vous voulez permettre la diversité ? Alors expliquez-nous pourquoi il n’y a pas un seul éditorialiste sur une quelconque de vos chaînes qui vienne de la rédaction du journal l’humanité ? Alors nous réclamons qu’il y en ait ! »
Non non, Jean-Luc, la diversité, c’est des journalistes de droite, de gauche, d’extrême droite et d’extrême gauche, si possible selon leurs poids politiques respectifs. Mais c’est un autre problème. Le vrai problème, c’est la néopauvreté française, et il en fait sa rampe de lancement programmatique.
« Un million de personnes de plus dans la pauvreté, 8 millions de personnes à l’aide alimentaire... Un tiers d’entre eux mangent moins pour pouvoir mettre du carburant dans leur véhicule pour pouvoir aller au travail, faire la part de travail gratuit qui va servir à enrichir les autres... Vous autres gens du peuple ne croyez pas que vous soyez accablés par autre chose qu’un rapport de forces que vous devez inverser et vous allez le faire avec des bulletins de vote autant que par l’action ! »
C’est clair : pour mettre fin à la paupérisation, votez pour moi. L’ennemi, c’est le capitalisme financier, comme toujours.
« Le capitalisme ne s’occupe pas de savoir ce que deviennent les êtres humains qui produisent la richesse, il ne s’occupe que d’une chose, faire tourner toujours plus vite l’argent pour le transformer en marchandise, pour le transformer à nouveau en argent dans une indifférence absolue de ce que deviennent tous ceux qui produisent ces richesses... Nous sommes le parti le mouvement qui rétablit les droits de l’humanité face aux droits des marchandises, voilà qui nous sommes ! »
Il élargit alors la focale et passe de la France à l’UE, dont le réacteur nucléaire, responsable d’une bonne partie de nos maux, est la BCE. Les fiches concoctées par les lieutenants sont à jour, il peut envoyer le dossier technique.
« Non, la Banque centrale européenne ne s’occupe que d’une seule et unique chose, l’inflation, le prix des marchandises. Et quand on leur dit vous êtes en train d’augmenter les taux au moment où la politique de notre pays comme celle de tous les pays est en train de faire entrer nos économies en récession, parce que dans tous les pays, tous les pays, la dette publique se paye plus cher aujourd’hui qu’elle se payait hier et qu’on arrive à près de 4 % de taux, dans tous les pays la seule solution qui est proposée et mise en œuvre c’est de réduire les budgets, de faire des coupes dans les budgets publics, de supprimer des enseignants, de fermer des écoles, de fermer des maternités, de fermer des kilomètres de voies ferrées, etc., etc. Si bien que quand la Banque centrale arrive et qu’elle augmente ses taux, elle va aggraver cette situation et nous plonger dans la récession. La récession ça veut dire, dans le système capitaliste y a pas pire crise, parce que le système repose sur la croissance permanente et infinie. »
La solution est à la fois limpide est pas très claire :
« Nous voulons la révolution citoyenne, c’est-à-dire le contrôle populaire sur toutes les affaires qui le concernent directement ».
C’est ce que propose Chouard depuis 20 ans, et les Gilets jaunes avec... qui ont été légèrement abandonnés par la gauche en début de combat. Mais ne soyons pas chiens, Mélenchon propose une solution technique : décréter l’état d’urgence social et écologique (il rajoute le mot pour faire plaisir à sa tendance verte et choper les voix de EELV complètement à la ramasse à cause des dingues qui le représentent), et réorganiser le rapport Capital-Travail en remettant en place l’échelle mobile des salaires, c’est-à-dire l’inflation, qui permet au peuple de ne pas perdre de pouvoir d’achat et de continuer à consommer, donc à alimenter la production. Cette échelle a été mise en place pendant les 30 Glorieuses, de 1952 à 1983, date de l’arrivée de Fabius... On rappelle, parce qu’on en a déjà parlé ici, que l’échelle mobile du Capital est toujours en place, et permet aux détenteurs de titres de notre dette (en France) de ne pas se faire ronger par l’inflation. Mélenchon dit cette injustice en une phrase :
« Comme l’État est bon prince quand il s’agit des riches, non seulement les intérêts sont augmentés de l’inflation, mais le capital à rembourser aussi est augmenté de l’inflation !
Un étage plus haut, il fustige la fameuse finance internationale :
« La finance internationale – ses fonds de pension et autres – dispose d’un pouvoir d’arbitrage dont elle décide seule et contre la volonté des peuples, pour savoir à quel taux elle va vous tondre »
Mais l’argent ? Où qu’c’est qu’il va l’prendre ? On y vient.
« En se donnant des moyens financiers deux deux façons : premièrement le budget de l’État doit être débarrassé de la charge des aides sans contrepartie au Capital, dont le sénateur communiste Fabien Gay, directeur de l’Humanité, a chiffré le prélèvement à 210 milliards ». Il propose en outre de « rediriger… la masse immense de l’épargne qui existe en France, car en France il y a 1 800 milliards à la Caisse des dépôts et consignations, il y a 2 000 milliards placés dans l’assurance-vie, c’est à nous qu’il revient de dire nous proposons en France de meilleurs placements ».
LFI sera en concurrence avec BlackRock qui lorgne aussi sur les 14 000 d’épargne des Français avec l’appât de la retraite par capitalisation, que Mélenchon considère comme un produit financier risqué et empoisonné. On passe alors au gros morceau du programme, le gel – ou l’annulation – de la dette française.
« C’est une discussion technique que je vous épargne, mais en tout cas qu’ils [les titres, NDLR] cessent d’être rémunérés, qu’ils ne soient plus chaque année garantis par de nouveaux emprunts aux tarifs de la finance internationale »
C’est le moment de tirer à vue sur Le Monde et Christine Lagarde.
« Au secours, Mélenchon veut mettre la dette au feu ! Au secours, disent-ils comme si c’était leur propre chair qu’on arrachait en citant du Shakespeare... Alors on nous dit, on nous dit, mais qui nous dit ? Qui sont-ils ? Madame Lagarde n’a pas les moyens de me faire oublier qu’elle était ministre de l’Économie et des Finances entre 2007 et 2011, c’est-à-dire au moment où le peuple français ayant voté qu’il ne voulait pas de la Constitution européenne qui prévoyait cette Banque centrale indépendante, madame Lagarde avec monsieur Sarkozy a fait adopter par le congrès de Versailles, c’est-à-dire le congrès du Parlement, le traité de Lisbonne. Le peuple français a voté non à 55 % et celle-là elle a décidé que c’était oui ! Eh bien c’est notre honneur à nous, 38 que nous étions, d’avoir voté contre ce viol de la conscience populaire et du vote, et ces gens ont pris l’habitude de considérer, comme dit monsieur Macron, qu’il faut tenir compte des votes populaires. Non, monsieur, il faut s’y soumettre, pas en tenir compte ».
Au tour du Monde de morfler, maintenant.
« Ils sont allés demander au banquier allemand ce qu’il pensait de ce que moi j’avais proposé, et c’est donc un grand journal quotidien qui propose à un grand chef allemand de donner son avis sur une proposition de la campagne présidentielle française. Eh bien je dis à ce monsieur que les Français décident quoiqu’il en pense et que, s’il venait à me chercher d’un peu trop près, je lui rappellerais quelques épisodes pour lui rafraîchir sa mémoire. Aucun Allemand n’a jamais dit en 1953 qu’il était contre l’annulation totale de la dette de l’Allemagne après la guerre parce que ce c’est ce que nous leur avons consenti pour rétablir l’Allemagne sur ses pas ! Alors la France a le droit de proposer qu’on lui annule la dette...
J’invite le banquier central à ne pas se mêler de nos affaires parce que le moment venu, je lui parlerai comme je suis en train de le faire si vous m’en donnez le mandat, c’est-à-dire si vous m’élisez ! J’ai lu attentivement l’interview en question et qu’est-ce que je vois, nulle part dans l’interview qu’a fait le journal Le Monde il n’est question de cette affaire. C’est dans les commentaires qu’ils disent que le banquier a sèchement taclé monsieur Mélenchon qui ne mérite pas mieux que d’être taclé. Vous comprenez le mépris de classe de cette rédaction, et les accointances avec le monde de la banque dominante, parce que ça c’est une réalité, c’est pas une accusation en l’air. »
Il compare la situation de la Grèce d’hier à celle de la France d’aujourd’hui, avec le même sort funeste qui nous guette : 16 ans de baisses de budgets, de destructions économiques et sociales pour passer la dette de 110 à 130 % du PIB ! L’effet DSK-Lagarde...
« Non, rentrez chez vous il n’y a rien à prendre ici. Madame Lagarde, après avoir pillé la Grèce et endetté la France, déclare que ce que je propose avec les Insoumis, cette annulation partielle de la dette, elle dit ce n’est pas parce que vous répétez quelque chose – car ces gens vous donnent toujours des leçons de maintien, qui n’a pas de sens, ah quelle élégance de ces gens qui sont dans la modération, ce que je dis n’a pas de sens à ses yeux, n’a pas de sens légalement, techniquement, ou financièrement – que cela devient quelque chose de valide...
Mais tous ceux à qui vous voulez faire ce traitement, j’ai une chose à vous dire. Premièrement, nous les Français nous allons résister, vous prenez un risque avec nous, je ne dirai pas lequel, mais vous en prenez un. Nous sommes très instruits, nous savons quoi faire. Le pays qui a inventé la dissuasion nucléaire est capable d’inventer la dissuasion financière, tenez-vous-le pour dit ! »
Il en sort une bonne sur 2012 et le mécanisme européen de compensation de la dette de la Grèce :
« Parce qu’en 2012, en janvier 2012 quand ça a été voté, c’était les élections présidentielles. Et savez-vous de quoi on discutait en France ? Enfin, enfin, d’un sujet important, non, pas le voile, pire ! Impossible, c’était le service public qui nous avait régalés avec cette question, c’était la viande halal. Et j’avais dit écoutez, y a pire que le sujet de la viande halal, y a les frites qui sont trop molles à la cantine ! Voilà à quoi nous avons déjà été abaissés, pendant que des questions sérieuses se discutaient ».
Après avoir bien mitraillé la BCE et le FMI, il passe à l’Allemagne, où l’AfD vient de faire un carton contre le Système.
« Si je deviens président, au nom de la France je dirai que les Français n’acceptent pas que l’Allemagne constitue la première armée conventionnelle du continent car ma question est : pour quoi faire ? Nous ne voulons pas de guerre, nous ne voulons pas de l’économie de guerre ! »
Une petite incise, en forme de concession aux antiracistes et aux immigrationnistes, sur les propositions antimigratoires de l’AfD :
« Alors l’adversaire, le Rassemblement national, quand on parle de l’AfD, eh bien il nous doit des comptes, parce que le RN il a siégé pendant 7 ans avec Alternativ für Deutschland, ils ont levé leur petite main, je dis comme ça pour dire oui ou non, pas autrement, vous avez compris. Et ils ont voté ensemble contre les coins qu’on appelle les hot spots. Dès que vous voyez arriver un terme en anglais, c’est une arnaque immorale qui se cache derrière. Hot spots ça veut dire les coins où l’on parque les malheureux qui ont traversé tout un continent, dont les parents attendent des nouvelles pour savoir s’ils sont encore en vie, ou pas, alors on les met dans des hot spots, c’est-à-dire des prisons, où ils sont maltraités, voilà la vérité ».
D’autres voient ces hot spots comme des lieux destinés à forger une armée étrangère, dans laquelle la frustration ferait monter la haine contre les peuples européens, une armée de contrôle social inféodée à l’oligarchie et financée par nos soins grâce au matraquage fiscal qui s’abat sur les travailleurs.
On a quand même droit à un petit appel au patriotisme, façon Staline au 3 juillet 41, avec références royalistes, si, si !
« Mesdames messieurs, camarades, ne vous laissez jamais aller au désespoir sur votre patrie, notre pays a traversé des épreuves terribles au fil de son histoire, les plus invraisemblables, et nous nous en sommes toujours ressortis, je ne vais pas vous sortir Jeanne d’Arc qui était quand même un drôle de modèle, vu qu’elle entendait des voix, c’est pas toujours un signal de bonne santé ; je pourrais vous parler du roi Charles VII dont le père était tellement à la ramasse, le pauvre homme, qu’il avait décidé que c’était le roi d’Angleterre qui régnait en France... »
Il en profite pour valider Napoléon, sans le citer, qui a renverser tous les tyrans d’Europe au nom de la république... Mélenchon, s’appuyant sur ce passé commun, se fait alors prophète.
« L’ordre financier du monde va s’écrouler, vous m’entendez, l’ordre financier du monde va s’écrouler, il faudra faire face. L’ordre productif va être mis en révolution par l’intelligence artificielle et nous avons un besoin urgent, impératif, de cesser la course à n’importe quoi, il nous faut des organes internationaux de régulation et de contrôle comme le proposent maintes nations déjà, et comme nous le proposerons nous si nous gouvernons la France ! »
Un peu de lyrisme en fin de discours ne nuit pas, avec un élan militaire qu’on ne lui connaissait pas.
« Comme dit le poète Machado, le chemin de victoire est comme tous les autres chemins, celui qu’on ouvre en avançant, drapeaux et musique en tête, parce que nous allons gagner en convaincant, voilà ce que j’ai à vous dire aujourd’hui ».
Mélenchon ne peut pas s’empêcher de donner un petit coup de pied aux communistes en passant.
« Ce qui est à la portée d’une intelligence humaine c’est de réfléchir, de comprendre ce qui se passe comme disait Léon Trotski, et d’y trouver sa place. Vous voyez, même Trostski a été convoqué »
Ça, c’est pour signer le noyautage de l’électorat de Marine en chantant la souveraineté et en fustigeant la finance internationale !
Le mot de la toute fin : « Oui, nous le disons, nous sommes prêts, nous allons gagner, nous sommes prêts à gouverner ».
Au fait, on y pense : comme Macron n’aurait pas pu gagner en 2017 sans les voix de gauche, donc celles de Mélenchon, Mélenchon ne pourra pas gagner en 2027 sans les voix du centre. Finalement, ne serait-on pas dans un kif-kif bourricot ?

- Source : E&R












