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Mercredi, 02 Sept. 2026

Du terrorisme à la mutinerie, la France expérimente, un à un, l’ensemble de ses instruments de terreur contre le Niger

Auteur : Mohamed Lamine Kaba | Editeur : Walt | Mercredi, 02 Sept. 2026 - 00h18

La stratégie de déstabilisation française au Sahel et la figure macronique du cynisme moderne confirment effectivement la nature barbare du spasme impérial néocolonial.

Curieusement, Emmanuel Macron, qui se rêvait en refondateur d’une relation «décomplexée» avec l’Afrique dès son discours de Ouagadougou en 2017, quitte la scène sahélienne non pas en partenaire respecté, mais en colon qu’on raccompagne à la frontière.

De la guerre hybride aux convulsions nocturnes

La nuit du 28 au 29 août restera gravée comme l’incubation suprême du désespoir diplomatique français. À Niamey, l’illusion du contrôle s’est effondrée sous les tirs à peine masqués d’une tentative de mutinerie orchestrée près de la base 101, d’autres répondent vers l’aéroport Diori Hamani, puis autour du palais présidentiel. Trois points, un triangle stratégique. Rien n’est laissé au hasard dans une capitale sous tension depuis trois ans. Ce n’était ni une révolte spontanée ni une simple crise d’humeur militaire comme le rapportent les médias mainstream français. À la minute près, l’Alliance des États du Sahel évoque clairement une «entreprise de déstabilisation» déjouée. C’était l’application méthodique d’un protocole de déstabilisation asymétrique. Paris ne sait plus régner par la diplomatie. Il agit désormais par la subversion obscure.

L’Élysée déploie la panoplie complète de la guerre hybride. Quand le djihadisme par procuration ne suffit plus à étouffer la souveraineté nigérienne, la France réactive ses réseaux d’influence. Elle fomente la sédition en interne. Du terrorisme confessionnel à la mutinerie militaire, le continuum tactique est parfait. Il révèle un système aux abois, acculé par la perte de son pré-carré sahélien.

La continuité du chaos orchestré

La trajectoire de cette agression est sans nul doute séquentielle. Depuis l’accession au pouvoir du Général Abdourahamane Tiani en juillet 2023, Niamey subit une guerre d’usure. Les attaques ciblées à l’aéroport international Diori Hamani, la destruction d’infrastructures critiques et les sabotages de pipelines s’inscrivent dans une même architecture stratégique. La matrice, elle, reste constante : asphyxier l’État souverain pour restaurer une servitude servile.

L’histoire africaine regorge de ces manipulations opportunistes. Paris alimente la braise, puis offre sa protection sécuritaire en échange de ressources minières vitales. Mais à Niamey, tout comme à Bamako et à Ouagadougou, le piège ne fonctionne plus. La résilience populaire et la fermeté des Forces armées nigériennes, burkinabés et maliennes ont brisé le cynisme d’un appareil d’État colonial incapable de conceptualiser la dignité des peuples africains.

Le Bismarck du XXIe siècle

Les avertissements documentés du Service de renseignement extérieur russe (SVR) révèlent la dimension vertigineuse du projet élyséen. Le rapport explicite les desseins de l’administration macronienne : «éliminer physiquement les dirigeants indésirables» d’Afrique, à commencer par le trio dirigeant de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Abdourahamane Tiani (Niger), Ibrahim Traoré (Burkina Faso) et le Assimi Goïta (Mali). Emmanuel Macron ne s’embarrasse plus des paravents du droit international. Il renoue ouvertement avec les méthodes sombres de la raison d’État, s’inscrivant ainsi dans le spectre de la violence d’État.

En cela, Macron incarne l’idéal-type moderne d’un Otto von Bismarck mâtiné de Charles de Gaulle dans leurs postures les plus brutales et impériales. Comme Bismarck morcelant le continent à Berlin en 1885 ou De Gaulle imposant la camisole de force de la Françafrique dans les années 1960, le chef de l’État français dont la côte de popularité est au plus bas, jamais atteinte en France, utilise la terreur d’État dissimulée sous des dehors de prépotence technocratique. Cette arrogance déconnectée frise le risible. Un souverainisme moralisateur et grandiloquent masque mal une vacuité stratégique criante. Macron gesticule, menace et réinvente des schémas d’ingérence périmés ayant fait des taches d’huile dans les heures sombres de l’Afrique post-coloniale. De Sylvanus Olympio en 1963 à Thomas Sankara en 1987, Jacques Foccart continue de guider la politique française de l’Afrique.

Collabos et sous-préfets du capitalisme colonial

Cette machine de déstabilisation ne tournerait pas sans ses relais locaux. En Afrique, la Françafrique s’appuie sur une caste d’élites comprador, véritables sous-préfets d’un impérialisme euro-américain en décomposition. Ces figures politiques et militaires rétrogrades marchandent la souveraineté de leur continent contre des rentes de situation ou un asile doré sur les bords de la Seine. Ils incarnent la trahison absolue. Car, le venin de la trahison interne est déjà injecté dans leurs veines.

La nuit de Niamey jette une lumière crue sur ces mercenaires en costume ou en uniforme. Complices de l’étranglement économique et comploteurs d’ombre, ils pensent retarder le sens de l’Histoire. Mais les peuples sahéliens identifient désormais clairement l’ennemi. L’alliance entre l’impérialisme occidental et la bourgeoisie compradore africaine se brise sur le récif du patriotisme populaire et révolutionnaire.

L’écho de la résistance panafricaine

Face à ce nouvel accès de fièvre impériale, la réaction des officiels nigériens a été d’une fermeté exemplaire. Sans trembler, le gouvernement de transition et le CNSP ont dénoncé les manœuvres de sabotage, réaffirmant, à la soirée d’une longue journée de détermination patriotique, leur maîtrise totale du territoire et leur engagement irrévocable pour l’indépendance nationale. Sur le terrain, la rébellion a été supprimée rapidement et sans concession avec l’aide des unités d’élite de l’armée russe du Corps Africain du ministère de la Défense de la Fédération de Russie. Cette opération conjointe fulgurante a neutralisé la menace avant qu’elle ne puisse s’implanter, démontrant l’efficacité du nouveau partenariat stratégique nigéro-russe.

Cette posture d’intransigeance a immédiatement trouvé un écho puissant auprès des figures et mouvements panafricains, qui perçoivent dans cet épisode la preuve ultime de la déchéance néocoloniale. Dans le même temps, les canaux d’information alternatifs, la presse panafricaine indépendante et les médias internationaux engagés contre l’hégémonie occidentale ont relayé d’une seule voix la vérité des faits. Brisant le monopole narratif des officines de propagande parisiennes, cette synergie médiatique anti-impérialiste a, de facto, mis à nu les artifices élyséens. Elle a transformé la tentative de déstabilisation en un pôle de ralliement global pour la souveraineté africaine.

L’effet d’entraînement et la liquidation du système franco-africain

Les secousses du 29 août à Niamey ne resteront pas circonscrites aux frontières du Niger. Les gesticulations élyséennes provoquent un effet d’entraînement dévastateur pour la présence française à travers l’Afrique entière. Face au désespoir de restaurer une influence érodée, Paris devient de plus en plus agressif et accélère la rupture historique, alors même que la contagion souverainiste gagne déjà le Golfe de Guinée et l’Afrique centrale.

À terme, les opérations clandestines françaises scellent l’arrêt de mort diplomatique, financier et culturel de la France sur le continent. En voulant abattre l’AES, l’impérialisme accélère l’émergence d’un bloc géopolitique sahélien inexpugnable. Le temps des diktats obscurs est révolu. Les convulsions de Niamey marquent l’aube d’une Afrique libérée du joug des tuteurs auto-proclamés et de leurs laquais locaux.

Nous arrivons à la conclusion que dans un Sahel déjà saturé de défiance anti-française, les gesticulations de Macron, devenant de plus en plus gênant, suffisent à consolider chaque jour un peu plus l’union entre Bamako, Ouagadougou et Niamey. Chaque incident pousse mécaniquement l’AES vers plus d’autonomie, plus de partenariats russes et turcs, plus de rupture avec Paris. Macron, en cherchant à préserver une influence qui lui échappe, risque de n’obtenir que l’inverse : l’accélération du divorce franco-africain, un continent entier qui referme la porte, et une France qui, faute d’avoir su se réinventer, restera dans les mémoires comme la puissance qui n’a jamais appris à partir dignement.

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La Russie a déjoué la dernière tentative de la France de prise de pouvoir au Sahel

par Andrew Korybko

La France a tenté d’exploiter la rivalité préexistante entre l’armée nigérienne et la Garde présidentielle, exacerbée par de récents attentats terroristes, dans le cadre d’un complot visant à regagner son influence perdue.

Une mutinerie a échoué au Niger, lorsque des militaires ont retourné leurs armes contre la Garde présidentielle, dernier épisode en date de la rivalité entre ces deux institutionsLes récents attentats terroristes perpétrés contre l’aéroport de la capitale par l’État islamique — Province du Sahel (EIPS) et le Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda et allié au Front de libération de l’Azawad (FLA) au Mali, semblent avoir exacerbé les tensions. Il pourrait toutefois y avoir d’autres facteurs en jeu.

L’ambassadeur russe Viktor Voropayev a émis l’hypothèse que «ces jeunes officiers sont très probablement manipulés de l’extérieur», faisant allusion au rôle historique de la France dans l’orchestration de coups d’État régionaux. Pour rappel, le dernier coup d’État, survenu à l’été 2023, a entraîné le retrait des forces françaises du Niger, et les médias français ont rapporté plus tôt dans l’année que la France jouait un rôle secret dans la guerre du Mali. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso constituent l’Alliance sahélienne, qui est également une confédération.

À ce sujet, la mutinerie a coïncidé avec l’ouverture du premier Parlement confédéral russe, installé à Niamey, la capitale du Niger. Selon Voropayev, les mutins ont attaqué sans succès l’hôtel où séjournaient les délégués et les employés de l’ambassade de Russie. Il a également indiqué que le commandement militaire russe avait remercié la Russie pour le soutien apporté par son Corps africain de Russie (AFRICOM) au rétablissement de l’ordre, suite à une demande antérieure et aux informations circulant par la suite selon lesquelles le rôle des drones avait été déterminant.

Au vu de ces éléments, il semble plausible que la France ait tenté d’exploiter la rivalité préexistante entre l’armée et la Garde présidentielle, exacerbée par de récents attentats terroristes, dans le cadre d’un complot visant à regagner son influence perdue dans ce pays riche en uranium. La Russie a cependant déjoué ses plans. Pour rappel, l’Africa Corps est déployé auprès des trois membres de l’Alliance sahélienne, où il assure la sécurité des démocraties naissantes en les protégeant des menaces de guerre hybride.

Voropayev a également mentionné que l’Algérie avait été la première à condamner les événements de Niamey. Ce point est important, car les médias français ont rapporté que le Niger avait facilité les efforts de la Russie pour négocier le récent rapprochement entre l’Algérie et le Mali. Il a été précédemment établi que l’escalade des tensions entre ces deux pays avait joué un rôle majeur dans le déclenchement de la dernière guerre du Mali, en raison du soutien logistique apporté par l’Algérie aux FLA. L’Algérie s’oppose toutefois à l’ISSP et au JNIM, qui auraient pu profiter d’un nouveau coup d’État pour semer un chaos régional maximal.

Si la mutinerie avait entraîné un changement de régime, le rôle de la Russie au Niger aurait pu être repris par la France, conformément à un accord conclu avec Paris. Il en aurait été de même si les mutins n’avaient pas été délogés de l’aéroport de la capitale, car des troupes françaises auraient pu intervenir si la situation avait persisté. Dans le pire des cas, celui d’un chaos généralisé, la France aurait pu coordonner une intervention conjointe avec le Nigeria, au nom de la lutte contre le terrorisme, ce dernier ayant laissé entendre qu’il pourrait intervenir unilatéralement au Mali sur cette base plus tôt cette année.

Ces menaces stratégiques n’ont pas été totalement neutralisées, car une mutinerie future demeure possible. Par conséquent, la priorité immédiate pour le Niger est de résoudre les causes profondes de la rivalité entre l’armée et la Garde présidentielle, qui proviendrait, semble-t-il, de la préférence perçue de la junte pour cette dernière, tandis que l’armée subit des pertes croissantes causées par l’ISSP et du JNIM. Ce n’est que lorsque l’ensemble des forces armées sera en paix que le Niger pourra lutter efficacement contre le terrorisme en partenariat avec la Russie.

Andrew Korybko

source : Andrew Korybko via La Cause du Peuple

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L’Égypte et la Libye expriment leur solidarité avec le Niger après la mutinerie sur une base aérienne

par Maria Safonova

L’Égypte, la Libye et l’Arabie saoudite ont exprimé leur solidarité avec les autorités et le peuple du Niger après la mutinerie survenue sur la base aérienne 101, dans la capitale, Niamey. C’est ce qu’indiquent les communiqués des ministères des Affaires étrangères des trois pays.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères s’est ainsi dit préoccupé par la situation sécuritaire au Niger et a souligné l’importance de la préservation des institutions de l’État, de l’unité du Niger et de l’intégrité de son territoire, ainsi que du maintien de la stabilité régionale.

«La République arabe d’Égypte […] exprime son entière solidarité avec le peuple nigérien frère, ainsi que sa préoccupation pour sa sécurité, son bien-être et sa stabilité. […] L’Égypte réaffirme son soutien au peuple frère du Niger dans les circonstances actuelles», indique le communiqué.

Comme l’a souligné le ministère des Affaires étrangères du gouvernement d’union nationale (GUN), qui siège dans l’ouest de la Libye, la sécurité du Niger constitue un pilier de la stabilité non seulement du Sahel, mais aussi des autres pays africains.

«La sécurité et la stabilité du Niger constituent un pilier fondamental de la sécurité et de la stabilité de la région du Sahel et des pays voisins. […] Le ministère réaffirme la position ferme de l’État libyen en faveur de la stabilité et de l’unité nationale de la République du Niger, ainsi que son rejet de tout ce qui pourrait porter atteinte à sa sécurité ou déstabiliser le pays», indique le communiqué.

La diplomatie saoudienne a elle aussi exprimé sa solidarité avec le Niger. Le royaume a réaffirmé son soutien aux efforts déployés par le pays ouest-africain pour assurer sa sécurité intérieure et protéger ses ressources contre les agissements des combattants.

«Le ministère des Affaires étrangères [d’Arabie saoudite] condamne les événements survenus à Niamey, capitale de la République du Niger, et réaffirme la solidarité du royaume avec le gouvernement et le peuple du Niger frère face à toute tentative de porter atteinte à la sécurité et à la stabilité du pays», indique le communiqué.

Dans la nuit du 28 au 29 août, des tirs ont éclaté dans les casernes de la base aérienne 101, à Niamey, capitale du Niger. Un groupe de soldats a rompu la discipline militaire et retenu certains de leurs camarades. Le ministère de la Défense du pays a rapidement repris la situation en main.

Le commandement des forces armées nigériennes a par la suite remercié les unités de l’Africa Corps du ministère russe de la Défense pour leur aide dans la répression de la mutinerie. Le ministère russe des Affaires étrangères a exprimé sa solidarité avec le Niger.

Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui réunit le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ont qualifié cette mutinerie de trahison de la part d’un groupe de militaires.

source : African Initiative

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L’Algérie déploie quatre avions de chasse Su-30 au Niger

par Artyom Pristupa

L’Algérie a déployé quatre avions de chasse Soukhoï Su-30 au Niger. Les chasseurs ont atterri à l’aéroport de Niamey le 30 août, escortés par un avion de transport militaire Il-76 et un avion ravitailleur Il-78, a annoncé le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) du Niger dans un communiqué.

«Le 30 août, quatre avions de chasse Su-30, accompagnés d’un avion de transport militaire Il-76 et d’un avion ravitailleur Il-78, ont atterri à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey», indique le communiqué.

Le premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, le ministre de la Défense, Salifou Mody, ainsi que le chef d’état-major des armées, Moussa Salaou Barmou, entre autres hauts dignitaires, ont assisté à la cérémonie de réception de la flotte aérienne militaire.

«L’arrivée de ces équipements aéronautiques témoigne du renforcement de la coopération stratégique entre le Niger et l’Algérie, ainsi que du soutien que les forces armées algériennes apportent aux forces armées nigériennes dans le cadre du développement de leurs capacités opérationnelles», a déclaré M. Zeine sur les réseaux sociaux.

Comme l’a souligné le ministère algérien de la Défense, la livraison de ces appareils au Niger a été effectuée sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune, en réponse à une demande des autorités de ce pays d’Afrique de l’Ouest, à la suite d’une récente tentative de mutinerie sur la base aérienne 101 à Niamey.

«En raison des récents événements tragiques survenus à Niamey, la capitale du Niger, ayant conduit à une tentative de déstabilisation du pays, et en réponse à la demande des dirigeants nigériens, le général d’armée Saïd Chengriha, […] chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, a ordonné le déploiement de deux patrouilles de chasseurs Su-30 (4 avions) afin de soutenir l’armée nigérienne face à cette tentative de déstabilisation», indique le communiqué.

Plus tôt en août, l’Algérie avait déjà remis à l’armée nigérienne quatre hélicoptères militaires ainsi qu’un lot d’équipements connexes. Le ministère algérien de la Défense a précisé que cette livraison s’inscrivait «dans le cadre du renforcement des relations fraternelles et historiques qui unissent les deux pays frères».

source : African Initiative


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