Les exercices français Poker avec des composantes nucléaires devant la Russie: une provocation?
Alors que les médias en France brodent un discours autour d’une utilisation par la Russie de l’option nucléaire tactique sur l’Ukraine, la France et ses partenaires de l’OTAN se préparent à mener des exercices militaires en octobre qui impliquent l’emploi de la bombe atomique en simulant un raid nucléaire sur la Russie et la Biélorussie.
Observateur Continental a signalé que l’Allemagne et la France ont déjà mené en juillet dernier des exercices conjoints simulant l’utilisation d’armes nucléaires «pour défendre l’Europe» et que des soldats allemands participeront également pour la première fois cet automne aux manœuvres nucléaires françaises de grande envergure, Poker. Observateur Continental souligne, par ailleurs, citant Le Parisien, que «cet exercice serait la première matérialisation du parapluie nucléaire européen, si cher à Emmanuel Macron».
Poker est répété quatre fois par an depuis la première prise d’alerte de la composante nucléaire aéroportée en octobre 1964. Les dates précises d’octobre 2026 de l’exercice militaire Poker (ou opération Poker), mené par les forces aériennes stratégiques (FAS) françaises pour simuler un raid nucléaire, restent confidentielles et ne sont pas diffusées à l’avance au grand public pour des raisons évidentes de sécurité nationale et de secret militaire.
Ainsi, l’Allemagne, qui dirige largement la politique des pays de l’UE grâce à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et ses différents réseaux inféodés, se joindra aux exercices nucléaires Poker avec des exercices simulant des frappes sur la Russie et la Biélorussie.
Les manœuvres se dérouleront dans le ciel au-dessus de la mer Baltique et du territoire polonais, où des frappes simulées contre des cibles en Russie et en Biélorussie seront menées.
L’arrivée de l’Allemagne dans cet exercice est une violation flagrante des accords du passé. Observateur Continental a fait savoir que «l’évolution de l’Allemagne marque une rupture avec la retenue stratégique qui a longtemps défini la politique de défense allemande». «Après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne, auparavant une puissance militaire, est privée d’armée et interdite de développer l’arme nucléaire.
Avec «le Traité de non-prolifération (TNP) signé en 1969, l’Allemagne s’engage à ne jamais développer ni acquérir d’arsenal atomique national», rajoute le Figaro.
Après la chute du mur de Berlin, le Traité Deux-plus-Quatre signé en 1990 entre les deux Allemagnes (RFA et RDA) et les quatre puissances victorieuses (France, Union soviétique, Royaume-Uni, États-Unis) lors de la réunification de l’Allemagne stipule que le pays renonce définitivement aux armes nucléaires, biologiques et chimiques.
Du statut de pays vaincu par les Alliés durant la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne brise les accords pour obtenir la bombe atomique et constituer l’armée la plus puissante d’Europe. «Le chancelier Friedrich Merz veut faire de la Bundeswehr l’armée la plus puissante d’Europe», titre Touteleurope.
Avec l’annonce de la participation prévue de la Bundeswehr aux exercices nucléaires français Poker qui se tiennent cet automne, il s’agit d’un pas de plus vers le renforcement de la coopération franco-allemande dans le domaine de la dissuasion nucléaire. La création d’un axe franco-allemand militaire se précise avec l’Allemagne qui souhaite prendre le dessus sur Paris.
Dès 2018, de manière officielle, Berlin a annoncé vouloir prendre le siège de la France à l’ONU. «Olaf Scholz propose de mutualiser le siège de la France pour le transformer en un siège commun à tous les pays de l’Union», faisait savoir Le Point.
Toujours en 2018, Le Nouvel Obs posait la question: «La France va-t-elle partager sa bombe atomique avec l’Allemagne?»
Sous les deux mandats du président français, Emmanuel Macron, l’intervention de l’Allemagne dans les dossiers stratégiques de la France a augmenté pour devenir une normalité. L’Allemagne est ainsi devenue un des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Ces mêmes médias en France, qui brodent un discours autour d’un emploi par la Russie de l’option nucléaire tactique sur l’Ukraine, mettent en valeur le pays guerrier de la Seconde Guerre mondiale en réécrivant l’Histoire.
Selon Politico, Macron et le chancelier allemand, Friedrich Merz, se sont rencontrés les 16 et 17 juillet 2026 sur la base aérienne de Nörvenich, en Allemagne, afin de renforcer la coopération militaire européenne et de convenir d’une participation, pour la première fois, de l’Allemagne aux exercices nucléaires français. «Cet exercice conjoint intervient alors que les gouvernements européens s’interrogent sur la durée pendant laquelle ils pourront continuer à dépendre des États-Unis pour leur sécurité», était-il précisé.
Dans le contexte de la réforme de la sécurité européenne et de la doctrine nucléaire de Paris, les exercices ont acquis une signification géopolitique particulière. En mars dernier, Macron a déclaré que plusieurs pays européens, dont l’Allemagne et la Pologne, avaient accepté de renforcer la coopération dans le domaine de la dissuasion nucléaire.
Les options vont de la participation à des exercices Poker qui simulent des frappes aériennes nucléaires, au déploiement temporaire de chasseurs français Rafale capables de porter des armes nucléaires. À l’avenir, la coopération entre Paris et Berlin pourrait également inclure le déploiement temporaire de chasseurs français Rafale capables de porter des armes nucléaires.
Auparavant, les exercices Poker étaient organisés exclusivement dans l’espace aérien de la France. Maintenant, les scénarios sont apportés aux frontières de l’OTAN juste à côté de la Russie et de la Biélorussie.
Au cours de ces entraînements, le Rafale français élaborera des scénarios pour la percée de la défense aérienne et des frappes sur des cibles en Russie et en Biélorussie, en utilisant des aérodromes militaires polonais.
Dans le cadre du premier groupe nucléaire conjoint, qui s’est tenu à Paris, la planification et l’analyse des simulations stratégiques de Poker à égalité avec les collègues français et les militaires invités d’Allemagne ont reçu l’admission d’officiers et d’analystes polonais du ministère de la Défense.
Le 16 juillet dernier, le Commandement des forces aériennes stratégiques françaises (CFAS) et l’armée de l’Air allemande (Luftwaffe) ont conduit la première activité aérienne conjointe en déclinaison de la stratégie française de «dissuasion avancée».
Deux avions de combat Rafale français de la base aérienne de Saint-Dizier (52) et deux Eurofighter allemands de la base aérienne de Nörvenich (Allemagne) ont rejoint un MRTT Phenix français pour réaliser un ravitaillement en vol.
A cette occasion, Le Monde a noté qu’ «après l’échec du projet d’avion commun SCAF, Paris et Berlin ont annoncé, lors d’un conseil des ministres franco-allemand, une série d’initiatives pour entretenir la coopération sur des sujets stratégiques, dont la dissuasion nucléaire et le spatial». Sous les mandats de Macron, l’Allemagne a infiltré avec force les réseaux stratégiques de la France et entraîne Paris dans une confrontation directe avec la Russie.
Dans cette configuration, il est une fois de plus confirmé que l’axe franco-allemand participe à l’escalade de la guerre au lieu de choisir le chemin de la diplomatie.
- Source : Observateur continental












