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Mercredi, 19 Août 2026

Ruissellement macroniste : L’État raccourcit l’indemnisation chômage mais double la durée de l’allocation de fin de mandat des élus

Auteur : Yoann | Editeur : Walt | Mercredi, 19 Août 2026 - 13h44

À partir du 1er septembre 2026, les salariés quittant leur emploi après une rupture conventionnelle individuelle seront indemnisés moins longtemps. "En même temps", une loi votée fin 2025 améliore nettement l’allocation versée à certains élus locaux après leur mandat. En France, perdre son emploi est donc un problème budgétaire. Perdre son écharpe mérite davantage d’attention.

Jusqu’à six mois et demi de chômage supprimés

Les nouvelles règles concernant les ruptures conventionnelles s’appliqueront aux contrats prenant fin à compter du 1er septembre 2026 en France métropolitaine.

Pour les salariés de moins de 55 ans, la durée maximale d’indemnisation passera de 18 à 15 mois. Ceux âgés de 55 ou 56 ans auront droit à 20,5 mois, contre 22,5 auparavant. Les personnes de 57 ans et plus subiront la coupe la plus lourde : 20,5 mois au lieu de 27, soit six mois et demi rayés du calendrier.

Le gouvernement espère économiser entre 600 et 800 millions d’euros par an. La méthode reste fidèle à la doctrine maison : lorsqu’il faut trouver de l’argent, commencer par vérifier les poches de ceux qui viennent de perdre leur salaire.

Pour les anciens élus, la protection passe à vingt-quatre mois

La loi du 22 décembre 2025 portant création du statut de l’élu local réserve un traitement autrement plus généreux aux bénéficiaires de l’allocation différentielle de fin de mandat.

Avant cette réforme, l’ancien élu pouvait percevoir au maximum 80 % de la différence entre son indemnité de fonction et ses nouvelles ressources pendant six mois, puis 40 % durant les six mois suivants. Désormais, le plafond atteint 100 % de cette différence pendant douze mois, puis 80 % du treizième au vingt-quatrième mois.

La durée maximale est donc doublée, de douze à vingt-quatre mois. Le texte prévoit également la suppression des seuils de population qui limitaient l’accès au dispositif dans certaines communes, mesure applicable au 1er janvier 2027.

Précision utile : il ne s’agit pas de garantir 100 % des anciens revenus de l’élu. L’allocation couvre jusqu’à 100 % de l’écart entre l’ancienne indemnité de fonction et les ressources perçues après le mandat. Elle reste soumise à des conditions, notamment la recherche d’un emploi ou un niveau de revenus insuffisant.

La rigueur possède ses propres critères

Les deux dispositifs ne concernent ni les mêmes situations ni les mêmes caisses. Leur rapprochement reste pourtant politiquement savoureux. Pour un salarié en rupture conventionnelle, le gouvernement considère qu’une indemnisation plus courte facilitera le retour à l’emploi. Pour un ancien élu, la loi organise un accompagnement pouvant durer deux ans.

Le chômeur ordinaire sera donc motivé par la diminution de ses droits. L’ancien élu, lui, sera aidé par leur prolongation. La macronie ne manque pas de logique : elle change simplement de logique selon la personne installée devant France Travail.


- Source : Le Média en 4-4-2

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