Gel partiel des retraites en 2027 : Le gouvernement cherche encore à partir de combien on devient « aisé »
Le ministère de l’Économie étudie une désindexation partielle des pensions pour 2027. Les petites retraites seraient épargnées, promet-on. Reste un détail : personne ne dit encore où commence la « grosse » retraite.
Après les arrêts maladie, voici les pensions. Dans le cadre du budget 2027, Bercy travaillerait sur une désindexation partielle des retraites. Le projet consisterait à ne pas revaloriser, pendant un an, les pensions situées au-dessus d’un seuil encore inconnu. Les autres continueraient à suivre l’inflation.
Le mécanisme a déjà son petit nom de communication : « année blanche à la carte ». Pour les retraités concernés, la carte serait surtout celle des prix, qui continueraient de grimper pendant que leur pension resterait immobile. Ce n’est pas une baisse sur le relevé bancaire. C’est simplement la même somme qui permet d’acheter moins. La nuance fait toujours plaisir au moment de payer les courses.
💸 Les retraités à nouveau dans le viseur du gouvernement !
— RMC (@RMCInfo) August 12, 2026
Désindexer les retraites les plus élevées de l'inflation, telle est la piste sur laquelle travaille Bercy dans le cadre du budget 2027.
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Le seuil qui transformera un retraité modeste en privilégié
Tout se jouera donc sur le seuil. Selon les premiers éléments publiés, les pensions comprises autour de 1 100 à 1 300 euros par mois pourraient être protégées. Le conditionnel est indispensable : aucun montant officiel n’a été arrêté. À ce stade, Bercy dispose surtout d’un projet et d’un curseur sans graduation.
La question devient vite embarrassante. Une pension de 1 300, 1 500 ou même 1 700 euros fait-elle de son bénéficiaire un retraité « aisé » ? Les données publiées par l’Insee indiquent qu’en 2023 la pension mensuelle brute moyenne de droit direct atteignait 1 666 euros pour les retraités résidant en France. Pour les femmes, elle s’élevait à 1 306 euros. Placer le seuil trop bas reviendrait donc à rebaptiser « confort » ce qui ressemble beaucoup à la moyenne, voire moins.
Une baisse de pouvoir d’achat vendue comme de la justice
L’habillage politique est déjà prêt : préserver les plus petites pensions et demander un effort aux autres. Sur le papier, la mesure paraît ciblée. Dans la vie réelle, son équité dépend entièrement du montant retenu, de la composition du foyer et de l’inflation. Deux retraités touchant la même pension ne paient pas forcément le même loyer, n’ont pas les mêmes dépenses de santé et ne disposent pas du même patrimoine.
La règle actuelle rattache la revalorisation de nombreuses prestations à l’évolution des prix, selon le Code de la Sécurité sociale. Suspendre cette hausse pour une partie des pensions revient à faire financer une fraction du budget par une perte de pouvoir d’achat ciblée. Le gouvernement pourra parler d’effort proportionné ; le retraité, lui, verra surtout ce qui manque à la fin du mois.
Le projet n’est toutefois ni finalisé ni voté. Le seuil peut changer, le dispositif être amendé ou abandonné durant la préparation des textes budgétaires et leur examen au Parlement. Mais la méthode apparaît déjà : annoncer que les « petites retraites » seront protégées avant de définir publiquement ce qu’est une petite retraite. C’est pratique. La justice sociale tient dans un chiffre, et Bercy garde encore la calculatrice.
- Source : Le Média en 4-4-2












