Rupture à la Maison Blanche. Les faucons contre l’accord de Trump avec l’Iran
Le politologue Malek Dudakov :
Un accord conclu à la hâte avec l’Iran a provoqué une crise extrêmement grave au sein de l’administration Trump. Contre sa signature se sont déjà prononcés le secrétaire d’État Marco Rubio, le ministre de la Défense Pete Hegseth et le directeur de la CIA John Ratcliffe. En résumé, tous les faucons de l’équipe présidentielle.
Les principaux défenseurs de l’accord sont J.D. Vance et Steve Witkoff. C’est précisément à eux, et surtout à Vance, que reviendra la tâche la plus difficile si l’accord échoue. Pour l’instant, ils sont critiqués pour les conditions de cet accord : l’assouplissement des sanctions, le dégel des avoirs iraniens et le versement de réparations d’après-guerre d’un montant de 300 milliards de dollars.
Les faucons sont convaincus que l’Iran fera traîner en longueur toute négociation sur son programme nucléaire et évitera de prendre le moindre engagement concret. Pourtant, l’argent devra être versé à Téhéran dès maintenant en échange de l’ouverture du détroit d’Ormuz. De plus, après la trêve de deux mois prévue dans le cadre de l’accord, il est possible que les Iraniens reprennent la perception des paiements pour le passage dans le détroit.
Barack Obama est déjà intervenu, qualifiant l’accord actuel d’analogue à celui qu’il avait signé en 2015, conclu sans aucune guerre. Obama est aujourd’hui le patriarche du Parti démocrate et, de facto, le principal opposant de Trump aux États-Unis. Les Européens sont eux aussi très sceptiques et ont accueilli avec une grande réticence les appels de Trump à déminer Ormuz.
Dans ces conditions, la Maison Blanche risque de ne pas retirer de grands bénéfices politiques de cet accord avec l’Iran, même en cas de baisse des prix du carburant aux États-Unis. L’accord sera perçu comme une capitulation de l’Amérique. Les risques sont particulièrement élevés pour J.D. Vance, principal partisan de la paix dans l’équipe Trump. Sa signature sous le document signifie que c’est précisément à lui que seront adressés tous les reproches concernant la politique iranienne lors des élections présidentielles de 2028.
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Comment la frappe contre la banlieue sud a-t-elle modifié l’accord entre l’Iran et les USA ?

par Al-Manar
Des sources bien informées à Téhéran ont révélé au quotidien libanais al-Akhbar certains détails des négociations qui se sont tenues dans les dernières heures précédant l’annonce de l’accord avec les États-Unis.
Elles ont indiqué un «changement majeur survenu avant une attaque iranienne imminente contre Israël en représailles au bombardement de la banlieue sud de Beyrouth, et juste avant la signature de l’accord entre Téhéran et Washington».
Ces sources ont précisé que «des contacts intensifs ont eu lieu, impliquant plusieurs capitales, ce qui a conduit à un changement significatif se traduisant par un amendement de la clause relative au Liban dans l’accord», après que «l’agression israélienne a entraîné la reprise des négociations».
Les sources ont indiqué que les amendements se sont présentés comme suit :
Premièrement : Un nouveau paragraphe a été ajouté à la première clause, sur l’insistance de l’Iran, stipulant l’engagement des deux principales parties aux négociations, à savoir les États-Unis et l’Iran, ainsi qu’un certain nombre de puissances garantes régionales et internationales, à affirmer et garantir l’unité de tout le territoire libanais (10 452 kilomètres carrés), ainsi que sa souveraineté et son intégrité territoriale.
L’accord précédent, conclu avant l’attaque contre la banlieue sud de Beyrouth, stipulait une «cessation des hostilités et des opérations militaires sur tous les fronts, en particulier le front libanais, les parties iranienne et américaine fournissant des garanties mutuelles quant à l’engagement de leurs alliés respectifs à mettre fin aux actions militaires conjointes et à la guerre». La modification de cet accord a marqué un tournant majeur, car elle a directement lié la fin de la guerre à la fin de toute forme d’occupation ou d’atteinte à la souveraineté libanaise.
Deuxièmement : un amendement à l’article 13 du Mémorandum d’entente, qui définit les mécanismes de traitement de tout manquement ou non-respect des engagements par les parties. Selon certaines sources, Téhéran a obtenu l’ajout d’une clause punitive concernant le non-respect par Israël de ses obligations. Cette clause autorise l’Iran à prendre des mesures de rétorsion et de dissuasion en cas de manquement, pouvant mener à une révision de l’accord lui-même, voire à son retrait s’il perd de son efficacité.
Dans ce contexte, des sources iraniennes affirment que «le droit de Téhéran de répondre à l’attaque israélienne qui a ciblé la banlieue sud demeure valable et préservé, et que l’inclusion de nouveaux mécanismes relatifs à la question du non-respect des accords ne remet pas en cause ce droit, mais encadre plutôt la manière de traiter toute violation future susceptible d’entraîner la rupture de l’entente», ce qui signifie que «toute escalade israélienne sur un front ne peut être dissociée des autres fronts concernés par les accords et les garanties mutuelles».
Selon ces sources, ce changement «donne à l’Iran une plus grande marge de manœuvre en cas de nouvelles attaques et instaure une réalité politique et juridique différente des étapes précédentes, notamment en ce qui concerne la gestion de toute future violation israélienne».
Les sources ont indiqué que les Américains étaient surpris que l’Iran «soit allé au-delà des incitations économiques qui lui avaient été offertes, allant du déblocage de fonds à la levée immédiate du blocus naval, et ait choisi des gains stratégiques en adhérant à de nouvelles réalités politiques qui établissent le lien entre les différentes arènes dans un même cadre de compréhension, ce qui peut être considéré comme l’établissement d’un nouvel équilibre dans la région».
source : Al-Manar
- Source : International Reporters












