Diagnostic Présidentiel : 18 mois de rejet massif – La radioscopie sans concession de l’opinion des Français sur Emmanuel Macron (janv. 2025 - juin 2026)
Alors que le quinquennat d’Emmanuel Macron entre dans sa dernière ligne droite, le baromètre Le Diagnostic Présidentiel réalisé par l’institut MIS Group pour France-Soir et BonSens.org dresse un état des lieux implacable. Sur la période allant de janvier 2025 à juin 2026, à travers plusieurs vagues d’enquêtes menées auprès d’un échantillon représentatif de 1 200 Français (méthode des quotas : sexe, âge, région, catégorie socio-professionnelle), l’opinion publique exprime un désaveu structurel et durable.
Cette analyse ne se contente pas d’un instantané : elle suit l’évolution sur 18 mois. Certaines voix médiatiques ont récemment évoqué une « légère remontée » de la cote du président. Les données détaillées montrent pourtant un rejet massif qui reste largement majoritaire et qui, sur presque tous les indicateurs, demeure à des niveaux historiquement élevés.
Il était essentiel de poser le cadre d’une analyse froide, médicale, presque clinique de l’état de grâce (ou plutôt de disgrâce) présidentiel. Dans un contexte de crises économiques persistantes, de tensions sociales et d’un paysage international chaotique, il devient critique de ne plus parler non pas de communication ni de « storytelling », mais de la perception réelle des Français.
La trajectoire du pays : un pessimisme ancré
« Dans quelle direction Emmanuel Macron mène-t-il le pays ? »
- Mauvaise direction : entre 58 % (juillet 2025) et 67 % (décembre 2025), stabilisée à 60 % en juin 2026.
- Bonne direction : jamais au-dessus de 4 % (marge d’erreur).
- • Parfois bonne, parfois mauvaise : autour de 33 %.

Sur 18 mois, les Français n’ont jamais cru, même de façon minoritaire, que le pays allait dans la bonne direction. Ce pessimisme ancré reflète le sentiment d’un pays qui s’enfonce : inflation durable, pouvoir d’achat en berne, déserts médicaux, insécurité et fractures territoriales. La légère baisse du « mauvaise direction » entre décembre 2025 et juin 2026 ne change rien à l’essentiel : le cap présidentiel est jugé mauvais par six Français sur dix.
L’évaluation personnelle : le rejet majoritaire
« Emmanuel Macron est-il un bon ou un mauvais président ? »
- Mauvais président : 66 % (juillet 2025) → pic à 73 % (février 2026) → 69 % (juin 2026).
- Bon président : entre 10 % et 13 %.

Le pic de rejet en février 2026 coïncide avec la « zone de crise » (où l'opinion des Français sur la honte à son égard, et la question de sa destitution était au plus haut). Même si l’on constate une très légère décrue de 4 points entre février et juin 2026, le désaveu reste massif : près de 7 Français sur 10 considèrent toujours le président comme mauvais.
Ce n’est pas une « remontée » de cote, c’est simplement un reflux très partiel après un pic historiquement haut d'impopularité.
Le bilan intérieur : division et fracture économique
Deux chiffres impitoyables pour Emmanuel Macron en juin 2026 :
- 79 % des Français estiment que son action divise le pays (contre 4 % seulement qui pensent qu’elle l’unifie). Avec un pic à 81 % en septembre 2025.
- 77 % jugent son action néfaste pour l’économie (contre 12 % bénéfique).

Dans un pays déjà fracturé par les « gilets jaunes », la réforme des retraites, les émeutes urbaines, la gestion de la crise Covid-19 et les débats sur l’immigration, Emmanuel Macron est perçu comme un facteur d’aggravation des divisions. Sur le plan économique, le constat est tout aussi sévère : dette publique record, croissance molle et sentiment d’une France qui s’appauvrit face à ses voisins.
L’impact international : perception de chaos
Évolution de la perception de la politique étrangère menée par le président. Pour les Français Emmanuel Macron a :
- Rendu le monde plus chaotique pour 46 % d'entre eux (juillet 2025), chiffre passant à 51 % en décembre 2025 puis 47 % en juin 2026.
- N'a eu aucun effet pour 42 à 47 % d'entre eux.
- Rendu le monde plus stable pour seulement 7 à 9 % des Français.

La diplomatie macronienne – marquée par un activisme tous azimuts (Ukraine, Moyen-Orient, Europe) – est jugée déstabilisatrice par près de la moitié des Français. Loin d’être un atout, elle apparaît comme un facteur supplémentaire d’inquiétude dans un monde déjà instable.
Le rejet viscéral : la mesure du sentiment de honte
À la question « avez-vous honte du président Macron ? », les Français ont répondu :
- Oui pour 58 % d'entre eux (juillet 2025) avec un pic à 65 % en décembre 2025 et février 2026, pour revenir à la valeur de 58 % en juin 2026.
- Non pour 34 à 43 % d'entre eux.

Ce chiffre est l’un des plus parlants. Il ne s’agit plus seulement d’un désaccord politique, mais d’un rejet affectif et symbolique. Entre décembre 2025 et février 2026, près de deux Français sur trois déclaraient avoir honte de leur président.
Que s'est-il passé en début d'année 2026 pour que le sentiment de honte envers le Président soit si haut (66%) ? Début 2026, dans la vague de sondage du 5 février 2026 plus précisément, nous avions demandé aux Français leur avis sur l'intervention d'Emmanuel Macron à Davos avec ses lunettes de soleil, et 47 % d'entre eux avaient répondu avoir eu honte, que la France devenait la risée du monde (contre seulement 12 % trouvant cela innovant et 41 % n'ayant pas d'avis sur la question). En février, la communication élyséenne vantait que le fameux « for sure » en lunettes de soleil contribuait à faire rayonner le président à l'étranger. En les interrogeant, il était visible que la plupart des Français ne voyaient pas cela du même oeil.
Finalement, la baisse en juin 2026 reste légère, et le résultat se maintient dans des proportions très élevées, ne révélant pas réellement de signe de réconciliation.
La crise institutionnelle : démission et destitution
Pour les Français, Emmanuel Macron …
- Doit démissionner pour 51 % d'entre eux en juin 2026 (après un pic à 63 % en décembre 2025).
- Doit être destitué par les élus de la République pour 56 % d'entre eux (juin 2026, après un pic à 60 % en décembre 2025)

Même si la pression redescend légèrement, une majorité absolue des Français continue de souhaiter une fin anticipée du mandat. Ces résultats montrent que cela n’est pas une simple grogne mais plutôt une crise institutionnelle profonde.
Le diagnostic final : l’opinion en juin 2026
Le tableau de synthèse est sans appel :

Tous les indicateurs restent structurellement négatifs. Les légères variations à la baisse sur certains items (honte, mauvaise direction, démission) ne modifient pas le diagnostic global : Emmanuel Macron achève son second mandat dans un état de désaveu massif et durable.
Au terme de ces 18 mois de suivi, le verdict est implacable. Malgré quelques fluctuations mineures que certains commentateurs s’empressent de qualifier de « remontée », la réalité des données montre un rejet profond, viscéral et multifactoriel.
Après neuf ans à la tête du pays, les Français n'ont plus confiance dans les mots du président. Ils ne croient pas que le pays va dans la bonne direction, ni à la capacité du président à unir les Français, encore moins à son bilan économique, ou à sa capacité diplomatique.
Ce diagnostic présidentiel n’est pas seulement une mauvaise note de popularité. Il révèle une crise de légitimité qui dépasse la personne d’Emmanuel Macron pour toucher l’ensemble du système politique actuel. À six mois des échéances électorales majeures, les responsables politiques – quel que soit leur camp – ne pourront plus ignorer ce que ce baromètre met cruellement en lumière : la France de 2026 est une nation profondément désenchantée, qui attend un changement de cap radical.
Le « Diagnostic Présidentiel » de juin 2026 restera sans doute comme l’une des analyses les plus éclairantes sur l’état réel de l’opinion publique française à la fin d’un quinquennat.
Méthodologie et marge d’erreur
L’enquête a été menée par MIS Group (Shopper Union France SAS) pour France-Soir / BonSens.org entre janvier 2025 et le 1er juin 2026, sur 1 200 répondants représentatifs, méthode des quotas.

Les marges d’erreur sont très faibles (ex. : ±2,8 points pour un résultat à 50 %).
- Source : France-Soir












