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Jeudi, 06 Août 2026

Un budget équilibré coûte que coûte : Milei veut conditionner le paiement des responsables politiques à l’absence de déficit

Auteur : Olivier Signus | Editeur : Walt | Jeudi, 06 Août 2026 - 13h59

Javier Milei veut inscrire la discipline budgétaire dans la loi avec son « grillete fiscal ».

Le principe est simple : si l’État argentin accumule plusieurs mois de déficit, le Congrès disposerait d’un délai pour rétablir l’équilibre des comptes publics.

À défaut, un mécanisme automatique serait déclenché :

 

- gel des dépenses publiques non essentielles ;
- suspension du salaire du président et du vice-président ;
- plus aucun salaire pour les ministres, députés et sénateurs ;
- maintien des dépenses essentielles liées notamment aux retraites, à la santé et à la sécurité.

La logique défendue par Milei est claire : lorsqu’un gouvernement dépense davantage que ce qu’il encaisse, les citoyens ne devraient plus être les seuls à supporter les conséquences.

Les responsables politiques perdraient eux aussi leur rémunération jusqu’au retour à l’équilibre budgétaire.

Après avoir obtenu deux années consécutives d’excédent primaire et fortement réduit l’inflation, Milei veut désormais empêcher les futurs gouvernements de recommencer à financer leurs promesses par les déficits et la création monétaire.

Il ne s’agit encore que d’une proposition devant passer par le processus législatif argentin. Mais le symbole politique est puissant :

ceux qui votent les dépenses devraient également assumer personnellement les conséquences lorsque les comptes dérapent.

Imaginez une mesure comparable en France : combien de déficits seraient encore votés si le salaire des responsables politiques en dépendait directement ?

Voir la vidéo

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***

Après la tronçonneuse, Milei entend préserver l’Argentine de l’endettement en interdisant les chèques en blanc de l’État argentin. Le président argentin Javier Milei souhaite, grâce à un nouveau train de réformes, empêcher l’État de dépenser plus d’argent qu’il n’en perçoit. Les déficits ont toujours constitué un problème majeur dans ce pays d’Amérique du Sud.

Le président argentin Javier Milei a annoncé un nouveau train de mesures législatives. Un mécanisme doit garantir que, en cas d’endettement excessif de l’État, les dépenses publiques non essentielles soient automatiquement suspendues.

Cela implique notamment la suspension des salaires des responsables politiques. Autrement dit, les responsables politiques au niveau fédéral – du président et du vice-président aux ministres et secrétaires d’État, en passant par l’ensemble des parlementaires – ne percevraient plus un seul peso. Et ce, jusqu’à ce qu’ils aient rééquilibré le budget.

« Menottes fiscales »

Javier Milei appelle cela le « grillete fiscal », ou « menottes fiscales » –, qui devrait s’inscrire dans une règle budgétaire permanente. C’est ce que rapporte le portail d’information argentin parlamentario.com.

Depuis son entrée en fonction, le président argentin s’est donné pour mission de stabiliser durablement les finances publiques et d’endiguer l’inflation.

C’est lors d’un discours télévisé diffusé à l’échelle nationale le 30 juillet que M. Milei a annoncé à cet effet un vaste programme de réformes.

Cette sorte de carcan budgétaire s’inspire globalement du « shutdown » américain. Aux États-Unis, un « shutdown » survient lorsqu’il n’y a pas d’accord politique entre l’exécutif et le législatif et que le Congrès ne peut donc pas adopter le budget.

« Mais alors qu’aux États-Unis, l’accent est plutôt mis sur le plan institutionnel, la proposition de Javier Milei vise à garantir l’excédent budgétaire », explique un membre du gouvernement au quotidien La Nacion.

Exclure le recours à la planche à billet

« Nous voulons à tout prix éviter un déficit, car c’est là le grand problème de l’Argentine », poursuit la source. Alors qu’aux États-Unis, ce mécanisme vise à imposer un accord sur le budget, le gouvernement libertaire argentin poursuit une autre stratégie.

Des projets comme celui-ci visent à garantir l’excédent budgétaire par des mécanismes législatifs. « Milei propose cela pour empêcher qu’à l’avenir, quelqu’un vienne dire : “Nous allons imprimer de la nouvelle monnaie” », a déclaré la source au journal La Nación.

Exception concernant les retraites et les programmes sociaux

M. Milei, qui est économiste de profession, considère le déséquilibre entre les recettes et les dépenses comme l’une des principales causes des problèmes économiques rencontrés par l’Argentine au cours des dernières décennies.

Selon le président argentin, comme il l’a expliqué lors de la présentation du projet, c’est la société qui paie le prix de l’endettement des budgets publics, sous forme d’augmentations d’impôts ou d’inflation.

Ne plus adopter ni maintenir un budget déficitaire

C’est pourquoi il estime nécessaire de mettre en place une réglementation qui impose un assainissement des finances publiques.

« Il s’agit d’une règle budgétaire permanente visant à garantir que l’Argentine ne puisse plus adopter ni maintenir durablement un budget déficitaire », a-t-il déclaré.

Si le budget n’est pas équilibré pendant plusieurs mois, l’État se retrouve automatiquement « à l’arrêt ». Dès que toutes les ressources budgétaires sont épuisées et qu’il n’y a plus d’argent disponible, l’État reste « à l’arrêt » jusqu’à ce qu’une augmentation du budget soit décidée.

Il y aurait toutefois des exceptions. Les retraites, les programmes sociaux, le service de la dette ainsi que les dépenses liées à la sécurité et à la défense sont considérés comme essentiels et ne seraient pas concernés par un « shutdown argentin ».

Le projet de loi de Milei prévoit en outre de nouvelles règles pour la Banque centrale argentine. Il prévoit notamment des limites plus strictes au financement des dépenses publiques par la création monétaire de la Banque centrale, et l’indépendance de cette dernière devrait être davantage garantie.


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