Wokisme ordinaire : une historienne de Cambridge racialise le jeu d’échecs
Docteur en histoire, Krisztina Ilko est chercheuse associée au Queens College et chargée de cours à la faculté d'histoire de Cambridge. Elle s’est spécialisée sur l’étude du jeu d’échecs, non sur le plan stratégique mais… racial. Sa grande théorie est qu’« au Moyen Âge, les échecs ont créé un espace où la couleur de peau ne comptait pas ».
Sa démonstration s’établit essentiellement sur un magnifique manuscrit enluminé espagnol, réalisé pour Alphonse X et daté de 1283 : le Livre sur les échecs, les dés et les jeux de table. L’intérêt des illustrations est esthétique, mais pas seulement, puisque les 103 « problèmes » étudiés mettent en scène de chaque côté de l’échiquier une grande diversité de personnages : joueurs asiatiques, blancs, noirs, des juifs, des femmes…
Pièces « racisées »… ou simplement pratiques ?
Dans les faits, les jeux d’échecs n’étaient pas systématiquement divisés en noirs et blancs, constate Krisztina Ilko. On trouve aussi du blanc et du rouge, du bleu et de l’or. Autrement dit, « les cases alternées, tout comme les pièces elles-mêmes, étaient distinguées par des couleurs contrastées ». Sa conclusion ? « Cela permettait de projeter sur le jeu des idées liées à la couleur de peau et aux perceptions raciales ».
Krisztina Ilko a-t-elle joué, une fois seulement, aux échecs ou aux dames ? Le contraste est essentiel à la bonne lecture du jeu. Les enluminures du manuscrit d’Alfonse X sont basées là-dessus : cases blanches et rouges, pièces noires et blanches. Question de confort visuel, d’efficacité dans la perception du jeu en place et, donc, dans la projection des coups à venir. Imaginons une partie d’échecs où les gris clair affronteraient les gris foncé… De quoi faire s’arracher les cheveux à Karpov et Kasparov.
Un racialisme anachronique
Tout l’article est orienté sur un supposé racisme médiéval que les échecs aboliraient. Elle est frappée par l’une des illustrations du manuscrit qui oppose « un joueur noir et un joueur à la peau pâle » - un clerc, à en juger par sa tonsure, et même « un clerc érudit ». « Pourtant, malgré ce marqueur d’intelligence, le texte indique que le joueur noir l’emportera. » Elle n’est pas loin d’y voir Bally Bagayoko face à Éric Zemmour ? Son analyse pèche. On peut être érudit et pas si bon aux échecs. Elle surestime l'intelligence des clercs, il y a des contre-exemples. Surtout, elle ne nous explique pas pourquoi, comme par magie, les échecs vaincraient le racisme. Et si le racisme médiéval occidental systémique qu’elle présuppose n’existait que dans sa tête ?
D’autant que Krisztina Ilko est passée pas loin de la solution. Lorsqu’elle écrit qu’en général, dans l’iconographie médiévale, « les personnes noires apparaissaient soit comme des figures exotiques et prestigieuses – saints ou souverains riches comme la reine de Saba –, soit comme des personnages dominés, jugés inférieurs aux chrétiens blancs », elle a l’explication sous la main mais ne s'en saisit pas. La vision médiévale n’était pas raciale ni sexiste, mais sociale, avec des classes bien définies. Cet ordre l’emportait sur d’autres considérations. La réalité invalide toute sa démonstration.
Cambridge, l’université du wokisme appliqué
L’université de Cambridge a été une pionnière des expérimentations woke. Entre autres âneries, elle a réformé son musée où les paysages anglais étaient trop « nationalistes », a publié une revue universitaire gauchie par le féminisme et le racialisme et préconisé d’employer « un langage inclusif en matière de genre et de non-binarité ». On voit que Krisztina Ilko est dans le moule.
Le site de référence phys.org présente ses travaux comme certains : « Les échecs médiévaux favorisaient l'harmonie raciale et le respect mutuel, selon les historiens. » Au cruel manque d’esprit critique s’ajoute la manipulation qui fait écrire « selon les historiens » alors que c’est « selon Krisztina Ilko » qu’il faut lire. Cette jeune historienne formera les intelligences de plusieurs générations d’étudiants avec une Histoire réécrite sous un angle woke. Au risque de nous répéter, le wokisme est une défaite de l’esprit critique.
- Source : Boulevard Voltaire












