www.zejournal.mobi
Samedi, 28 Mars 2026

Des négociations fructueuses en cours avec l’Iran? Au-delà du cirque médiatique convulsionné du « clown Rouquemoute »…

Auteur : Vincent Gouysse | Editeur : Walt | Samedi, 28 Mars 2026 - 13h22

Si avant-hier, Trump, le clown Rouquemoute annonçait des négociations fructueuses en cours avec l’Iran pour tenter de masquer sa piteuse reculade suite à son coup de poker manqué (l’ultimatum des 48H menaçant de détruire l’infrastructure énergétique iranienne), il s’avère aujourd’hui que la volonté réelle de Washington va davantage vers de pompeux effets d’annonce sonnant comme une tentative d’apaisement des marchés de l’énergie et des bourses occidentales bloquées en mode panique, que témoignant d’une réelle volonté de mettre un terme à sa Blitzkrieg 2.0 contre l’Iran…

Les exigences de Washington publiées par le New York Times hier 24 mars sont les suivantes :

– maintenir le détroit d’Ormuz ouvert

– limiter le programme de missiles (en portée et en quantité)

– utiliser les missiles uniquement à des fins de défense

– démanteler le potentiel nucléaire accumulé

– renoncer à la création d’armes nucléaires

– interdire l’enrichissement de l’uranium dans le pays

– placer le matériel déjà enrichi sous le contrôle de l’AIEA

– éliminer les installations clés de Natanz, d’Ispahan et de Fordow

– assurer un contrôle complet de l’AIEA

– renoncer au soutien des groupes par procuration

– cesser de financer les groupes armés dans la région

Ce que les États-Unis proposent en échange :

– la levée complète des sanctions. 

– une aide au développement de l’énergie nucléaire pacifique. 

– des garanties contre la réintroduction des sanctions.

A l’exception de la carotte de la « levée des sanctions » (et de ses « garanties » !), la longue liste des exigences du clown de la Maison Blanche, s’apparente à peu de choses près à une capitulation totale de l’Iran : consécration de la tutelle étrangère sur sa filière nucléaire civile, renoncement à sa capacité de dissuasion conventionnelle, pas de réparations US pour les dégâts infligés ni de reconnaissance de la souveraineté iranienne sur le détroit d’Ormuz, abandon du soutien de la Palestine et du Liban face aux sio-nazis. 

Inutile de dire que ces conditions sont dans l’ensemble absolument inacceptables pour Téhéran et le peuple iranien : elles résonnent déjà à la manière d’un Minsk 3.0 qui anéantirait l’esprit de solidarité naissant entre les peuples opprimés de la région, réduirait en outre grandement la capacité de riposte militaire de l’Iran et le mettraient donc à la merci d’une nouvelle future agression armée après réarmement/reconstitution des stocks de la coalition d’Epstein, car on sait depuis longtemps ce que vaut la parole Yankee et sio-nazie : ABSOLUMENT RIEN ! 

Au regard des contre-propositions de Washington faites par l’intermédiaire pakistanais à l’Iran, on peut conclure que les Yankees sont encore loin de reconnaitre et d’intégrer raisonnablement la défaite de leur plan de décapitation de l’Iran et sa remarquable résilience. Addict aux guerres perpétuelles, le complexe militaro-industriel (CMI) américain semble ainsi déterminé à passer le relai de la confrontation armée principale du théâtre d’opérations de son proxy ukrainien à celui de l’agression coloniale directe menée contre l’Iran… Il faudra à l’Iran, bien trop intelligent pour capituler aux conditions de l’agresseur, persévérer dans sa riposte, et augmenter le seuil de douleur (militaire comme économique) infligé à la coalition d’Epstein, pour la forcer à considérer sérieusement les intérêts et les conditions légitimes de Téhéran… 

Dans tous les cas, le pari risqué de la frappe de décapitation contre l’Iran ayant échoué, le conflit est automatiquement devenu existentiel pour les trois principaux protagonistes, et les iraniens, comme les chinois et les russes sont bien conscients, à l’instar des observateurs occidentaux les plus lucides, que son issue pourrait conduire ni plus ni moins qu’à « la chute de l’empire américain ». Nous ne vivons donc pas à l’évidence le début de la fin de l’agression coloniale contre l’Iran, mais seulement la fin du début !…

Comme d’habitude, ce sont les masses populaires des centres impérialistes d’Occident (depuis les USA jusqu’à l’Europe) qui paieront la facture finale, à court terme (inflation, récession, paupérisation absolue des masses populaires), comme à plus long terme (aggravation du déclassement économique et industriel général), à l’exception du tentaculaire CMI et des banksters de la congrégation d’Epstein qui lui sont attachés, qui vont pouvoir continuer à s’enrichir à leur dépends… Reste que malgré cette « compensation » pécuniaire immédiate, cette aventure coloniale du tandem néo-cons US/sio-nazis contre l’Iran s’avère déjà être éminemment contre-productive pour les intérêts fondamentaux à long terme des deux compères suprémacistes…

Elle va d’abord accélérer le Grand Reset militariste entamé avec le soutien au proxy bandériste, et ainsi approfondir encore davantage le gouffre entre les élites sociopathes atlantistes et leurs propres peuples,  ainsi que les divisions au sein même du IVe Reich atlantiste dont les élites, pourtant généralement soumises au leadership US, aujourd’hui aussi imprévisible que chaotique, commencent à comprendre le danger extrême auquel cette soumission excessive les a conduit

Elle va ensuite finir de consommer la rupture idéologique entre le cœur du IVe Reich atlantiste et les peuples vivant dans ses zones coloniales périphériques. L’agression coloniale contre l’Iran a déjà permis, avec le concours actif de la résistance irakienne solidaire de la résistance armée de son voisin perse, de voir le IVe Reich atlantiste être contraint de retirer dans l’urgence les troupes coloniales stationnées dans le pays, plus de six années après que le parlement irakien ait demandé le départ des troupes de la coalition internationale… 

En outre, l’Iran est en train de procéder à l’expulsion manu militari des contingents coloniaux américains stationnés au Moyen-Orient, avec la destruction méthodique simultanée de la couteuse infrastructure de dizaines de bases militaires. L’emprise coloniale du IVe Reich atlantiste s’en trouve d’ores et déjà durablement réduite et fragilisée au Moyen-Orient. Il est en outre peu probable que les ploutocraties pétromonarchiques du Golfe permettent aux Yankees de reconstruire leurs bases d’occupation en l’état, celles-ci s’étant révélées être non pas des « garanties de sécurité », mais à l’inverse des cibles hautement vulnérables ayant causé des dégâts économiques collatéraux considérables à leur pays, que ce soit à leur infrastructure pétro-gazière, à leurs exportations pétro-gazières, ou à leur industrie touristique, l’élite compradore de ces pays ayant été de facto légitimement considérée par l’Iran comme cobelligérante… Les impacts économiques majeurs infligés par l’aventure militariste US contre l’Iran aux pétromonarchies du Golfe persique aura également un impact inévitable sur le financement de la dette américaine, jusqu’alors largement soutenue par les pétrodollars…

Cette nouvelle aventure coloniale va enfin hâter la différenciation au sein des BRICS, entre les larbins serviles de l’empire yankee mourant − ceux qui cherchent sans cesse à jouer sur les deux tableaux, et ceux prêts à se mouiller, à prendre des risques en soutenant ceux qui résistent ouvertement, pour aider à l’avènement d’un nouveau rapport de forces international affranchi de la tutelle coloniale de cet empire agressif moribond… Quoiqu’il en soit, pour le IVe Reich atlantiste, le rapport de forces économique et militaire semble condamné à évoluer plus rapidement et toujours plus favorablement en faveur de l’axe Pékin-Moscou-Téhéran dont la guerre d’attrition multiforme va inévitablement précipiter encore davantage la fin de l’hégémonie coloniale mondiale séculaire et permettre l’avènement du nouveau monde qu’ils appellent ouvertement de leurs vœux : « Go East ! » (version chinoise ici), comme un écho des célébrations enthousiastes de la dislocation du social-impérialisme soviétique par l’Occident (Go West !), et les innombrables promesses déçues de sa « réalité virtuelle » dystopique contemporaine…

***

Trump annonce une suspension de 10 jours de la destruction des installations énergétiques iraniennes «à la demande de l’Iran»

par Al-Manar

Donald Trump a déclaré jeudi avoir suspendu 10 jours supplémentaires la destruction des installations énergétiques iraniennes, «à la demande de l’Iran» au lendemain de ses déclarations selon lesquelles Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre.

«J’ai suspendu la destruction des centrales énergétiques en Iran pour dix jours jusqu’au 6 avril, à la demande de l’Iran», a affirmé le président américain jeudi soir.

Et d’ajouter que «les négociations sont actuellement en cours et progressent de manière excellente, malgré les déclarations trompeuses diffusées par les médias qui contredisent la réalité».

Mercredi soir, il avait déclaré devant un parterre de parlementaires républicains réunis à Washington que les Iraniens «négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire».

«Ils ont aussi peur qu’on les tue», a-t-il lancé, au 27e jour d’un conflit qui embrase le Moyen-Orient et menace l’économie mondiale.

Selon l’AFP, aucune information n’est disponible sur le ou les dirigeants iraniens en charge des négociations évoquées par Washington.

«Les messages ne sont pas des négociations»

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l’Iran n’a «pas l’intention de négocier» et compte «continuer à résister».

Une proposition américaine pour faire taire les armes, qui, selon des médias américains et israéliens, contient quinze points, a été transmis à l’Iran par Islamabad, en bons termes avec les deux pays, selon deux hauts responsables pakistanais.

«Parfois, des messages peuvent être transmis (…) mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation», a noté Araghchi à la télévision d’État.

L’Iran veut «mettre la fin à la guerre à ses propres conditions», a-t-il souligné.

«Lorsqu’ils parlent des négociations c’est un aveu de défaite, il n’y a pas de négociations», a ajouté Araghchi selon lequel «l’ennemi n’est pas parvenu à forcer l’Iran à capituler, à diviser le pays, à changer le régime ni à briser la cohésion sociale», soulignant que les gens descendaient dans la rue chaque soir pour exprimer leur soutien aux forces armées et au régime.

Il a révélé que plusieurs ministres des Affaires étrangères de pays de la région avaient contacté Téhéran, mais que la position de l’Iran restait ferme et inflexible, ajoutant que les pays de la région n’avaient pas pris au sérieux les avertissements iraniens et qu’il existait des preuves que l’attaque contre le territoire iranien n’avait pas été menée à leur insu.

«Hors de contrôle»

Les initiatives diplomatiques se sont multipliées ces derniers jours pour tenter de mettre un terme à une guerre devenue «hors de contrôle», selon les termes du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Sans toutefois d’ouverture diplomatique jusqu’ici, estime l’AFP, même si Pékin a dit jeudi voir «des signaux en faveur de négociations» émis à la fois par les États-Unis et l’Iran.

«Ce n’est pas une guerre allemande»

Le conflit sera au menu jeudi d’une réunion en France des chefs de la diplomatie du G7, qui ne seront rejoints que vendredi par l’Américain Marco Rubio. Ce dernier voudrait les impliquer pour ouvrir le détroit d’Ormuz.

«Ce qui m’inquiète le plus dans cette guerre, c’est qu’il n’y a pas eu de consultation, il n’y a pas de stratégie, il n’y a pas d’objectif clair et, le pire de mon point de vue, c’est qu’il n’y a pas de stratégie de sortie», a lâché le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius, en visite en Australie.

Pistorius a souligné que son pays n’a pas été consulté au sujet de cette guerre ni n’a été sollicité pour y jouer un rôle quelconque, considérant qu’il ne s’agissait pas d’une «guerre allemande». Il a insisté sur le refus de Berlin d’y être entraîné.

Détroit d’Ormuz : une baisse de 95%

Selon l’AFP, le quasi blocage par l’Iran du détroit d’Ormuz, par où transite en temps normal 20% du pétrole et gaz naturel liquéfié mondiaux, a provoqué une hausse d’environ 60% des cours du brut depuis le début de l’attaque israélo-américaine le 28 février.

Jeudi, les cours du baril de pétrole, tant du Brent, référence mondiale, que du WTI, référence américaine, remontaient à nouveau après un léger repli la veille, alors que l’Iran a dit autoriser le passage de navires de pays «non-hostiles».

Le trafic des navires dans le détroit a subi une baisse de 95%, a révélé Marine Traffic, selon la télévision d’état iranienne.

Selon Araghchi, l’Iran a autorisé le passage de la Chine, de la Russie, de l’Inde, de l’Irak, du Pakistan et de certains pays qu’il considère comme amis, soulignant qu’il n’y avait aucune raison d’autoriser le passage des ennemis.

Dépendant quasiment entièrement de pétrole transitant par Ormuz, le Japon a annoncé jeudi devoir puiser pour la deuxième fois dans ses réserves stratégiques, selon l’AFP.

La Banque mondiale a affirmé que le conflit au Moyen-Orient affecte les prix des matières premières et la logistique, en particulier sur les marchés émergents, notant que les perturbations des routes maritimes augmentent les coûts et étendent les risques d’approvisionnement aux secteurs de l’énergie et des engrais.

source : Al-Manar


- Source : Marxisme Online

Cela peut vous intéresser

Commentaires

Envoyer votre commentaire avec :



Fermé

Recherche
Vous aimez notre site ?
(230 K)
Derniers Articles
Articles les plus lus
Loading...
Loading...
Loading...
 
 

Contribuer au journalisme de ZeJournal

Faites un don pour nous aider à poursuivre notre mission d’information

Faire un don

( En savoir plus )