Iran. Les négociateurs étasuniens bloquent toute avancée avec leurs exigences déraisonnables
Aujourd’hui, le troisième cycle des négociations en cours entre les États-Unis et l’Iran se déroule à Genève. Après trois heures, les pourparlers ont été interrompus pour permettre aux négociateurs de communiquer avec leurs gouvernements. Ils sont censés continuer plus tard aujourd’hui.
L’Iran continue d’offrir des réductions de son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, insiste pour obtenir des résultats tangibles :
”Les discussions d’aujourd’hui ont été très sérieuses, et nous espérons que dans les discussions qui auront lieu ce soir, nous verrons une poursuite du dialogue sur la levée des sanctions et les questions nucléaires, cette fois de manière plus opérationnelle, avec des propositions pratiques et des initiatives exécutables”, a annoncé Baghaei.
Si Baghaei insiste sur ce point, c’est un signe que les conditions offertes par la délégation américaine étaient vagues et manquaient de détails.
Avant le début de la rencontre d’aujourd’hui, le Wall Street Journal a publié une liste (archivée) des exigences étasuniennes. Elles sont :
- Le démantèlement de ses trois principaux sites nucléaires, à Fordow, Natanz et Ispahan
- La livraison de tout l’uranium enrichi restant aux États-Unis
- Accepter des restrictions permanentes sans dates limites
- Pas d’enrichissement, avec possibilité d’un faible enrichissement à des fins médicales
En échange de cela, les États-Unis n’offrent rien de tangible :
Les États-Unis n’offrent qu’un allégement minimal des sanctions à l’Iran dans le cadre d’un accord. Ils veulent voir l’Iran se conformer aux conditions pendant une période prolongée et, si elles sont jugés conformes à l’accord, ils pourraient à terme demander plus d’allégement des sanctions et d’autres avantages, ont déclaré les responsables.
Pourquoi les États-Unis pensent-ils que l’Iran pourrait être prêt à tout abandonner en échange de rien ?
Si les demandes publiées par le WSJ sont réelles, les négociations n’iront nulle part car elles violent plusieurs des lignes rouges iraniennes.
L’administration Trump manquera ainsi une autre voie de sortie pour sa menace autodestructrice de bombarder l’Iran.
En conséquence, le lobby sioniste augmentera la pression sur le président Trump pour changer le régime de la République islamique.
Mais l’administration Trump n’a aucun soutien public pour une telle entreprise. Pour améliorer la « politique » menant à une frappe, Israël tirera la première salve d’une nouvelle guerre.
Alors que l’administration réfléchit à une action militaire en Iran, les responsables affirment qu’il serait préférable qu’Israël fasse le premier pas.
“On pense dans et autour de l’administration que la politique serait bien meilleure si les Israéliens partent les premiers et seuls et que les Iraniens ripostent contre nous et nous donnent plus de raisons d’agir”, a déclaré l’une des personnes familières avec les discussions.
L’Iran a promis de répondre à toute frappe, que ce soit des États-Unis ou d’Israël, par de sévères frappes de représailles contre les deux. Israël n’attaquera pas l’Iran sans le soutien ou l’accord des États-Unis et les États-Unis ne frapperaient pas sans avertir Israël de se préparer à une riposte.
Mais il est douteux que la question de savoir qui a effectué la première frappe contre l’Iran, Israël ou les États-Unis, change la perception du public vis-à-vis de ce nouveau conflit.
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.
- Source : Moon of Alabama (Etats-Unis)












