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Jeudi, 12 Févr. 2026

Yaël Braun-Pivet : Son passé dans le cabinet Temime explique-t-il son opposition à la commission d’enquête sur l’affaire Epstein ?

Auteur : Yoann | Editeur : Walt | Jeudi, 12 Févr. 2026 - 13h51

Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, oppose une fin de non-recevoir magistrale à toute commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Epstein. Une position qui, à la lumière de son parcours initial au cabinet de l’avocat Hervé Temime, dénote une cohérence troublante. L’interrogation est légitime : l’ancienne pénaliste a-t-elle contracté, au contact des puissants, une allergie durable à la transparence ?

Les années Temime : une école de l’entre-soi judiciaire

Née à Nancy en 1970, Yaël Braun-Pivet a forgé son ardeur au prestigieux – et redouté – cabinet d’Hervé Temime. De 1996 à 2003, la jeune avocate y a appris les arcanes de la défense pénale d’envergure, côtoyant une clientèle que les faits divers adorent. Après une parenthèse à l’étranger suivie d’un engagement « caritatif » aux Restos du Cœur – virage opportun vers le social –, elle se lance en politique. Son ascension, rapide, la porte à la présidence de l’Assemblée en 2022. Elle garde de Temime, décédé en 2023, le souvenir d’un « mentor » « habile » et « brillant ». Des qualificatifs qui, dans le milieu, valent souvent pour l’éloge du tactique plus que de l’éthique.

Un cabinet spécialisé dans l’art d’étouffer les scandales

Le cabinet Temime n’était pas un bureau d’aide juridique quelconque. Il constituait la forteresse de choix pour personnalités éclaboussées par des affaires de mœurs ou des délits financiers. Roman Polanski, Gérard Depardieu, Richard Berry ou Patrick Bruel : la liste des clients ressemble à un bottin mondain de l’après-scandale. L’allégation qui circule sur les réseaux sociaux concernant Jean-Luc Brunel, le recruteur français de jeunes filles pour Epstein, n’est en revanche étayée par aucune source probante. Qu’importe : l’atmosphère du lieu, baignée dans la défense d’accusations sordides, suffit à planer comme un parfum de soufre. Yaël Braun-Pivet a quitté le navire en 2003, bien avant l’explosion médiatique de l’affaire Epstein, mais le vernis professionnel, lui, semble indélébile.

Le réflexe d’une habituée : enterrer la demande, invoquer la séparation des pouvoirs

Interrogée sur Europe 1 ce 10 février 2026, la présidente de l’Assemblée a opposé un refus catégorique à la proposition de La France insoumise. Prétexte avancé : une commission d’enquête créerait une « concurrence avec la justice » et une « confusion des pouvoirs ». Argument classique, usé jusqu’à la corde par ceux qui préfèrent l’opacité des prétoires à la lumière crue de l’hémicycle. La gauche dénonce une manœuvre d’obstruction, rappelant que justice et parlement peuvent œuvrer de concert, comme l’ont montré d’autres démocraties. Mais madame la présidente, rompue à la défense des causes difficiles, sait que le temps judiciaire est un excellent allié contre le scandale public.

Un conflit d’intérêts à la française ?

Le parcours de Yaël Braun-Pivet dessine une ellipse parfaite : des bureaux feutrés où l’on défend les puissants accusés, au perchoir d’où l’on bloque l’investigation sur leurs réseaux supposés. Elle incarne une forme de porosité élitaire qui répugne à s’exposer elle-même. Aucune preuve ne la lie directement à Epstein, mais la défense systématique de l’opacité judiciaire face à la demande démocratique d’éclairage interroge. Dans cette affaire, les seules lumières qu’elle semble prête à allumer sont celles, tamisées, des cabinets d’avocats.


- Source : Le Média en 4-4-2

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