Regime change à Washington
Trump a donné sa feuille de route : Iran, puis Cuba. Pendant que la Russie est occupée en Ukraine, à l’image de l’ex-URSS des années 90 occupée à se remettre de 70 ans de communisme, donnant l’occasion aux néocons américains de détruire ce que Bush fils appellera l’axe du mal, Trump reprend le fil de la stratégie du pouvoir profond incarné par la paire Rumsfeld-Cheney.
Custer sous amphétamine
Cependant, Trump conserve une porte de sortie dans le déjà bourbier iranien, puisque toute la région encaisse le choc. La défense anti-aérienne koweitienne a abattu trois F-15 américains, la plus grande raffinerie saoudienne a pris feu, la vitrine Dubaï est tétanisée par la pluie de missiles iraniens, et les villes israéliennes sont à nouveau en panique.
🫰🇫🇷 Il traite les Français de "blédards au RSA", tout en vivant illégalement grâce à nos impôts.
— The News (@thenews_fr) March 3, 2026
Le Rav Itshak Cohen, dont les prêches hostiles à l'unité nationale et à la sécurité du pays devraient faire l'objet de poursuites, vient d'achever une tournée en France. Il y a été… https://t.co/5zFlLjNI2c pic.twitter.com/vg00nxQQ6k
N’écoutez pas les sous-rav qui disent que tout va bien, la réalité, c’est celle-ci :
🇮🇷🚀
— Un Franco-Turc 🇫🇷🤝🏼🇹🇷 (@unfrancoturc69) March 1, 2026
Les habitants de Tel-Aviv 🇮🇱 pris de panique pour s’infiltrer dans un bunker surchargé.
En même temps, c’est eux qui ont choisi cette vie. C’est eux qui ont soutenu Netanyahu. Voilà ce qu’il offre à son peuple. 👏🏻 pic.twitter.com/oX1DDJL4w3
Trump laisse-t-il ses partisans croire, au prix d’une certaine perte d’autorité, que c’est le duo Netanyahou-Salmane qui lui a forcé la main, histoire de se défausser sur Israël et son allié arabe, et de faire porter le chapeau à Netanyahou, qu’il déteste ? Ce faisant, il ferait monter l’antisionisme aux USA sur le dos de l’Iran, dont il se fout, au fond.
LARRY JOHNSON (EX-CIA) DÉMONTRE LA MÉCONNAISSANCE TOTALE DE TRUMP SUR L’IRAN !
— Camille Moscow 🇷🇺 🌿 ☦️ (@camille_moscow) March 2, 2026
Larry Johnson, ancien analyste CIA affirme que Trump a gobé la propagande US qu’il a lui-même aidée à créer – « la grande majorité des Iraniens veulent se débarrasser de l’ayatollah » – et l’a prise… pic.twitter.com/4FSVMRGvSp
C’est ainsi que l’on peut comprendre la sortie anti-israéliste de Tucker sur le Mossad, fauteur de terrorisme sous faux drapeau.
🚨🇺🇸🇮🇱 ALERTE INFO | « Hier soir, au Qatar et en Arabie saoudite, les autorités ont arrêté des agents du Mossad qui prévoyaient de commettre des attentats à la bombe dans ces pays. Maintenant, c'est bizarre. » déclare Tucker Carlson pic.twitter.com/f7Wu6xALpX
— Citizen Média 🗞️ (@CitizenMediaFR) March 2, 2026
Comment comprendre autrement ce paradoxe ? Tucker envoie un narratif clin d’œil à la base MAGA, qui ne comprend pas le revirement interventionniste et belliciste de Trump. Chercher la logique, toujours, le seul fil rouge qui prend en compte tous les faits, et qui n’en laisse aucun en route parce que ça l’arrangerait.
Cette ingénierie politique hyper tordue a des conséquences certaines : la fin d’une crédibilité diplomatique, la perfidie érigée en art, mais cela ferait monter l’antisionisme aux USA, et en Europe, qui sera touchée elle aussi, éventuellement par du terrorisme iranien, ou israélien sous faux drapeau ! Car Israël voudra se dédouaner rétroactivement de ses massacres, en organisant de grands attentats de masse « iraniens » en Europe. Ils on l’habitude de faire porter le chapeau aux Arabes ou aux musulmans.
Terrorisme d’Etat–«Faux drapeau», «explosion contrôlée»: quand Israël fait sauter ses propres ambassades pour retourner l’opinion publique
— Kompromat (@kompromatmedia) March 3, 2026
Annie Machon, ancien officier du renseignement britannique du MI5, le contre-espionnage domestique britannique:
«C’était un engin très… pic.twitter.com/MN0yB1w0gg
D’ailleurs, ce bon gros Nunez vient de monter la sécurité d’un cran sur les représentations israéliennes et américaines en France, plus tous les lieux juifs, gardés comme des trésors nationaux. On peut s’attendre à un Bataclan iranien, juste après la guerre des 40 jours – soit les 4 à 5 semaines dont parle Trump, toujours rester dans la symbolique biblique – et pourquoi pas un Bataclan palestinien, puisque la France a ouvert ses portes aux réfugiés de Gaza. Tout est en place pour le show.
L’attitude de Trump ne peut se comprendre autrement, sinon il est atteint de sénilité, comme Biden. Mais la perfidie dont parle Baud, l’intelligence tordue ne cadre pas avec la dégénérescence mentale. Netanyahou, lui, a ce qu’il veut : un régime iranien décapité. Mais les têtes repousseront, et plus dures encore. Les rhinocéros naissent aujourd’hui sans cornes… Personne en Iran ne peut croire que Netanyahou est leur ami.
L’image de l’Israël de Netanyahou est désastreuse, la Shoah a disparu à Gaza, le chantage moral est terminé. Tout le mensonge israélien a été jeté à la face du monde. Ce sera dur de remonter la pente. Même avec l’arme atomique dans les mains de tarés.
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Trump ou le syndrome Barbarossa : Iran, le blitz de trop ?

La politique est impitoyable, et Trump, qui avait bien commencé son deuxième mandat en flinguant le woke par les réseaux sociaux et ses adversaires par le réseau Epstein, cherchant la paix avec Poutine en Ukraine et dealant avec l’Iran dans le dos des Israéliens, connaît sa première défaillance, comme Ulrich face à Pantani dans le Galibier lors du Tour 1998.
Bienvenue dans le merdier
William Reymond, qui est un indécrottable démocrate anti-Trump rabique, qu’on a déjà épinglé ici pendant les deux campagnes de Trump, a fait une émission avec les infos du moment : pas de pitié pour Hillary et ses huit heures d’inquisition. Parfois, pour chaque côté de la barrière, il est bon de sortir de sa zone de confort.
Trump, Iran : chaos à la maison blanche | La Chute https://t.co/Sy6iTSD0lK
— William Reymond (@WilliamReymond) March 2, 2026
Longtemps, les anti-MAGA ont comparé Donald à Hitler, ce qui est idiot. Mais cette comparaison a un sens, pour les événements actuels.
Hitler en 1940-41 a été emporté par ses victoires éclair, ces blitz auxquels ses généraux ne croyaient pas (sauf Guderian, son fer de lance), en Belgique, en Hollande et en France, sans parler de ses victoires sans coup férir en Tchécoslovaquie et en Autriche. La campagne de Pologne, qui promettait d’être complexe, a été pliée en 35 jours. Mais il a fallu au préalable endormir l’ogre soviétique, seule crainte d’Hitler, avec un pacte.
Trump, qui estime être en avance sur sa feuille de route, a peut-être fait son blitz de trop. L’ivresse des premières victoires peut mener à une défaite majeure, du moins à un bourbier. Au jour 4, on ne sait toujours pas ce que cherche le POTUS. Car les buts de guerre ont changé : on est passé de la neutralisation du programme nucléaire (l’obsession d’Israël, seule puissance nucléaire de la région) à celle du programme balistique. Bientôt la neutralisation du programme économique ?
Humiliation...
— Marcel D. (@DubreuilhMarcel) March 2, 2026
Mark Levin : « C'est notre premier président juif »
Trump : « C'est vrai. C'est vrai » pic.twitter.com/QyuWsgwRPu
Ce n’est donc pas (uniquement) sur influence juive, de Netanyahou ou Levin, de l’AIPAC et ses milliardaires ou des congressistes et sénateurs achetés, que Trump a agi : il a mis un temps les juifs (de gauche) au pas avec la divulgation des fichiers Esptein, mais il veut vaincre son « URSS », affaiblir le camp russo-chinois, dont l’Iran est l’allié précieux au Proche-Orient.
Malgré la réponse iranienne qui ne sent pas la reddition, il estime que l’opération militaire est « nettement en avance » sur le calendrier prévu. C’est le mot d’ordre, repris par Marco Rubio : « Nous sommes en avance par rapport à notre calendrier. » C’est qui, notre ? Au Jour 4, on parle de quatre semaines de guerre. Au-delà, le risque est majeur : il faudra réparer tout le Golfe, et l’Arabie saoudite, qui a pactisé avec Israël, pourra un jour être sur la liste du Grand Israël.
Si l’Iran n’est pas écrasé, ses voisins, qui ne pèsent rien sans l’Amérique, seront à sa merci. Et Israël, sans l’Amérique, n’est rien non plus : la survie de cet État artificiel ne tient qu’à un (coup de) fil avec la Maison-Blanche.
« Sept guerres en cinq ans. Ce n’est pas Washington qui utilise Israël — c’est Israël qui utilise Washington. » — Jeffrey Sachs
— Camille Moscow 🇷🇺 🌿 ☦️ (@camille_moscow) March 1, 2026
Sachs reprend la thèse du « plan des sept guerres » et accuse directement le courant néoconservateur américain — citant surtout Benjamin Netanyahu.… pic.twitter.com/bDleeApjOn
Victorieux pour l’opinion publique dans ses guerres éclair contre la Chine avec ses droits de douane, contre le Venezuela avec son regime change (même si les choses se compliquent par la suite, hors caméra), Trump, tout seul, contre l’avis d’une partie du Pentagone et du département d’État, croit pouvoir vaincre l’Iran sans coup férir, c’est-à-dire prendre Moscou avant Noël. Les soldats allemands ne devaient-ils pas fêter Noël à Moscou ?
Pour l’instant, l’armée iranienne souffre, cernée par les bases US et européennes dans le Golfe, sa flotte (onze navires) ayant été détruite dans le golfe d’Oman. Mais quid de la population ? Où sont les manifestants anti-régime, anti-Khamenei ? Pourquoi ne prennent-ils pas les armes contre les gardiens de la révolution ? Où sont les Iraniens pro-américains ? À Jérusalem, comme Reza Pahlavi ?
He got his daughter married to a Jewish businessman to get closer to Israel pic.twitter.com/uwE1bdAll0
— Shahid Qazi (@QaziShahid786) March 2, 2026
Il est à craindre que les bombardements israélo-américains n’amènent l’Iran à l’âge de pierre, comme l’Irak il y a 23 ans, puisque Israël vise maintenant les sites industriels, plus seulement militaires. Cependant, les buts de guerre de Trump, qui se mélangent avec ceux de Netanyahou, ne sont pas aussi clairs. Si comme le dit Husson Trump devient le fossoyeur de la puissance américaine, qui n’a plus que l’écrasement d’un seul pays pour prouver sa force, il se peut que l’Iran devienne le fossoyeur de Trump.
La clé, c’est le timing : si la guerre échappe au contrôle de Trump, s’il ne retient pas le chien fou Netanyahou (qui est son néocon au Proche-Orient), c’est lui qui prendra cher. S’il siffle la fin de la récré en disant, à sa façon, qu’il a gagné et que tous les objectifs ont été atteints, il pourra sauver la face, réussir sa Coupe du monde et affronter les midterms avec sérénité. Ça fait beaucoup de si.
- Source : E&R












