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Mercredi, 11 Févr. 2026

Recasage de Montchalin : la Cour des Comptes devient-elle l’antichambre de la République Bananière ?

Auteur : Éric Verhaeghe | Editeur : Walt | Mercredi, 11 Févr. 2026 - 14h44

Certains symboles ne trompent pas. Dans une France qui se targue encore, entre deux 49.3, d’être une « démocratie exemplaire », la nomination d'Amélie de Montchalin à la Cour des Comptes agit comme un révélateur chimique. Ce n’est plus de la politique, c’est de l’éthologie : celle d’une caste qui, sentant le sol se dérober sous ses pieds, verrouille les issues et s'assure une retraite dorée aux frais de la bête de somme fiscale.

L’État-stratège ou l’État-placement ?

Rappelons les faits pour ceux qui auraient encore l'audace de croire à la méritocratie républicaine. Après un échec électoral cuisant et une sortie du gouvernement, que devient une figure de la Macronie ? Elle ne retourne pas dans le secteur privé — ce monde « barbare » où l’on doit produire de la valeur pour survivre. Non, elle est exfiltrée vers les sommets de la Rue Cambon.

La Cour des Comptes, censée être le rempart contre la gabegie publique, devient ainsi le cimetière des éléphants d’un régime à bout de souffle. Comment espérer qu'une institution puisse juger avec impartialité la dérive des finances publiques quand elle sert elle-même de variable d'ajustement pour le confort des amis du Prince ?

Le symptôme d'une dérive tropicale

Nous y sommes. Le propre de la « République bananière », ce n’est pas seulement l’instabilité, c’est la confusion totale entre les intérêts de la clique au pouvoir et les institutions de contrôle.

  • L'entre-soi permanent : On se nomme entre pairs, on se protège entre obligés.
  • L'irresponsabilité politique : Le suffrage universel vous rejette ? Qu’à cela ne tienne, le décret de nomination vous sauve, et pour 28 ans de mandat, s'il vous plaît !
  • Le mépris du contribuable : Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Pendant que le libertarien réclame une réduction drastique du périmètre de l’État, ce dernier continue de s’hypertrophier pour nourrir ses propres rejetons.

Une Cour sous influence

Comment Amélie de Montchalin pourra-t-elle, demain (et j'insiste : pendant 28 ans ! car, âge de 40 ans, elle peut rester 28 ans en poste...), valider des rapports dénonçant l'inefficacité de l'action publique alors qu'elle incarne précisément cette technocratie hors-sol qui a échoué à réformer le pays ? C’est confier les clés de la cave à un renard qui jure, la main sur le cœur, qu’il est devenu végétarien.

Cette nomination est un crachat au visage de ceux qui travaillent. Elle confirme que, pour la Caste, l’État n’est pas un outil au service du Bien Commun, mais une compagnie d’assurance tous risques pour politiciens en disgrâce.

La France ne descend pas en ligue 2 ; elle s’installe confortablement dans le folklore des régimes où la proximité avec le palais remplace le talent, et où le budget de l’État sert de caisse noire pour les copains. Messieurs les censeurs de la Cour, ne demandez plus pourquoi les Français ne croient plus en l'impôt : vous en êtes l'explication la plus flagrante.


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