La visite de Netanyahu à Trump signale-t-elle une attaque imminente contre l’Iran ?
La pression monte sur Donald Trump pour qu’il attaque l’Iran. Outre le groupe aéronaval américain qui est positionné dans la mer d’Oman au sud de l’Iran, les États-Unis sont en train de rassembler un nombre important de moyens aériens – principalement des F-35 – dans la région. Plus inquiétant encore, le Premier ministre israélien, Bibi Netanyahu, a avancé son voyage aux États-Unis d’une semaine. Il devait auparavant arriver le 18 février mais, à sa demande, a avancé la réunion au 11 février. Pourquoi cette urgence ?
Nous obtenons notre premier indice de la presse israélienne. Les médias sionistes décrivent la prochaine visite de Netanyahu aux États-Unis comme un voyage urgent et à enjeux élevés axé sur la politique iranienne, après les récents pourparlers indirects américano-iraniens à Oman et les tensions régionales en cours. La couverture des principaux médias (Times of Israel, Jerusalem Post, Haaretz et d’autres) au début des 8 et 9 février 2026, met en évidence les points clés suivants :
Objectif : L’ordre du jour principal est les négociations américano-iraniennes, Netanyahu visant à faire pression pour un accord plus large qui inclurait des limitations sur les missiles balistiques iraniens, la fin du soutien aux forces proxys (par exemple, le Hezbollah, les Houthis) et d’autres exigences allant au-delà du simple programme nucléaire.
Attentes israéliennes : Des articles (par exemple, Times of Israel, Ynet, Jerusalem Post) indiquent que Netanyahu veut l’assurance que Washington tiendra compte des préoccupations d’Israël en matière de sécurité. Certaines sources disent qu’il pourrait présenter ou discuter de plans d’attaque israéliens potentiels si l’Iran franchissait des “lignes rouges” sur les questions de missiles/nucléaires. Des responsables israéliens de la défense auraient informé leurs homologues américains que le programme de missiles de l’Iran constitue une menace existentielle et qu’Israël était prêt à une action unilatérale si nécessaire.
Contexte et urgence : La visite intervient peu de temps après les pourparlers indirects américano-iraniens (le 6 février à Oman), qu’Israël considère avec scepticisme. Les médias notent la volonté d’élargir l’agenda au-delà des seules questions nucléaires, car Trump a suggéré qu’un accord plus restreint pourrait suffire. La couverture médiatique montre que Netanyahu cherche à influencer la diplomatie américaine pour qu’elle s’aligne sur les intérêts israéliens, en particulier après les récentes sanctions américaines contre l’Iran dans la foulée des pourparlers d’Oman.
La réunion de la semaine dernière entre les États-Unis et l’Iran a déclenché la panique chez les sionistes. Le dernier article de Stephen Bryen sur SubStack est illustratif. Il écrit :
"Si l’idée du président Trump est de faire traîner les pourparlers avec l’Iran et de se retrouver avec un sac vide, alors son homme est Witkoff. Parce que Witkoff est dans le domaine de la « négociation« . S’il ne peut pas tenir de réunions de haut niveau, il rentre chez lui. Witkoff ne lâche pas facilement….
Laisser trainer est la stratégie iranienne. N’offrir rien d’autre que des intentions “pacifiques”, et le faire pendant des semaines de “négociation”, puis dire aux Américains de rentrer chez eux. C’est pourquoi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié les pourparlers à Oman de “bon début”.
En effet, cela l’était. Tout d’abord, les Iraniens ont clairement indiqué qu’ils ne discuteraient de rien d’autre que de la question nucléaire. Il ne pourrait y avoir aucune discussion sur les missiles, ni sur les problèmes internes (c’est-à-dire les manifestants et la répression du régime qui a tué des dizaines de milliers de personnes). De plus, les Iraniens ont dit à la délégation américaine qu’ils ne discuteraient pas de leur droit d’enrichir de l’uranium, ni ne parleraient de transférer de l’uranium déjà enrichi hors du pays. (Le président Poutine avait déjà dit à Araghchi que Moscou accepterait l’uranium iranien si cela faisait partie d’un accord, même s’il appartiendrait toujours à l’Iran)…
La vraie tragédie n’est pas seulement l’échec à réduire le programme nucléaire. C’est la décision des États-Unis d’autoriser les pourparlers à avoir lieu en acceptant les conditions de départ de l’Iran. Supprimer des problèmes majeurs, en particulier celui du sort du peuple iranien, est une énorme erreur. C’est encore pire que la déclaration précédente de l’administration Trump disant que les États-Unis ne cherchaient pas à changer de régime en Iran, offrant aux mollahs une énorme victoire sans frais.
Il existe de meilleurs moyens de dialoguer avec le régime iranien que cette catastrophique réunion à Oman".
Stephen est un sioniste avéré, mais il n’est pas fou comme Smotrich ou Ben-Gvir le sont. Permettez-moi d’expliquer pourquoi les opinions de M. Bryen sur ce qui s’est passé à Oman la semaine dernière méritent votre attention. Stephen est un éminent expert américain sur la défense, un stratège et chercheur principal dans des organisations comme le Center for Security Policy et le Yorktown Institute. Il a été sous-Secrétaire adjoint à la Défense pour la Politique de sécurité commerciale (1981-1988) sous Ronald Reagan, où il a fondé et dirigé la Defense Technology Security Administration (DTSA), se concentrant sur le contrôle des transferts de technologie vers les pays adversaires.
Je connais M. Bryen et je l’aime bien. Il est un analyste respecté et écrit généralement des articles qui mettent l’accent sur les faits plutôt que sur l’émotion. L’article que j’ai cité ci-dessus montre une explosion inhabituelle d’émotion et de colère. Si quelqu’un comme Stephen réagit de cette façon, alors vous devinez que tout l’AIPAC est en armes. Donald Trump doit faire face à une pression sans précédent de la part de ses partisans sionistes pour frapper l’Iran.
Je ne sais pas si l’attaque aura lieu cette semaine ou la semaine prochaine, mais la pression politique des donateurs juifs de Trump est à son maximum et ne montre aucun signe de ralentissement. La dernière rencontre entre Trump et Netanyahu, le 29 décembre, était une session de coordination sur la tentative d’alimenter une révolution de couleur en Iran. Elle a échoué. Je crois que l’objectif principal de Bibi est d’amener Trump à appuyer sur la gâchette et tirer sur l’Iran.
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.












