Du ministère de l'Agriculture à Nestlé, il n'y a qu'un pas
Le 12 janvier, Anne-Charlotte Neau-Juillard, ex-conseillère communication du ministère de l’Agriculture, a pris la tête de la communication et de la RSE de Nestlé Waters France. Un recrutement qui a des airs de pantouflage, alors même que le géant de l’eau est fragilisé par une affaire de fraude.
À peine sortie des couloirs du ministère de l’Agriculture, Anne-Charlotte Neau-Juillard traverse le miroir pour rejoindre Nestlé Waters France. Un passage éclair du public au privé qui tombe mal pour une multinationale déjà soupçonnée d’avoir bénéficié d’une complaisance de l’État dans un dossier de fraude sur la qualité de l’eau.
Comme le rapporte Reporterre, pendant près d’un an, la communicante officiait au service presse d’Annie Genevard. Depuis le 12 janvier, elle pilote désormais la stratégie d’image et de responsabilité sociale du groupe Nestlé Waters. Un profil rodé aux éléments de langage, passé par Showroomprivé et l’agence Taddeo, désormais chargé de vernir la réputation d’un acteur industriel sous pression. L’information, révélée par Contexte, illustre une mécanique bien connue...
Le fait pour un haut fonctionnaire d’aller travailler dans une entreprise privée peut « poser des problèmes éthiques et déontologiques et générer des situations de conflits d’intérêts », rappelle Transparency International. C'est ce qu'on appelle du pantouflage... Lorsque l’entreprise concernée évolue dans un secteur étroitement régulé par l’État, et fait l’objet de soupçons graves, la question dépasse le simple choix de carrière pour devenir un enjeu démocratique.
En creux, cette nomination interroge la porosité entre pouvoir politique et intérêts industriels. Elle rappelle surtout que la communication n’est jamais un art innocent, mais une arme stratégique.
- Source : France-Soir










