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Mercredi, 24 Avr. 2024

L’arme nucléaire : Macron aux commandes

Auteur : Benoit Tement | Editeur : Walt | Mardi, 06 Févr. 2024 - 18h33

Première partie : Le corps sain

La dissuasion nucléaire française représente un ensemble large de moyens, de techniques, de savoir-faire et surtout d’hommes qui ont su mettre en œuvre un outil respectant un cahier des charges évolutifs. Bravo à eux ! C’est le corps de la dissuasion nucléaire.

Cet outil est le produit d’une triple articulation :

 

  • Scientifique
  • Technologique à décomposer entre têtes / vecteurs / porteurs
  • Stratégique / politique /économique

La conquête scientifique de l’atome a commencé avec la création du CEA (Commissariat à l’Énergie atomique) à double vocation, militaire et civile, une volonté du général de Gaulle.

Le triptyque, chercheurs / ingénieurs / stratèges, a fonctionné à merveille, jusqu’à aujourd’hui.

Les ingénieurs ont su construire un pont opératif entre la science fondamentale, et la planification politique/militaire. Il se décompose en trois étages, tous hautement techniques et impactant fortement la géographie militaire par des infrastructures qui pourraient être considérées comme un quatrième étage à part entière, et nécessaire à la mise en œuvre du tout. (Bases militaires (Albion / Ile longue /etc.)).

Les trois étages techniques peuvent se résumer ainsi :

  • Les têtes nucléaires
  • Les vecteurs nucléaires
  • Les porteurs

Les tableaux suivants démontrent la souplesse de la mise en œuvre de la stratégie de dissuasion. Les chercheurs ont réussi à maîtriser toutes les capacités de l’atome dans sa déclinaison militaire. Ils ont également réussi à mettre en œuvre un panel complet d’armes, et les stratèges ont modulé cet ensemble en fonction de la réalité géopolitique mondiale et des contraintes de coûts.

Un petit résumé :  La recherche

L’Ingénierie

La Doctrine (quelques dates)

Le graphique suivant montre de manière synthétique la cohérence et l’évolution entre les trois éléments constitutifs d’une dissuasion nucléaire réussie : La recherche fondamentale, la mise en place d’un outil opérationnel performant, et l’évolution doctrinale de l’arme. 

La dissuasion nucléaire française, on le voit, est une construction complexe, évolutive, réactive, et extrêmement performante. Le rapport n°560 du Senat, daté de mai 2017, faisait un point de situation précis. (1)

Cet ensemble musclé peut être comparé au corps sain. Mais l’outil sans une intelligence dans sa maîtrise risque la décrédibilisation, une dévalorisation, et à terme une disqualification.

Prenons l’exemple de l’énergie atomique civile.

EDF/Framatome

Nous pourrions montrer de la même manière que pour le nucléaire militaire, le nucléaire civil a été un outil formidable au service du développement économique du pays. Il est le fruit d’une planification volontaire de long terme et a su associer les décisions politiques aux réussites technologiques et industrielles jusqu’aux années 2000, voire 2010.

Et là, nos élus, épris du compromis politique, et ne faisant aucun effort de planification dépassant 5 ans ont déconstruit EDF pour en faire ce qu’elle est aujourd’hui ! Il s’agit d’une démonstration sérieuse de ce qu’il pourrait advenir à notre dissuasion nucléaire.

Les auditions de Nicolat Hulot et Mr Arnaud Montebourg au Sénat les 28 février 2023 et 1er Mars 2023 sont édifiantes (en particulier à partir de 40’ et plus chez Montebourg). Ces auditions n’ont, à ma connaissance, débouché sur rien, ni réprimande, ni correction, ni mise en examen, ni leçons apprises. Pour moi il y a trahison avérée et matière à poursuites.

Dans un nouveau monde ou la décision politique est décorrélée de la réalité, ou les scientifiques du GIEC ont audience magistrale dans les médias, les scientifiques et ingénieurs d’EDF ne sont donc pas écoutés.

Il convient de faire le parallèle avec notre bel outil de défense et donc de vérifier quels seraient les gardes fous qui pourraient lui éviter un tel funeste avenir. Je n’en trouve aucun d’autant que l’arme atomique est une prérogative de l’enfant roi.

Quelques contradictions doctrinales

La dissuasion est définie par un certain nombre de concepts rappelés ou pas par chaque président, actuellement sous forme de discours. Cette imprécision dans le rappel des grandes lignes de la dissuasion nucléaire amène à une vision floue de celle-ci. Il ne s’agit pas d’un flou quant au moment de la mise en œuvre de l’arme, mais d’un flou qui peut déboucher sur une problématique doctrinale :

  • François Hollande dans son discours d’orientation limitait l’usage de l’arme nucléaire aux adversaires possédant déjà l’arme atomique. D’un autre coté la dissuasion nucléaire s’applique à garantir notre souveraineté sur toutes nos terres et nos ZEE maritime. Quelle règle s’applique dans l’hypothèse d’une invasion de nos iles Eparses par Madagascar ?
  • Macron ancre la dissuasion nucléaire dans un dispositif plus large. Il la met au service de l’OTAN et de l’UE. (A Revue Nationale Stratégique .pdf). Et pourtant, rien ne nous interdit de penser que parmi les pays de l’OTAN, et même parmi les pays de l’EU, un ennemi puisse apparaitre rapidement.
  • Les États-Unis pourraient ne plus être l’allié déclaré. Ils pourraient, en cas de Frexit et d’abandon de l’OTAN par la France, être agressif et menaçant. Je ne vois pas pourquoi, de facto, ce pays est exclu de la liste des ennemis potentiels de la France. Les généraux et conseillers militaires ont depuis trop longtemps une relation consanguine avec l’OTAN, une relation d’extrême proximité qui conduit par exemple Mme Thérèse Delpech à rédiger en 2013 une étude sur la dissuasion nucléaire avec la très américaine RAND corporation… «La Dissuasion nucléaire au XXIème siècle».
  • ll se pourrait que l’application de l’exterritorialité du $, ou l’obligation de respecter les embargos étasuniens, deviennent un jour inacceptable pour l’économie française, ou pour une nouvelle classe de dirigeants patriotes.
  • Rien en retour ne nous garantit dans les faits du support otanien en cas d’agression de nos îles lointaines. Le partage de notre outil dissuasif est donc unidirectionnel, donc généreux couteux et destructif en termes de crédibilité.

En conclusion, la dissuasion nucléaire est incontestablement opérationnelle. Cependant sa mise en œuvre, sa crédibilité, donc son efficacité, dépendent de nombreux facteurs extérieurs à l’outil lui-même. Et nous allons voir que la gestion de cette arme mérite une refonte en profondeur des acteurs de sa mise en œuvre.

Deuxième partie : L’esprit de sel

  • Sur la France, le soleil ne se couche jamais.
  • Treize fuseaux horaires couvrent la France, plus que n’importe quel pays, même la Russie !
  • La France, en incluant les ZEE, est le deuxième pays par sa superficie.

Pour exercer la fonction de garant de la force nucléaire le président doit passer au crible les questions suivantes. C’est cette réflexion qui est lacunaire, fausse et empreinte de lâcheté.

  1. Souveraineté incontestée.
  2. Justificatifs économiques valorisant l’actif.
  3. Outils de défense.
  4. Diplomatie.
  5. La guerre n’est pas un jeu d’enfant.

1 – Souveraineté incontestée 

La carte ci-dessus répertorie toutes les terres françaises ainsi que les ZEE + extensions.

Les risques de perte de souveraineté sont de trois natures différentes : Revendication explicite de nations voisines, réquisition par un pays hostile remettant en cause le droit de primauté, risque encouru par les revendications indépendantistes pour certains territoires habités.

Le tableau ci-dessous reprend les territoires français dont la souveraineté est soit fragile, soit contestée devant les tribunaux, soit déjà bafouée.

Nous constatons donc dès aujourd’hui, une perte de souveraineté avérée sur nos mers et nos terres. Or la souveraineté doit s’imposer sur 100% du territoire. C’est la ligne rouge déclarée de la dissuasion, nucléaire ou pas ! Cette négligence risque d’être incitative pour d’autres pays observateurs.

Il est avant tout le résultat d’une politique courtermisme qui consiste à laisser aux prochain gouvernement le soin de s’investir, ou pas, dans ce qui pourtant est primordial : La définition du territoire sur lequel s’applique toute la dissuasion.

a- Vu du Droit

Digression :

L’autorité internationale des fonds marins (AIFM) a voté en 2010 un texte légiférant l’exploration des sulfures sulfures polymétalliques dans les eaux internationales. Cette réglementation octroie aux pays demandeurs des droits d’exploitation des ressources minières des fonds marins, limités géographiquement et dans le temps.

https://www.isa.org.jm/exploration-contracts/exploration-areas
https://www.un.org/lautorite-internationale-des-fonds-marins-et-lexploitation-miniere-des-grands-fonds-marins

Ce nouvel intérêt pour les fonds marins démontre clairement la course à l’appropriation de toutes les ressources possibles partout (sauf en Antarctique pour l’instant), course dictée davantage par des considérations politiques que par une logique économique. En effet, les cours des matières premières ne justifient pas un tel engouement.

La souveraineté d’une nation sur un territoire est garantie par la reconnaissance internationale de cette propriété, scellée par un «titre de propriété». Cette garantie est-elle suffisante ? Est-elle éternelle ? Qui aujourd’hui dit le droit ?

Nous nous intéresserons à savoir qui dit le droit international, que dit le droit, et que vaut la loi dans notre contexte géopolitique actuel.

Qu’est-ce qui constitue une souveraineté ?

Quel est l’organisme habilité ? est-il universellement reconnu ?

Quelle est la logique juridique ?

Qui dit la loi ?

«Ainsi, nul ne conteste que l’occupation effective constitue la condition pour la mise en œuvre de la règle permettant l’acquisition de la souveraineté sur un territoire sans maître». (2)

Les tracés des frontières ont été établit parfois il y a plusieurs centaines d’années. Les contentieux ont été réglés par des tiers dans des conditions parfois inégales.

Les organismes qui disent le droit en la matière aujourd’hui sont :

  • Cour internationale de Justice. (CIJ : organe des Nations unies)
  • Tribunal International des Droits de la Mer. (TIDM)
  • CLPC (Commission des limites du plateau continental).

Les avis rendus sont non contraignants. Mais le monde multipolaire des BRICS propose de renforcer l’ONU et d’élargir et changer le mode de fonctionnement du Conseil de Sécurité. On l’a vu la situation en matière de cour internationale n’a jamais été figée et l’évolution prévisible nous est défavorable.

Que dit la loi ?

La logique juridique s’appuie sur différents raisonnements. Tout dépend donc de la logique retenue :

  • Jurisprudence
  • Gradation de l’activité étatique
  • Continuité du contrôle étatique ou pas
  • Corpus ET animus (corpus et de l’animus possidendi)
  • Ex terra nullius ou pas
  • La notification, la présence d’une autorité suffisante et la délimitation plus ou moins précise de l’étendue de la possession
  • Et bien d’autres critères : https://books.openedition.org/iheid/1305?lang=fr

Le nombre de critères est tellement important qu’il est possible d’obtenir d’une cour tout et son contraire. Nous sentons bien que le rendu pourra avoir une indéniable dimension politique.

b- Le contexte géopolitique

L’affrontement Occident / Sud Global se décline aussi sur le plan juridique. Les États-Unis ont trop souvent bafoués les lois internationales pour qu’elles soient encore acceptées unanimement. Les exemples abondent.

Pour rester dans le domaine qui nous concerne, les Américains viennent de revendiquer des extensions massives de leur ZEE sans attendre un avis de la CLPC ! (3) La violence de la décision mine l’ensemble de l’édifice juridique qui intéresse particulièrement la France.

Une nouvelle logique humaniste commence à apparaitre : le droit des réfugiés climatiques et voir des réfugiés tout court à une terre d’accueil. La France, par exemple, a su accueillir les réfugiés Hmong en Guyane en 1977. Aujourd’hui la communauté internationale pourrait nous inciter à reproduire, peut-être d’une manière indirecte, la même expérience.

Les revendications post-coloniales émergent et des compensations commencent à être demandées aux anciens pays colonisateurs. La validité de ces demandes sont très subjectives mais elles paraissent fondées aux populations en demande : revendications esclavagistes, pillages des ressources, atrocités commises par le colonisateur. Il faut donc conserver cette dimension historique en mémoire pour mieux comprendre à quelles pressions nos diplomates pourront être soumis.

Le nouveau président argentin, Javier Milei, a relancé la revendication de l’Argentine sur les Malouines. (4)

La souveraineté de nos territoires n’étant pas toujours bien étayée juridiquement doit être présentée fermement comme irrévocable. Le territoire est un tout inaliénable. Les tribunaux ou arbitrages ont rendu des avis défavorables dans les cas des iles Eparses et de Mayotte.

Dans un contexte juridique défavorable il est essentiel d’affirmer notre souveraineté par une présence accrue et avec l’outil adapté : la dissuasion entière.

Cette dissuasion doit s’appuyer sur une population française informée et ayant pleinement connaissance de l’étendue de nos territoires.

Proposition d’actions :

  • Obligation faite aux médias d’un temps d’antenne minimum concernant nos DOM TOM.
  • Une action de sensibilisation devrait être menée auprès des français afin de les informer de l’existence de ses territoires. (par exemple en validant les TAAF comme des départements sur les plaques d’immatriculation des véhicules)

La dissuasion n’a un sens que si elle s’applique à toutes les parties d’un tout : La France. Et donc en particulier à son maillon le plus faible.

En conclusion :

La Souveraineté vue du droit : Fragile

– Des textes anciens.

– Des lois complexes aux interprétations variables à l’infini.

– Des juridictions peu favorables.

– Des lois et arbitrages de plus en plus contestés.

Position fragile de la France et qui donc doit être renforcée urgement

2 – Valorisation des actifs

«Pour ce qui est de l’établissement de la souveraineté territoriale, la présence physique sur le territoire ou le contrôle exercé sur celui-ci – élément objectif ou matériel – doit être accompagnée de l’élément subjectif ; autrement dit, de l’intention d’agir en tant que souverain». (5)

Nous venons de voir que la possession d’un territoire s’entretien : c’est l’animus

La France a choisi pour nos terres non habitées la mise en valeur par l’écologie et la recherche afférente. C’est bien peu, C’est visiblement à minima ce que l’on peut faire pour pas cher.

Il faut garder à l’esprit que les 5/6ème de la population mondiale ne range pas l’absolutisme écologique dans ses priorité, pire, elle considère que c’est là un souci de pays riche, déconnecté du monde réel en rapide évolution.

Concernant nos territoires habités, le glacis de l’immobilisme et des rentes de situation à figé la situation. Nos DOM TOM ne sont pas rentables pour la métropole. Il pourrait en être autrement. Je voudrais également faire remarquer que cette attitude paternaliste a été mise violement à mal en Afrique. Cette douloureuse expérience a démontré qu’il est temps pour nos politiques de prendre action et donc ses responsabilités. Sinon les mêmes causes provoqueront les mêmes conséquences, mais sur le territoire français cette fois.

Il est pour le moins paradoxal que notre pays dont la balance commerciale est catastrophiquement négative ne pense pas, par exemple, à prospecter frénétiquement les hydrocarbures.

La loi du 6 Septembre 2017 nous l’interdit. Et le gouvernement est même fier d’être le premier et sans doute le seul pays se tirant une balle dans ses réserves naturelles. (6)

Il est pourtant prouvé que des réserves conséquentes existent au large de Guyane, dans le canal du Mozambique et au large de St Pierre et Miquelon. Il faut être encore plus bête qu’un écologiste pour ne pas comprendre qu’en exploitant nous-même ses ressources nous pouvons en assurer une meilleure protection contre les pollutions. Souci, que d’autres n’ont évidemment pas. Mais cette interdiction étrange nous est probablement dictée par celui qui n’a pas intérêt à voir un client s’affranchir de son pétrole, qui ne veut pas de nouvelle concurrence : les États-Unis.

Il faut donc d’urgence revenir sur cette loi et au contraire investir dans ces recherches. En Guyane nous avons également au moins de l’or. En Nouvelle Calédonie du nickel. Ne pas exploiter ces ressources, c’est d’une manière indirecte inviter des puissances économiques moins scrupuleuses à le faire. La Chine dans le canal du Mozambique en est un exemple. (7)

Pour affirmer la souveraineté de la France sur ces îles il faut leur donner du relief. La dissuasion pour un morceau d’ile consacrée réserve intégrale n’est pas sérieux. Il faut donner une valeur économique à ces iles et ainsi pouvoir justifier la protection de nos intérêts globaux (souverains et économiques)

L’accélération dans la course aux propriétés foncières est palpable : Arctique, iles Sparkley, Essequibo, etc…

Les Philippines se dépêchent de développer certaines de leurs iles face aux pressions chinoises.

La souveraineté doit donc s’appuyer sur le développement économique, tant pour justifier notre «animus» que pour valoriser des avoirs intangibles, et donc pouvoir en justifier la fermeté de notre réponse en cas de violation.

La France possède 3 bases permanentes en zone subantarctique : Kerguelen Crozet et Amsterdam. La tâche des hivernants est, outre d’assurer une présence physique sur les territoires, scientifique. Géophysique, Écologie, Géologie, station satellite.

Le développement de nos îles subantarctiques pou soutenir un tourisme haut de gamme, et encadré, comme celui très rémunérateur des gorilles au Rwanda par exemple. Savez-vous qu’aucune de nos îles ne possède ni piste ni aérodrome ? La logistique dépend donc entièrement d’un bateau ravitailleur : Le Marion Dufresne.

L’île Clipperton pourrait abriter un port dans son lagon. Le projet détaillé SEDEIC a été abandonné…

Il en va de même pour Saint Paul, dans l’Océan Indien.

Dans un contexte économique défavorable il est essentiel d’affirmer notre souveraineté par une présence économique sérieuse accrue et avec l’outil adapté : la dissuasion entière.

3 – Outils de défense

L’armée française au service des Français ????

La dissuasion sous toutes ses formes sera d’autant importante que l’armée régulière s’affaiblit et se détourne de ses missions régaliennes. Macron propose la doctrine de «l’épaulement» entre les différentes forces armées, nucléaire inclus. N’est-ce pas reconnaitre un affaissement ?

Se marier avec l’OTAN c’est transformer la France en cible pour des conflits qui n’ont aucun intérêt stratégique pour la France.

Schizophrénie : à servir tout le monde (OTAN, Afrique, Europe, mer Rouge) L’armée française ne sert personne et surtout pas les Français.

Immergée dans des milieux géographiques économiques et militaires les plus variés, la France, concentrée sur ses frontières, devrait présenter une doctrine unique et forte, reproductible et affirmée. La négociation devient alors le problème de l’adversaire.

L’action militaire française est dès aujourd’hui nécessaire sur plusieurs fronts. Le gouvernement a-t-il donc capitulé face :

  • Aux orpailleurs en Guyane.
  • Aux pêcheurs illégaux dans les ZEE des iles Eparses.
  • A l’immigration illégale de Mayotte.

L’armée a pourtant toute légitimité à intervenir fermement pour rétablir notre souveraineté. Elle en aurait les moyens sans une dispersion dispendieuse dans l’intérêt de puissances extérieures.

Enfin, la guerre est perdue en Ukraine. Macron refuse de l’accepter et agit de manière provocatrice.

Pourtant viendra bien le moment ou les négociations devront reprendre entre la France et la Russie, soit dans le cadre d’un accord de paix global, soit en bilatéral. Et la Russie sera bien en droit de demander des compensations… Que peut offrir la France à la Russie ?

  • L’ouverture du conseil de sécurité à d’autres pays.
  • A minima, la possibilité d’une base militaire russe, aux iles Kerguelen. Cette idée fait sourire. Cependant les Russes connaissent bien nos iles pour y avoir longtemps pêché voici 30 ans, et Moscou cherche à disposer de nouvelles bases autour de l’Afrique. Il est donc important pour ne pas mettre à risque nos territoires d’arrêter immédiatement toute participation à cette guerre qui ne concerne ni la France, ni les Français.

Un rapport du sénat de 2012 éclairait la problématique du sous-engagement des forces françaises en outremer en faisant usage d’un bien joli mot : «maritimisation» (8). Ce document mérite d’être exhumé et lu par nos ministres et décideurs.

Digression

Je me permets ici de poser une question saugrenue. Il est dans l’intérêt des français d’interroger les décisions du haut pouvoir car il nous a été démontré à de nombreuses occasions qu’elles étaient souvent contre-productives et non fondées. Par exemple à la question : Quel est l’intérêt de la France en Ukraine, je n’ai trouvé aucune réponse fondée, étayée et justifiant notre déclassement économique conséquent.

Une autre interrogation : Pourquoi préparer un 13ème embargo sur la Russie ?

Par conséquent, toute question est bonne à poser.

Donc ma question est de savoir pourquoi la France veut s’équiper d’un nouveau porte avion alors que :

Notre besoin opérationnel, comme nous l’avons vu précédemment serait mieux servi par une dizaine de FREMM patrouillant au plus près de nos terres.

Qu’un porte-avion, face aux missiles hypersoniques russe, iraniens et chinois, aujourd’hui, mais probablement bientôt, indonésien, algériens, brésiliens, n’a aucune chance de survie. Pour preuve, les portes-avions américains en Méditerranée dans la crise israélienne se sont tenus à bonne distance des frontières iraniennes.

Le complexe militaro industriel trouvera surement à redire. Un porte-avion représente un intérêt économique majeur. Et avouons qu’en terme de dissuasion, un porte avion, ça en jette.

Proposition personnelle :

  • La France s’est dotée d’une armée de métier en rapport avec la technicité croissante des équipements militaires modernes.
  • La mise en place d’un SNU, en remplaçant du Service National que j’ai connu (en 1985) est effectivement nécessaire pour refonder une cohésion nationale.
  • La guerre évolue rapidement vers l’usage de drones, en quantité importante, et cela au détriment de l’artillerie. Le champ opérationnel ouvert par les drones est presque infini. En voici quelques exemples de déclinaison :
  • Courte ou longue distance / altitude
  • Rapide ou lent ou même poser, en attente
  • AI ou radiocommandé
  • Solitaire, rodeur, ou en essaim
  • Observation / attaque
  • Kamikaze ou porteur de charges largables
  • Spécialisés (relais radio, caméra thermique, brouilleur, etc.)
  • Drone terrestre/ drone marin / drone sous-marin

Cette variabilité couplée aux progrès permanent de l’électronique et de l’avionique nous invite à comprendre que cette complexité ira encore en augmentant et l’évolution sera permanente et rapide.

De plus, la France en est un bon exemple, le champ opérationnel de ces nouvelles armes varie du tout au tout selon le contexte géographique (DOM TOM, montagne, zone urbaine, mers lointaines, etc.) ou militaire.

Il est donc impossible de dessiner une architecture figée de nos besoins en drone. Cependant ces besoins existent et seront de plus en plus important.

Il convient donc de mettre en place non pas une architecture particulière d’une armée de drone, amis plutôt l’outil industriel qui permettra de les produire en quantité, à la demande, et dans les configurations adaptées et dans des versions les plus récentes. Ces usines doivent donc être prêtes et les ouvriers nombreux et bien formés. Il convient donc d’apprendre d’avantage l’usage de la machine-outil que celui du canon.

Cet apprentissage industriel peut être financé par les économies faites sur notre porte avion. Il convient de créer une industrie puissante maitrisant l’ensemble des intrants en commençant par les matières premières, les ingénieurs, et les usines :

  • Les appelés sous les drapeaux se verront formés à l’un des métiers techniques de fabrication des drones (carbone, moteurs électrique, électronique, avionique). Cette formation technique peut être vue comme une étape dans la course à la réindustrialisation de la France qu’un jour il nous faudra bien reprendre.
  • Cette manière de renouer doucement avec l’idée de patriotisme en adhérant à l’idée de production militaire contourne l’idée de combat en première ligne.
  • Ces usines sont indispensables car par exemple la Russie produit actuellement 100 000 drones par mois ! (9). Il y a donc un changement de paradigme : L’arme c’est l’usine ! L’armée c’est l’industrie !

Elles ne devront être, pour des raisons évidentes de sécurité, délocalisées. On peut très bien les imaginer dispersées en ateliers spécialisées un peu partout sur le territoire national, facilitant si nécessaire la logistique pour les appelés SNU.

L’outil de production devient par lui-même une arme, bien d’avantage que les drones qui en seront issus. Un peu comme la Russie a surpris tout le monde en redémarrant des usines militaires mises au sommeil depuis 30 ans.

  • Je propose donc clairement un Service National orienté vers la production et la réindustrialisation.

4 – Diplomatie

  • Les erreurs africaines :

Rarement échec n’a été plus criant. Du soft power de «la vie à la française» ne reste que l’indifférence voire même la haine de l’ancien colonisateur. De l’économie, de l’industrie partagées, ne nous restera bientôt que les os à ronger. Des pays bien plus conquérant sachant éclairer l’avenir des pays africains d’une rose lumière, nous déplument, nous éviscèrent. La concurrence est rude (Inde, Turquie, Russie, États-Unis, et surtout Chine)

Et les querelles franco-françaises n’aident pas. (Bolloré)

La France avait choisi l’immobilisme pour sans doute optimiser à court terme les rentes historiques dans nos prébendes africaines. Le résultat est sans appel : Force est de constater que quatre des cinq pays les plus pauvres en termes de PIB par habitant sont francophones…

Il est temps de se faire oublier en Afrique, le temps nécessaire pour attendre le reflux de la vague d’espoir qu’apportent les BRICS. 10 ans à minima.

  • Les erreurs otaniennes (notre ennemi sont les USA).

Que fait-il dans cette galère ? L’ex-Yougoslavie ? La Libye ? L’Ukraine ? Où va-t-on ?

  • Les erreurs européennes. Perte d’indépendance. Double diplomatie dans le reste du monde.
  • Les erreurs onusiennes. Le choix de la France de s’aligner presque systématiquement sur les USA au conseil de sécurité discrédite définitivement la diplomatie française. Le cout de grâce vient de la décision d’arrêter le financement de UNRWA, seule organisation en mesure d’aider la population palestinienne de Gaza. Un vrai désastre diplomatique. (10)
  • Les erreurs globalistes en terme collusion avec WEF, Bilderberg, Mega Group.
  • La politique de la France dans l’indopacifique : Le document stratégique officiel en annexe montre bien le manque d’ambition portée par le gouvernement sur le développement de nos territoires ultramarins. (11)

En conclusion, la diplodocumatie est morte. C’est l’occasion d’inventer un nouvel outil flexible, moins hautain, pragmatique, humain, et surtout sincère.

5 – La guerre n’est pas un jeu d’enfant

La complexité de la géopolitique de notre monde contemporain est telle qu’elle ne peut être appréhendée, comprise et analysée par un seul homme, dont les décisions précédentes en matières économiques ont toutes conduit à des échecs puissants. Cet homme, qui encore le 30 janvier, propose à l’Europe de continuer à armer l’Ukraine puisque la Russie ne doit pas gagner, cet homme commande l’arme atomique. (12)

Sa compréhension de la stratégie et de la doctrine de la dissuasion nucléaire s’appuie sur le réflexe de simplification dangereux lorsqu’il s’agit de l’atome.

Macron a commis une bourde en déclarant que la France n’utiliserait pas l’arme atomique dans le cadre du conflit ukrainien. (13)

La vision pavlovienne de Macron de se voir en président de l’Europe conduit notre pays vers la chute libre.

Le 30 janvier, en déplacement en Suède, Macron a «rompu avec 60 ans de souverainisme nucléaire». C’est pratiquement le dernier maillon fonctionnel de la République qui est attaqué. (14)

Que peut-il se passer dans la tête d’un homme sans famille, sans patrie, et sans ami ?

Le 24 mars 2015 le pilote Andréa Lubitz précipitait son avion sur les Alpes du Sud tuant avec lui 149 autres personnes. Coup de folie d’un homme au-dessus de tout soupçon.

Notes:

(1) https://www.senat.fr/rap/r16-560/r16-5601

(2) https://books.openedition.org/iheid/1305?lang=fr

(3) «The U.S. just expanded its territory by one million square kilometers», Earth.com

(4) https://t.me/infodefFRANCE/8350

(5) https://books.openedition.org/iheid/1305?lang=fr

(6) «La France, premier pays à interdire l’exploitation des hydrocarbures», Gouvernement.fr

(7) «Îles Eparses : un navire sismique surpris à prospecter sans autorisation», (ouest-france.fr)

(8) Rapport maritimisation complet version définitive (senat.fr)

(9) https://www.capital.fr/economie-politique/la-russie-produit-six-fois-plus-de-drones-pilotables-que-lukraine

(10) «Suspension du financement à l’UNRWA : «Cela s’inscrit dans une longue tradition d’attaques, voire de calomnies contre cette agence», dénonce un ex-avocat de l’ONU» (francetvinfo.fr)

(11) «La stratégie de la France dans l’Indopacifique», (diplomatie.gouv.fr)

(12) «Suspension du financement à l’UNRWA : «Cela s’inscrit dans une longue tradition d’attaques, voire de calomnies contre cette agence», dénonce un ex-avocat de l’ONU», (francetvinfo.fr)

(13) «Dissuasion nucléaire : Macron a-t-il perdu une bonne occasion de se taire ?» (courrierinternational.com)

(14) https://www.francesoir.fr/macron-offre-le-pouvoir-de-dissuasion-nucleaire-francais-l-europe


- Source : RI

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