www.zejournal.mobi
Dimanche, 14 Août 2022

Censure : Donbass Insider dans le collimateur de NewsGuard, une officine liée à la CIA, l’OTAN et la Maison Blanche

Auteur : Christelle Néant | Editeur : Walt | Lundi, 28 Mars 2022 - 13h33

Le 18 mars 2022, j’ai reçu dans ma boîte e-mail un courrier d’un certain Edward O’Reilly, analyste pour NewsGuard, une sorte de Decodex international (qui décerne des gommettes vertes ou rouges aux sites d’information, c’est-à-dire justifie enfait la censure de tel ou tel site), lié à la CIA, à l’OTAN et à la Maison Blanche, concernant leur analyse du site Donbass Insider. Après les avoir envoyé sur les roses en voyant la partialité évidente de ce site, ces derniers ont insisté et m’ont envoyé une semaine plus tard une série de questions, qui se contredisent entre elles, et rédigées de telle façon qu’on a l’impression que l’auteur écrit à une gamine de 10 ans. Puisqu’ils tiennent donc tant à ce que je leur réponde, tout en se donnant le droit de ne publier qu’une partie de mes réponses dans leur analyse (comme ils l’indiquent dans leur e-mail), je vais le faire publiquement, afin que tous mes lecteurs puissent avoir l’ensemble des informations, et pas seulement la partie qui conviendrait à NewsGuard.

NewsGuard, un site lié à la CIA, à l’OTAN et à la Maison Blanche

Commençons d’abord par analyser qui est derrière NewsGuard, ce site qui prétend analyser et noter les sites d’informations selon neuf critères pour déterminer s’ils sont fiables ou pas.

Comme pour le Decodex français, on a un bon vieux système de pastille verte ou rouge, plus une orange pour les sites satyriques et une grise pour les simples plateformes laissant n’importe qui publier dessus. On pourrait se dire que de telles notations sont anodines mais ce n’est pas le cas. Car comme on le découvre sur leur site, le but de NewsGuard est de « donner aux plateformes et aux équipes de modération les données et les renseignements leur permettant de protéger leurs utilisateurs des risques existant en ligne, et de contrôler la propagation de la mésinformation ».

En clair, NewsGuard fournit aux sociétés comme Google, Facebook ou Twitter, des données justifiant leur censure des méchants médias qui désinforment (ou en fait qui ne suivent pas le narratif de Washington, comme on va le voir tout de suite).

En effet, quand on se penche sur le profil de l’équipe de NewsGuard, et surtout de son comité consultatif, on comprend tout de suite que niveau impartialité et neutralité il y a un problème, un gros problème même. En effet, on retrouve dans le comité consultatif de NewsGuard :

– Don Baer, ancien directeur de la communication de la Maison-Blanche sous l’administration Clinton ;

– Arne Duncan, ministre de l’Éducation sous l’administration Obama ;

– Le général à la retraire, Michael Hayden, ancien directeur de la CIA, et ancien directeur de l’Agence de sécurité nationale (NSA) ;

– Elise Jordan, ancienne plume de la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice ;

– Anders Fogh Rasmussen, ancien secrétaire général de l’OTAN ;

– Tom Ridge, ancien premier secrétaire d’État à la Sécurité intérieure dans l’administration de George W. Bush ;

– Gianni Riotta, éditorialiste pour La Stampa (vous savez le journal italien qui a utilisé une photo du massacre de civils à Donetsk par l’armée ukrainienne, pour illustrer un article sur la situation à Kiev) ;

– Richard Stengel, ex-sous-secrétaire d’État chargé des affaires publiques dans l’administration Obama ;

– Jimmy Wales, le cofondateur de Wikipédia, dont la présence au sein de ce comité fortement orienté (pour ne pas dire autre chose), indique que la fameuse encyclopédie n’a rien de neutre.

Si on ajoute que « l’analyste » qui m’écrit, Edward O’Reilly, est un ancien membre du corps des marines des États-Unis, et que Newsguard cite Bellingcat (dont les liens avec les programmes secrets du ministère britannique des Affaires étrangères a été prouvé) régulièrement en guise de source fiable, on comprend vite que ce site n’est qu’une autre vitrine des services de renseignement américains, CIA en tête, de la Maison Blanche et de l’OTAN, visant à imposer le narratif américain.

Pourquoi ce site décide-t-il de s’en prendre à Donbass Insider seulement maintenant (nous existons depuis 2018 je le rappelle) ? Eh bien tout simplement parce qu’avec le réchauffement brutal du conflit dans le Donbass, puis le lancement de l’opération militaire spéciale russe en Ukraine, et suite à la violente censure des médias russes internationaux comme Sputnik ou RT, notre petit site internet a vu son audience multipliée de manière extrêmement importante. Assez pour attirer l’attention de NewsGuard. En clair, Donbass Insider a atteint une audience suffisante pour commencer à affoler Washington, et il faut rapidement discréditer voire censurer le site, pour empêcher ses informations de détruire totalement le narratif concernant la situation en Ukraine.

Quand NewsGuard se contredit d’une question à l’autre

Passons donc aux questions que m’a envoyées Edward O’Reilly, et les réponses que j’ai à y apporter. Je les publie ici dans l’ordre où elles m’ont été envoyées, comme vous pouvez le vérifier sur la capture d’écran complète de son e-mail, disponible ici.

1. Votre site n’indique pas à qui il appartient, ce qui ne remplit pas notre critère relatif à la fourniture d’informations sur le propriétaire du site. Pouvez-vous expliquer ce choix ? Par ailleurs, êtes-vous la propriétaire de Donbass-Insider.com ? Si oui, pourquoi ne pas le dire sur le site?

Parce que si vos critères sont justifiables pour un site d’information travaillant dans un pays démocratique où règne la paix, quand vous travaillez dans une zone de guerre civile (parce que c’est ce qu’est la guerre du Donbass qui a lieu depuis 2014), où l’une des parties (l’Ukraine) passe son temps à imposer des sanctions contre toute personne ou média donnant une autre information que le narratif officiel, et où enfants et journalistes peuvent voir leurs données personnelles publiées sur un site de néo-nazis ukrainiens (vous savez ceux qui ne sont pas si dangereux que ça d’après NewsGuard) comme Mirotvorets, pour qu’ils deviennent une cible, vos critères deviennent alors une source de risque.

Nous n’allons pas mettre les membres de notre équipe en danger juste pour vous faire plaisir et cocher la bonne case dans votre liste de critères bidons. Je rappelle qu’en Ukraine des journalistes, comme Oles Bouzina, ou Anatoli Chary, ont reçu des menaces de mort, et que Bouzina a été assassiné en bas de chez lui peu de temps après que ses données personnelles aient été publiées sur Mirotvorets. Des gens ont été assassinés ou enlevés en RPD et en RPL (Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk) par des services secrets ukrainiens (ces mêmes services que vous citez comme source plus loin on va y revenir). Vous croyez vraiment que la vie des membres de notre équipe vaut moins que vos critères de notation ? Si vous venez me dire que vous ne connaissez pas l’existence de Mirotvorets, alors comment pouvez-vous juger de la véracité d’une information concernant l’Ukraine et le conflit en cours si vous ignorez même ce simple fait ?

Je sais très bien ce qui se cache derrière votre question sur la propriété du nom de domaine. Vous cherchez qui placer sur la liste de sanctions pour pouvoir faire comme avec d’autres sites d’information qui se sont vus retirer leur nom de domaine en « .com ». Épargnez-vous cette peine, nous avons déjà anticipé cela, censurer Donbass Insider ne vous apportera rien. Même lorsque les hackers au service de l’Occident (donc de vos patrons) ont attaqué notre site, le mettant hors-service, nos contenus ont continué à être disponibles.

2. Votre site n’indique pas non plus qui est responsable des contenus (comme un rédacteur en chef ou un directeur de la publication, par exemple), ce qui ne remplit pas notre critère à ce sujet. Auriez-vous un commentaire à ce sujet? Êtes-vous responsable des contenus de Donbass-Insider.com ?

Parce qu’il n’y a pas de rédacteur en chef sur notre site, ni de directeur de publication. Chaque collaborateur qui y écrit est libre d’écrire ses articles sans revue ni censure.

3. Nous n’avons pas pu trouver de corrections publiées sur votre site. Avez-vous corrigé des articles, et si oui, pourriez-vous me transmettre un exemple récent de correction sur le site ? Sinon, pouvez-vous expliquer pourquoi aucune correction n’a été publiée récemment ?

Pourquoi il n’y a pas de corrections sur notre site ? Eh bien parce que contrairement à d’autres médias, nous vérifions au maximum les informations avant de les publier, au lieu de sortir rapidement des titres racoleurs ou des informations venant de rumeurs non étayées pour faire le buzz. Nos articles sont factuels, sourcés, et étayés, ce qui évite l’exercice humiliant de la rétractation ou de la correction.

4. Après analyse, nous estimons que votre site ne remplit pas notre critère relatif à la distinction claire entre informations et opinions. En effet, nous avons remarqué que de nombreux articles d’actualité comportent des opinions. Il en est ainsi des articles ci-dessous.

a. L’étau se resserre autour des néo-nazis ukrainiens retranchés à Marioupol, et les médias occidentaux se vautrent dans l’abjection

b. Malgré la russophobie qui règne en Ukraine, la Russie continue d’accueillir les Ukrainiens à bras ouverts

c. L’Ukraine pique une crise d’hystérie après la signature d’un contrat de fourniture de gaz entre la Russie et la Hongrie

Après analyse vous estimez… Ah ben avec ça on est bien avancés. Aucun détail expliquant en quoi ces articles sont des opinions. Parce qu’en fait en regardant les articles concernés tout est sourcé, et basé sur des faits. Il n’y en a qu’un ou je donne mon avis à la toute fin en conclusion, et c’est mon droit le plus strict. Un journaliste a le droit de donner son opinion, de commenter une information, ou de faire l’analyse d’une situation. Un journaliste ce n’est pas juste un copiste à peine capable d’adapter les dépêches de Reuters ou de l’AFP.

De plus votre exigence de faire un distinguo clair entre informations et opinions, vous la brandissez seulement quand ça vous arrange, et vous vous asseyez dessus à d’autres moments (on va y revenir après justement). Nos lecteurs savent faire la différence entre information et opinion. C’est gentil de vous soucier d’eux, mais ce ne sont pas des débiles mentaux ni des enfants de cinq ans. Ils sont adultes et capables de lire et de comprendre ce qu’ils lisent. Ils n’ont pas besoin de vous pour le leur expliquer. Cette manie d’infantiliser les gens en mettant des gommettes de couleur aux sites comme la maîtresse d’école en classe est franchement révoltante.

Non ce qui vous gêne c’est que j’y appelle un chat un chat. Abjection est un terme parfaitement mérité pour les médias occidentaux dénoncés dans le premier article. J’appelle les néo-nazis ukrainiens des néo-nazis et pas des nationalistes, ou je ne sais quel autre euphémisme. Et la russophobie en Ukraine est plus qu’avérée (si vous ne la voyez pas, je pense qu’il vous faut changer de métier).

La question suivante étant très longue je vais répondre à chaque sous-question de manière individuelle.

5. Nous estimons par ailleurs que votre site ne remplit pas nos critères relatifs à la non publication des faux contenus, au recueil et à la présentation responsable des informations et à la non publication de titres trompeurs. En effet, nous avons trouvé de nombreux articles contenant des fausses informations dans leurs titres et dans leurs textes :

a. Par exemple, un article de mars 2022 intitulé « La Russie met la main sur des documents concernant les laboratoires biologiques américains en Ukraine » déclare que « pour Kirillov, la hâte avec laquelle l’Ukraine a lancé la destruction de toutes les souches de pathogènes dans ces laboratoires biologiques américains, pourrait indiquer qu’ils y travaillaient sur le renforcement des propriétés pathogènes des microbes, ce qui est une violation de la convention sur l’interdiction des armes biologiques et à toxines. C’est d’ailleurs aussi ce qui expliquerait pourquoi les États-Unis ont installé ces laboratoires en Ukraine, au lieu de mener de telles recherches sur leur propre territoire : pour éviter de devoir répondre de ce qui s’y passe ! Et la preuve ultime que ces laboratoires biologiques américains en Ukraine cachent quelque chose a été apportée par Victoria Nuland, la secrétaire d’État américaine, elle-même lors d’une audition au Sénat ! »

Pourtant, si les États-Unis fournissent bien une aide aux laboratoires ukrainiens depuis 2005, et ont contribué à la construction et à la modernisation des laboratoires ukrainiens, ces laboratoires eux-mêmes sont gérés et principalement financés par le gouvernement ukrainien. Le Service de sécurité de l’Ukraine (SBU) a précisé les termes de cet accord dans un communiqué de presse de mai 2020, dans lequel il a déclaré qu’« il n’y a pas de laboratoires biologiques étrangers en Ukraine ».

De plus, il n’y a aucune preuve que ces laboratoires travaillaient sur le renforcement des propriétés pathogènes des microbes. Une déclaration d’avril 2020 publiée sur le site de l’ambassade des États-Unis en Ukraine indiquait que les projets conjoints menés dans des laboratoires ukrainiens avaient pour but de « consolider et sécuriser les agents pathogènes et les toxines préoccupantes pour la sécurité dans les installations gouvernementales ukrainiennes ».

Par ailleurs, quand Victoria Nuland a parlé de ces laboratoires, elle faisait référence aux laboratoires ukrainiens de « diagnostic et de biodéfense », et non à des installations d’armes biologiques.

Pouvez-vous expliquer pourquoi vous avez choisi de publier cet article sur votre site ?

Pourquoi l’avoir publié ? Parce que ce que vous avancez comme des faits n’en sont pas. Vos sources sont de simples déclarations du SBU et de l’ambassade américaine. C’est-à-dire les services secrets ukrainiens dont l’usage de la torture de manière systémique depuis le Maïdan est avéré et prouvé, et qui se sont faits prendre les deux mains dans le pot de fausses informations concernant le MH17… Et l’autre source c’est le gouvernement américain, c’est-à-dire un gouvernement qui n’a pas hésité une seconde à mentir devant l’ONU (!!!) pour justifier sa guerre illégale contre l’Irak en brandissant des histoires d’armes de destructions massives qui n’existaient pas. Ça c’est de la source fiable…

De notre côté nous avons publié comme preuves de l’implication des États-Unis dans les travaux des laboratoires biologiques en Ukraine des documents internes à l’Ukraine, pas juste des déclarations ! Comme ces documents montrant qu’en 2010, Viktor Ianoukovitch a tenté de reprendre le contrôle de ces laboratoires de recherche biologique, puisque contrairement à ce que vous affirmez la gestion de ce qui se passait dans ces laboratoires échappait aux autorités ukrainiennes ! Et ce qui s’y passait c’était, je cite un rapport du SBU (puisque vous avez l’air de considérer cette source comme fiable) :

« … Ces actions de la partie américaine sont considérées par les experts nationaux comme la formation de leur propre base de données de souches de pathogènes qui sont stockées sur des sites ukrainiens, leur système de stockage, ainsi que le contrôle et l’étude par des médecins militaires de l’efficacité de l’utilisation de pathogènes d’infections particulièrement dangereuses dans des régions spécifiques de l’Ukraine pour créer ou améliorer de nouveaux types d’armes biologiques à action sélective (contre une race, un génotype, un territoire de naissance ou de résidence particulier). »

Des documents plus récents publiés par la Russie, montrent que ces laboratoires basés en Ukraine mais financés et supervisés par les États-Unis, étudiaient des maladies transmissibles à l’homme par les oiseaux migrateurs ou les chauve-souris. Et si ces laboratoires mentionnés par Victoria Nuland n’étaient comme vous le prétendez que des laboratoires de « diagnostic et de biodéfense », pourquoi s’inquiéter qu’ils puissent tomber entre les mains des Russes ? Si ces laboratoires ne faisaient que ce que vous dites, alors il n’y a rien de dangereux là-bas.

Et histoire d’enfoncer le clou sur ce que valent vos arguments, le Daily Mail (qu’on ne peut pas vraiment qualifier de média à la solde du Kremlin) a publié un article indiquant, sources à l’appui (en l’occurrence les e-mails trouvés dans le fameux ordinateur portable que le fils de Joe Biden avait oublié chez le réparateur), que « Hunter Biden a aidé à obtenir des millions de dollars de financement pour un sous-traitant américain en Ukraine spécialisé dans la recherche d’agents pathogènes mortels, selon des courriels envoyés par ordinateur portable ». Oups. Je crois que vous êtes bon pour revoir la notation de tous les sites d’information qui avaient parlé de ce sujet, et ravaler vos certitudes sur ce qui est vrai ou pas.

b. En février 2022, Donbass Insider a publié une traduction française du discours de Vladimir Poutine justifiant sa décision de reconnaître la République populaire de Donetsk et la République populaire de Lougansk. Le discours a été publié dans son intégralité, sans commentaire ni contexte dans la section Nouvelles du site, et affirmait que « l’Ukraine moderne a été entièrement créée par la Russie, ou plus précisément, par la Russie bolchevique et communiste ». Poutine a également déploré que les communistes aient « donn[é] aux républiques le droit de se séparer de l’État unifié sans aucune condition » et a ajouté que « l’Ukraine n’a jamais eu de tradition stable de véritable État ».

Contrairement à l’affirmation de Poutine selon laquelle « les bolcheviques ont inventé l’Ukraine » et que l’Ukraine « n’a jamais eu de tradition stable de véritable État », l’Ukraine s’est battue pour obtenir son indépendance en 1918, un statut qui n’a duré que quelques années. En 1921, les bolcheviques russes ont vaincu le gouvernement national de l’Ukraine et ont établi la République socialiste soviétique d’Ukraine. L’Ukraine a passé les 69 années suivantes au sein de l’Union soviétique.

Quant à l’affirmation selon laquelle un Moscou affaibli a « donné » à l’Ukraine le droit de devenir indépendante de l’Union soviétique « sans aucune condition », ce sont les Ukrainiens qui ont choisi l’indépendance lors d’un référendum démocratique. En 1991, alors que l’Union soviétique se dissolvait, 84% des électeurs ukrainiens éligibles se sont rendus aux urnes et plus de 92% ont voté pour quitter l’Union soviétique. Moscou a même promis de respecter la souveraineté de l’Ukraine à condition que celle-ci renonce à ses armes nucléaires – ce qui a été commémoré en 1994, dans un accord connu sous le nom de Mémorandum de Budapest.

Pouvez-vous expliquer pourquoi vous avez choisi de publier ce discours sur votre site sans commentaire ni contexte ?

Pourquoi avoir publié la traduction du discours de Vladimir Poutine sans commentaire ni contexte ? Eh bien parce qu’il s’agissait d’offrir une information pure à 100% de toute opinion personnelle, une chose qui devrait vous convenir puisque vous m’avez reproché à la question n°4 de mélanger informations et opinions. Et quand je fournis un article qui est de l’information pure, en l’occurrence la traduction complète en français du discours de Vladimir Poutine afin que mes lecteurs puissent se faire tous seuls leur propre opinion sur la vision que le président russe a des événements en ayant la totalité du texte dans leur langue, ça ne vous convient pas non plus. Faudrait savoir les gars, soit on n’a que le droit de fournir de l’information pure et froide, soit on doit systématiquement faire des commentaires. Mais ça ne peut pas être les deux à la fois à la tête du client.

Quant à vos arguments, l’Ukraine dans ses frontières actuelles est bien le fruit de l’URSS. L’état éphémère ukrainien qui est apparu après la révolution de 1917 n’était pas du tout dans les frontières actuelles de l’Ukraine, c’est l’URSS qui lui a donné la plus grosse partie de son territoire. Et trois ans d’existence oui ce n’est pas une « tradition stable de véritable état », ne vous en déplaise.

Concernant le référendum organisé en Ukraine en 1991, cela n’a rien à voir avec le contenu du discours de Vladimir Poutine. Il parle de la constitution soviétique adoptée en 1924, qui permettait aux républiques le droit de se séparer de l’URSS sans condition… Vous mélangez absolument tout.

D’ailleurs, concernant les armes nucléaires déployées en Ukraine, elles n’appartenaient pas à l’Ukraine, mais à l’URSS, comme indiqué dans le Protocole de Lisbonne, antérieur au Mémorandum de Budapest (qui lui est issu de la volonté de l’Ukraine de monnayer l’application de ce qu’elle avait déjà signé en 1992). Il était donc normal qu’elles soient renvoyées en Russie, qui est l’État qui a officiellement succédé à l’URSS. On ne peut donc pas appeler cela une « condition ». La Russie n’a pas exigé quoi que ce soit de l’Ukraine indépendante à part de lui rendre ce qui lui appartenait pour respecter le traité de non-prolifération des armes nucléaires.

c. Un article de juin 2021 intitulé « Protassevitch aurait été piégé par son propre camp et remis à la Biélorussie pour servir de victime sacrificielle » affirme que les autorités du Belarus n’ont pas forcé les pilotes du vol Ryanair 4978 à atterrir à Minsk afin de détenir le journaliste dissident bélarussien Roman Protasevich. L’article dit que « le 23 mai 2021, à 12 h 25, alors que l’avion de Ryanair est encore au-dessus de la région de Volyn, en Ukraine, un premier e-mail d’alerte à la bombe arrive à l’aéroport de Minsk » et qu’« après avoir reçu l’e-mail d’alerte à la bombe, et malgré ses incongruités (comme les demandes formulées) les autorités de l’aéroport appliquent la procédure internationale prévue dans ce genre de cas et considèrent la menace comme étant réelle ».

En réalité, l’avion de Ryanair n’a pas été dérouté en raison d’une alerte à la bombe. Le PDG de Ryanair, Michael O’Leary, a qualifié le détournement d’avion de « cas de détournement commandité par l’État » et a confirmé à Politico en mai 2021 que la cible des Biélorusses était Roman Protasevich.

Pouvez-vous expliquer pourquoi vous avez choisi de publier cet article sur votre site ?

J’ai choisi de le publier car les faits énoncés dans l’article, comme la preuve que l’aéroport biélorusse a bien reçu des e-mails d’alerte à la bombe, et que les autorités ne savaient pas que Protassevitch était à bord avant que ses « amis » ne hurlent partout sur internet qu’il était là, valent plus que l’opinion du PDG de Ryanair !!! Vous êtes sérieux quand vous dites évaluer si mon article dit la vérité ou pas, simplement sur base de l’avis du PDG de la compagnie aérienne ? Mon article contient toutes les preuves étayant mes propos, mais pour vous l’avis, donc l’opinion personnelle d’O’Leary vaut plus que des faits ? C’est ça vos critères d’évaluation des informations publiées par les sites que vous analysez ? Vos « critères » d’évaluation sont vraiment consternants de partialité.

De manière plus générale, auriez-vous un commentaire sur votre processus éditorial ?

Oui. Nous rapportons faits et témoignages depuis le terrain, et nos articles sont sourcés et étayés. Nous considérons que les faits valent plus que l’opinion ou la déclaration sans preuve de tel ou tel officiel, ou PDG agréé par votre site. Nous procédons ainsi depuis les débuts de Donbass Insider, et nous continueront à le faire.


Cela peut vous intéresser

Commentaires

Envoyer votre commentaire avec :



Fermé

Recherche
Vous aimez notre site ?
(230 K)
Derniers Articles
Articles les plus lus
Loading...
Loading...
Loading...

Abonné par e-mail

Recevez notre newsletter, nous l'envoyons à votre email

  


Fermé