La Grèce rembourse ses dettes en avance, la France s'apprête à passer devant elle au palmarès du surendettement
Il fallait oser y croire en 2010. La Grèce, alors moquée, humiliée, placée sous tutelle par ses créanciers, annonce aujourd'hui qu'elle remboursera par anticipation environ 13 milliards d'euros de sa dette de crise en 2026, selon son ministère des Finances. Ce n'est pas un coup isolé, Athènes avait déjà annoncé en mai le remboursement anticipé de 6,9 milliards d'euros au titre des premiers prêts européens, avec l'objectif de ramener la dette publique à environ 130 % du PIB en 2027, contre 137 % prévus en 2026. Le pays partait de 210 % en 2020.
Mais surtout, le détail qui pique, c'est que selon le directeur de l'agence grecque de la dette, Dimitris Tsakonas, cité par le quotidien financier Naftemporiki, la dette grecque reculera vers 113 à 115 % du PIB, plaçant le pays au quatrième ou cinquième rang des plus endettés d'Europe, et ce derrière la France, la Belgique et l'Italie. Le cancre de 2010 s'apprête à doubler la France donneuse de leçons.
Pendant qu'Athènes rembourse, Paris emprunte pour payer les intérêts de ses emprunts. Notre dette dépasse 3 400 milliards, la charge annuelle des intérêts file vers les 60 milliards, et chaque discussion budgétaire tourne au psychodrame parlementaire. La recette grecque n'a pourtant rien d'ésotérique. Excédents primaires, dépense tenue, croissance prévue à 2 % en 2026, parmi les plus élevées de la zone euro. Douloureux, oui. Une décennie d'austérité brutale, des salaires amputés, une saignée sociale que personne ne souhaite. Mais dix ans plus tard, c'est la Grèce qui rembourse en avance et la France qui repousse ses échéances.
On attend avec impatience le ministre français qui annoncera un remboursement anticipé. Ici, l'anticipation ne concerne que les déficits.
- Source : France-Soir












