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Lundi, 15 Juin 2026

Le sionisme est-il en train de fracturer la dissidence ?

Auteur : E&R | Editeur : Walt | Lundi, 15 Juin 2026 - 18h01

Ce n’est un secret pour personne : la sionisation du Parti socialiste l’a amené au bord de la faillite électorale, mais aussi morale. La gauche s’est évaporée au contact de l’idéologie sioniste, pour se réfugier chez Mélenchon. Il reste un Glucksmann, qui a ramassé les restes du PS, face à un Mélenchon qui grossit de jour en jour, qu’on le veuille ou pas.

La frontière qui sépare les deux gauches est bien le sionisme. La gauche est coupée en deux, comme la France l’est depuis un demi-siècle entre la droite et la gauche. Cependant, dans le cas du conflit droite-gauche, il ne s’agissait pas de sionisme, ou pas uniquement. La lutte a longtemps été sociale.

La droite a été antisioniste, du moins pas sioniste comme aujourd’hui, et la gauche socialiste a été antisioniste, avant d’être purgée. L’essentiel consistant à diviser, quelles que soient les évolutions des grands partis. Le sionisme a redistribué les cartes sur trois blocs : la gauche mélenchoniste, la droite libérale ou le centre, et la droite nationale. Force est de constater que deux blocs sur trois sont sionisés, plus ou moins. Mais ils ont fait allégeance. Le plus curieux, dans cette partition de la politique mainstream, c’est que le même schéma s’applique désormais à la dissidence, ou aux nouvelles forces politiques, malgré leur tropisme antisioniste.

On ne dira pas que le bloc de la droite dissidente rassemblant Asselineau, Philippot, Villiers et Dupont-Aignan est antisioniste, mais il n’est pas sioniste. Seul Villiers a donné, volontairement ou pas, des gages des deux côtés, ce qui le rend pour l’instant peu lisible. Mais nous l’avons écrit ici : si les sorties antisionistes sont populaires, donc électoralement payantes, elles coûtent cher dans les médias mainstream qui font encore une partie de la pluie et du beau temps chez les intoxiqués, qui sont, reconnaissons-le, plus nombreux que les désintoxiqués.

Aujourd’hui, c’est à qui dénoncera les sionistes chez les dissidents, ou les vrais opposants à la Macronie, soit la Banque. Borowski est « accusé » d’avoir une compagne qui officie sur i24News, tandis que Tocsin a fait appel à un Bercoff qui crée des remous en interne. Comme à son habitude, Panamza accuse tout le monde – sauf lui – d’être sioniste, et d’autres, s’ils dénoncent les massacres israéliens, ne foncent pas tête baissée contre le mur des lamentations : ils circonviennent le problème, préférant la posture anti-ukrainienne, anti-américaine, ou anti-guerre du Nord contre le Sud.

Mais à force de fracturer tout ce qu’il touche, le sionisme s’est lui-même fracturé, et ce, depuis le génocide des Palestiniens. Les juifs d’influence intelligents ont compris que miser sur la droite nationaliste, donc likoudiste, était moralement et électoralement dangereux dans un pays majoritairement chrétien, et partiellement musulman, les juifs ne comptant pas dans ce rapport de forces (1 % tout au plus).

Il reste le RN, favori des élections mais avec deux têtes menacées d’être éliminées avant le vote (le 7 juillet pour Marine), et sans solution de rechange. De plus, le report des voix de droite classique dans un éventuel second tour n’est pas assuré. De l’autre côté, sentant une nouvelle défaite de la gauche arriver, Mélenchon et ses troupes menacent le bloc national d’une guerre civile, du moins d’agitations de rue en cas de victoire « fasciste ». Robert Ménard, le maire de Béziers, vient de déclarer qu’il préférait une victoire de Mélenchon à une guerre civile !

Cette élection est totalement floue, en plus les candidats du Système, Attal et Philippe, refourgués par les médias malgré leur passé désastreux dans la Macronie, sont désavoués par la population. Il reste une possibilité, c’est que cette élection n’ait pas lieu : Macron n’a pas posé de date, il nous réserve peut-être une surprise, une sorte d’événement de la Bête.

Pourtant, si l’oligarchie veut la guerre contre la Russie, on n’en a pas les moyens. On a l’impression que le Système est coincé, et que même en renversant la table, il reste coincé.

La France végète dans une impasse politique complète, et dans le noir absolu. Personne ne peut prédire 2027, tant des changements majeurs peuvent nous tomber dessus. Le pire serait le surplace. Il faudra compter sur l’esprit de résistance : des étrangers croient la France éternelle encore capable de réagir.

Nous terminerons cette modeste analyse avec la dernière réponse de l’économiste Branko Milanovic au Monde du 14 juin 2026.

Le Sud global et l’Europe ont-ils une carte à jouer dans la nouvelle configuration du monde ?

Je pense que les pays du Sud global peuvent jouer de la rivalité entre la Chine et les États-Unis pour faire avancer leurs intérêts. Je suis moins optimiste sur l’Europe, qui se fait distancer sur le plan technologique. Les avancées dans ce domaine demandent de gros investissements, mais nécessitent aussi un certain non-conformisme, qui, en ce moment, manque aux Européens.

Par ailleurs, pour rester compétitifs, les pays d’Europe ont besoin de deux ressources : une énergie peu chère et une main-d’œuvre bon marché. La Russie lui fournissait la première, l’Afrique la seconde. Mais la crise ukrainienne fait obstacle à l’importation d’énergie russe, et les difficultés politiques internes des pays européens rendent l’augmentation de l’immigration difficile.

Tout ça pour dire que le RN, s’il se fait élire sur le programme (unique) de la remigration (le reste est flouissime), ou de l’arrêt de l’immigration, va entrer en conflit avec le grand patronat (le capital) qu’il est en train de draguer. Déjà que le parti de Marine & Bardella a mis un genou à terre sur l’antisionisme, il risque bien de mettre le deuxième sur le souverainisme.


- Source : E&R

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