Pourquoi tant de haine contre l’homéopathie ?
La trêve des confiseurs n’aura pas duré bien longtemps dans le secteur de la santé. Effectivement, l’ANSM a rallumé une vieille guerre qui ne risque pas de cesser puisque les preuves scientifiques ne seront jamais réunies pour départager les belligérants. Transis du vaccin antigrippal contre partisans de l’homéopathie de bon niveau, après la caresse que dispensait le Dr Eric Ménat la semaine dernière (*), le voici à présent qui vous montre toute son aisance dans le maniement du martinet : l’ANSM, de par sa position, ne devrait jamais se livrer ni à la désinformation, ni au populisme. À quand à sa tête de vrais scientifiques indépendants de l’industrie ? Bonne lecture.
(*) https://www.aimsib.org/2026/01/04/bonne-annee-2026-les-voeux-du-president/
AIMSIB
Introduction
La fête battait son plein en cette fin d’année 2025. Nous allions bientôt nous souhaiter nos vœux pour cette nouvelle année «1», faite d’espoirs et de renouveau. C’est pourtant le moment où l’ANSM publie un communiqué pour rejeter l’homéopathie (1). Pourquoi ? Est-ce que cette science (car il s’agit bien d’une science, n’en déplaise aux censeurs nostalgiques de l’époque de Galilée) leur fait peur ?

Non, même pas. Ils sont seulement inquiets de la violence de l’épidémie de grippe cette année. Pourtant, le gouvernement et les agences de santé n’ont pas économisé leurs efforts et notre argent pour faire la promotion de la vaccination. Pourtant, il parait qu’on n’a jamais autant vacciné en France. À tel point que nous avons failli manquer de vaccins.
Malheureusement, ils font face à deux problèmes :
- Le vaccin n’est pas très efficace (comme celui de l’an dernier, qui avait atteint difficilement 35% d’efficacité) à cause de ce satané virus de la grippe qui mute presque autant que celui du Covid et qui est différent de celui prévu, avec plus de contagiosité et des symptômes plus marqués.
- La pénurie de médecins qui s’aggrave d’année en année à chaque nouvelle loi coercitive vis-à-vis des soignants, les jeunes n’ayant pas envie de s’installer et les vieux partant plus vite à la retraite. Du coup, au lieu d’aller chez leur médecin traitant ou de consulter un service médical de garde, tous ces malades filent à l’hôpital, seul lieu où ils ont une chance d’être accueillis.
Comme les statistiques sur l’épidémie de grippe proviennent en grande partie des chiffres des urgences hospitalières, l’impression est donc que nous sommes face à une épidémie plus forte et plus grave que prévu.
Rallumer la guerre pendant la trêve de Noël
Est-ce une raison pour attaquer l’homéopathie, un 29 décembre ?
L’AIMSIB étant née pour dire la science avec rigueur scientifique, sans conflit d’intérêts et avec bienveillance, je voudrais répondre ici à l’ANSM afin d’éclairer nos lecteurs et de lutter contre un certain obscurantisme qui n’apporte aucun bénéfice ni aux citoyens, ni aux malades, ni à notre système de santé.
Que nous dit l’ANSM en ces derniers jours de l’année 2025 (comme quoi cette année «9» était bien une année propice aux ténèbres) ? «Alors que la campagne annuelle de vaccination contre la grippe saisonnière est en cours, l’ANSM rappelle que les médicaments homéopathiques ne sont pas des vaccins et qu’ils ne peuvent pas se substituer aux vaccins contre la grippe».
Eh bien, pour tout vous dire, je suis parfaitement d’accord avec cette phrase. Les remèdes homéopathiques sont bien des médicaments à part entière et je suis heureux que l’ANSM le reconnaisse. Et ce ne sont PAS des vaccins, c’est une évidence.
Par facilité, certaines personnes utilisent le terme de «vaccin homéopathique», mais ce terme est totalement inadapté. Il faut dire que la faute revient avant tout à certains scientifiques qui utilisent le mot «vaccin» à toutes les sauces : vaccin contre le cancer, contre l’infarctus ou que sais-je encore. Le mot «vaccin» a bonne presse et fait vendre, alors tout le monde se l’approprie et l’emploie n’importe comment !
Savoir de quoi on parle
Eh bien, PAS LES HOMÉOPATHES ! Un homéopathe digne de ce nom n’utilisera jamais le terme de «vaccin homéopathique», car ce n’est pas le mode de fonctionnement de cette science bientôt tricentenaire.
Donc, l’homéopathie ne se substitue pas au vaccin, nous sommes d’accord.
Mais cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas sa place dans la prévention des infections hivernales. D’abord parce que l’homéopathie va renforcer les défenses immunitaires des patients contre TOUTES les infections et pas seulement contre la grippe. Ensuite parce qu’elle va permettre d’agir sur le terrain du patient, lui permettant de mieux se défendre contre le froid et les agressions de l’hiver. Et que, pour finir, elle peut être d’une grande aide pour agir sur les symptômes si l’infection apparaît malgré tout.
Cela fait 35 ans que je pratique cette approche globale qu’on appelle aujourd’hui «intégrative», pour le plus grand bonheur de mes patients. En 35 ans, je n’ai jamais eu ni décès ni même hospitalisation pour une grippe dans ma patientèle. Il faut dire que j’ai un biais de recrutement, comme beaucoup d’homéopathes, avec des patients réellement acteurs de leur santé et ayant une hygiène de vie plutôt meilleure que la moyenne. Et je ne compte plus le nombre de patients qui m’ont dit : «Docteur, depuis que je prends votre traitement, je ne suis plus du tout malade l’hiver». Ils attrapent beaucoup moins souvent la grippe ; et si ça leur arrive, elle est souvent peu violente. Mais en plus, ils font beaucoup moins d’angines, de sinusites ou de bronchites, ce que le vaccin contre la grippe ne permettra jamais.
Alors, pourquoi opposer l’homéopathie et la vaccination antigrippale, et rejeter la première pour ne proposer que cette deuxième solution préventive à l’exclusion de toute autre ?
Pourquoi rallumer le feu ?
De quoi l’ANSM a-t-elle peur ? À qui profite le crime ?
Dans son communiqué, elle poursuit : «Des médicaments homéopathiques peuvent être traditionnellement utilisés dans la prévention et le traitement de l’état grippal (fièvre, frissons, courbatures, etc.), mais ils ne sont ni autorisés ni efficaces dans la prévention de la grippe. On ne doit donc pas employer le terme de «vaccin homéopathique» pour parler de ces médicaments».
Donc, l’ANSM confirme que ce sont des médicaments et qu’ils sont traditionnellement utilisés dans la prévention de l’état grippal. Mais pourquoi dire qu’ils ne sont pas «autorisés» dans la prévention de grippe ?
J’imagine qu’ils veulent dire que, n’ayant pas d’AMM (autorisation de mise sur le marché) officielle pour la prévention de la grippe (par manque d’études, car personne ne veut les financer), l’homéopathie et les homéopathes ne peuvent pas revendiquer une action de prévention efficace contre la grippe.
Mais d’ailleurs, nous ne le revendiquons pas. Nous aidons les patients à mieux se défendre contre les infections en général. Et finalement, je suis assez content de lire sous la plume de l’ANSM qu’elle reconnaît l’usage de l’homéopathie dans la prévention de l’état grippal. Elle aurait pu ajouter «et dans la prise en charge des symptômes du syndrome viral», car l’homéopathie fait merveille dans ce domaine. Surtout que l’allopathie ne propose rien à part le paracétamol (comme pour le Covid), et c’est bien dommage. D’autant plus que l’ANSM (toujours elle) a rappelé dans un communiqué du 17/12/25 qu’il ne faut jamais utiliser d’anti-inflammatoires comme l’ibuprofène dans les infections hivernales. (2)

publié le 17/12/2025.
Ce qui limite encore un peu plus les possibilités thérapeutiques des médecins qui n’ont plus que les antibiotiques ou le paracétamol.
Or je rappelle que l’ANSM lutte depuis des années contre l’usage excessif des antibiotiques dans les infections hivernales ! (3)
Bien s’organiser pour ne rien voir
Alors pourquoi ne pas mieux étudier l’homéopathie et son apport dans la prise en charge intégrative des infections hivernales, y compris la grippe ?
Malheureusement, l’ANSM confirme sa vision étroite et son positionnement exclusif dans le communiqué du 29 décembre : «Seuls les vaccins contre la grippe ont démontré leur efficacité dans la prévention des infections grippales. Nous rappelons que les médicaments homéopathiques ne se substituent pas aux vaccins antigrippaux et ne protègent pas de la grippe : leur utilisation à la place du vaccin grippal représente une perte de chances importante pour les patients, notamment les personnes de plus de 65 ans et celles à risque de développer une grippe grave ou des complications».
Mais où sont les études comparatives ?
Le vaccin grippal a prouvé une certaine efficacité, je ne le conteste pas, mais une efficacité relative et très modeste. Un article du Point de janvier 2025 le rappelait déjà l’an dernier (4). Ce qui est amusant, c’est que la journaliste commençait son article de l’hiver dernier avec les mêmes mots entendus en cette fin d’année 2025 : «La grippe frappe très fort cette année en termes de décès. C’est même du jamais-vu depuis au moins 5 ans» ! Est-ce qu’on n’a pas réussi à tirer les enseignements de l’an dernier, ou bien sont-ce des propos de journalistes pour entretenir la peur dans la population (méthode parfaitement éprouvée pendant les années Covid) ?
L’article du Point rappelait que l’efficacité du vaccin chez les plus de 65 ans était, l’an dernier, de 31% ! Ce chiffre étant donné par «Santé France», il n’est donc pas contestable et montre bien l’efficacité modeste de la vaccination.
Cette année, une étude européenne parle d’une efficacité de 44%, mais avec un biais énorme et très souvent utilisé : ils se sont limités aux patients de moins de 65 ans, donc ceux qui sont le moins à risque de formes graves !
Alors OK, le vaccin grippal est la SEULE approche préventive bénéficiant d’études suffisantes pour affirmer une relative efficacité. Et même si certaines études sont biaisées, voire parfois totalement manipulatoires, mon propos n’est pas ici de les contester. Mais affirmer que «seuls les vaccins contre la grippe ont démontré leur efficacité dans la prévention» en oubliant de rappeler qu’aucune étude comparant la vaccination à une approche intégrative n’a été réalisée, c’est un peu hypocrite, non ? Incontestable sur le plan scientifique, mais un peu manipulatoire pour affirmer quoi que ce soit «dans la vraie vie».
Or, dans la vraie vie, pourquoi ne pas utiliser aussi l’expérience des milliers de médecins homéopathes et surtout le témoignage des millions de citoyens qui utilisent cette approche chaque hiver avec une efficacité crédible, puisque chaque année ils recommencent ?
Évidemment, comme ça ne ferait pas gagner d’argent aux laboratoires, personne ne dépense un centime pour de telles études.
Sauf que les premières «victimes» sont bien les citoyens qui payent des impôts et donnent énormément d’argent à la Sécurité sociale (vous savez tous, évidemment, que la santé n’est pas gratuite en France. Elle nous coûte même très très cher). Alors, est-ce que ça ne serait pas à l’État et aux agences de santé comme l’ANSM de financer de telles études ?
Affirmer que l’utilisation de l’homéopathie à la place du vaccin est une «perte de chances importante» n’est pas scientifiquement rigoureux, car aucune étude n’a été réalisée pour le dire. On peut seulement dire qu’il existe des études qui valident l’utilisation du vaccin, mais pas d’étude qui le compare à une approche intégrative.
Pour autant, je pense qu’aucun homéopathe n’a opposé le vaccin antigrippal et l’homéopathie avec ses patients.
Je veux rappeler une fois encore que le vaccin contre la grippe ne protège QUE contre la grippe (et encore, 1 fois sur 3 seulement), alors que l’homéopathie cherche à agir sur le terrain du patient, sur ses défenses contre TOUTES les infections hivernales.
À ce titre, à aucun moment l’homéopathie n’est «concurrente» de la vaccination. D’ailleurs, j’ai un certain nombre de patients qui choisissent de faire les deux ; et si ça leur convient, tout est parfait !
Vaccination ou pas
J’aime bien dire à mes patients : «Vous connaissez sûrement des personnes autour de vous qui disent que, depuis qu’ils se vaccinent contre la grippe, ils ne l’attrapent plus du tout. Et d’autres qui vont vous dire : «j’ai fait une fois le vaccin contre la grippe, et j’ai été tellement malade cet hiver-là que je ne le fais plus». Ça veut dire quoi ? Peut-être que la vaccination contre la grippe ne convient pas à tout le monde (5) ? Peut-être que le vaccin n’est pas un moyen «universel» de prévention ?
Statistiquement, il aide peut-être plus de monde qu’il n’en aggrave. Mais est-il bénéfique pour tout le monde ? Sûrement pas, car nous avons tous des systèmes immunitaires différents.
En disant cela, je ne cherche ni à critiquer ni à rejeter le vaccin antigrippal, bien au contraire. Je dis seulement que ce n’est pas la seule façon de faire de la prévention et que ce n’est pas toujours le meilleur moyen chez une personne donnée.
C’est pourquoi je défends depuis longtemps la «liberté vaccinale». Ceux qui se sentent bien avec ce vaccin, ceux qui se sentent plus en sécurité doivent continuer à le faire, évidemment, et pas question de les en dissuader, comme le laisse penser le communiqué de l’ANS Et si d’autres ne sont pas à l’aise avec cette vaccination, pourquoi leur «interdire» d’utiliser d’autres voies de prévention ? En disant cela, je ne pense pas spécifiquement à l’homéopathie.
Vous avez remarqué que j’ai utilisé plusieurs fois le terme de «médecine intégrative». Pourquoi ? Parce que, chaque hiver, je ne donne pas seulement quelques granules à mes patients. Je leur prescris aussi de la vitamine D si leur taux sanguin est trop bas, car elle a largement prouvé son efficacité dans la prévention hivernale. Je leur propose de prendre des probiotiques, car l’équilibre du microbiote détermine la qualité de nos défenses immunitaires. Je leur prescris aussi des plantes immunostimulantes, comme l’échinacée, qui ont montré leur intérêt pour renforcer notre système immunitaire vis-à-vis des infections.
Dans la vraie vie des médecins…
Je fais tout cela et bien d’autres choses en ma qualité de médecin ; c’est-à-dire en évaluant les avantages et les inconvénients de chaque approche, les bénéfices et les précautions d’emploi de chaque remède, et surtout en analysant le terrain et les facteurs de risques de chaque patient. C’est-à-dire en individualisant chaque prescription grâce à une approche globale respectant l’Evidence Based Medecine (EBM) : la véritable EBM telle qu’elle a été définie par ses concepteurs, à partir de 3 axes qui interagissent et se conjuguent :
- les résultats des études scientifiques,
- la situation particulière du patient (son terrain, ses besoins spécifiques, son désir, etc.)
- l’expérience du thérapeute.
Le communiqué de l’ANSM semble faire un amalgame entre homéopathie et homéopathes en oubliant que ces derniers sont de vrais médecins, ayant fait les mêmes études de médecine, et que leurs compétences ne sont pas moins bonnes parce qu’ils prescrivent des granules à leurs patients.
J’ai titré mon article «Pourquoi tant de haine…» parce que c’est ce que je ressens dans le communiqué de l’ANSM : un rejet total de l’homéopathie comme des homéopathes sans autre forme de procès. Cette haine, ce rejet, on les retrouve dans l’article de Medscape qui reprend le communiqué de l’ANSM. (6)
L’article n’est que manipulation et hypocrisie. Ainsi, la seule étude qu’ils citent sur l’homéopathie concerne l’Oscillococcinum qui n’est pourtant pas, et de loin, le remède le plus utilisé par les vraies homéopathes dans la prévention hivernale.
De la même façon, ils parlent d’une «efficacité vaccinale comprise entre 52% et 57%» en oubliant de préciser que c’est chez les jeunes, mais pas après 65 ans.
Alors oui, je ressens de leur part de la haine et du rejet. Et en ce début d’année 2026, j’aimerais tendre la main aux scientifiques honnêtes, aux médecins bienveillants et aux agences de santé qui veulent agir réellement dans l’intérêt des citoyens. Vous aurez remarqué que jamais je n’ai critiqué la démarche conventionnelle ou la vaccination dans mes propos. Je crois avant tout à la complémentarité de toutes ces approches. La médecine scientifique moderne apporte évidemment de nombreux progrès ; et il n’est pas question de la rejeter parce que les solutions sont souvent «chimiques» et qu’elles remplissent les poches des actionnaires ! Je ne veux être ni dans le rejet ni dans le jugement.
L’AIMSIB se veut avant tout bienveillante. Cette année, nous allons continuer à dire la science avec la plus grande rigueur et sans conflits d’intérêts ; mais également sans haine ni rejet de quoi que ce soit, sauf peut-être de la malhonnêteté intellectuelle de certains lobbies.
Je fais le vœu pour 2026 que cette médecine intégrative qui inclut toutes les approches, à commencer par l’allopathie et les vaccins, soit le lieu de rencontre entre tous les soignants dans un seul but commun : la meilleure santé pour tous. Ce sera d’ailleurs le thème central de notre prochain congrès en octobre 2026.
Je suis sûrement utopiste, mais c’est bien le moment de rêver en ce début d’année «1» où tous les espoirs sont permis.
Je vous souhaite donc une très belle année faite d’Espérance, de Vérité et d’Amour. Car, comme le disait Gandhi : «Si la haine répond à la haine, qui arrêtera la haine ?»
Bonne année à tous ! Et prenez bien soin de vous, de façon «intégrative» !
Notes :
- https://ansm.sante.fr/actualites/grippe-saisonniere-les-medicaments-homeopathiques-ne-sont-pas-des-vaccins
- https://ansm.sante.fr/actualites/infections-hivernales-il-est-conseille-deviter-libuprofene-ou-le-ketoprofene-en-premiere-intention
- https://ansm.sante.fr/actualites/plan-hivernal-2025-2026-point-sur-lapprovisionnement-en-medicaments
- https://www.lepoint.fr/sante/le-vaccin-contre-la-grippe-est-il-moins-efficace-cette-annee-30-01-2025-2581188_40.php
- https://www.aimsib.org/2025/09/14/quelques-arguments-frappants-contre-lobligation-vaccinale-antigrippale/
- https://francais.medscape.com/viewarticle/grippe-lansm-rappelle-lefficacité-des-vaccins-et-2025a10010nk?form=fpf
- Source : AIMSIB















