Deux nouveaux reporters tués à Gaza : Le journalisme sous les bombes, un bilan effroyable de 206 victimes

Depuis octobre 2023, le conflit à Gaza a fait plus de 206 victimes parmi les journalistes et travailleurs des médias, tombés sous les frappes israéliennes. Ce chiffre macabre, révélé par le Syndicat des journalistes palestiniens, marque le pire massacre de professionnels de l’information dans l’histoire contemporaine. Une politique délibérée visant à réduire au silence ceux qui documentent la réalité du terrain.
Deux nouveaux noms s’ajoutent à la liste des martyrs de l’information
Lundi 24 mars, deux reporters ont péri dans des attaques distinctes. Mohammed Mansour, collaborateur de la chaîne Palestine Today, et Hossam Shabat, correspondant d’Al Jazeera Mubasher, ont été tués dans le nord et le sud de Gaza. La Défense civile palestinienne a confirmé leur disparition, tandis que leurs employeurs ont dénoncé des frappes délibérées contre des civils exerçant leur métier.
Le journaliste palestinien Hussain Shabbat assassiné par le régime colonial israélien, sa maman hurle son deuil.. mais, c’est surtout l’humanité de l’Occident qu’on enterre un peu plus : le silence assourdissant face à ces images en dit long.
— Amine Snoussi (@amin_snoussi) March 24, 2025
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Un crime de guerre à la lumière froide
« Ceci n’est ni un incident isolé ni une erreur », affirme le Syndicat des journalistes palestiniens dans un communiqué cinglant. L’organisation accuse Israël de mener une campagne systématique pour éliminer les témoins gênants, transformant les professionnels des médias en cibles prioritaires. « Ils sont assassinés pour une seule raison : dire la vérité », martèle le texte, qualifiant ces actes de « crimes de guerre » destinés à étouffer la liberté de la presse.
Al Jazeera en deuil, une voix de plus réduite au silence
La chaîne qatarie Al Jazeera a officialisé la mort de Hossam Shabat, touché alors qu’il couvrait les événements dans le nord de l’enclave. Son décès soulève une nouvelle fois la question de la protection des reporters en zone de guerre. Al Jazeera, média souvent critiqué par Tel-Aviv, dénonce une attaque préméditée contre son équipe, dans un contexte où les médias indépendants sont perçus comme des ennemis.
L’impunité, carburant d’une machine à tuer
Le syndicat palestinien fustige le « silence complice » de la communauté internationale, qui, selon lui, encourage la perpétuation des exactions. Malgré les condamnations de principe, aucune sanction concrète n’a freiné l’offensive israélienne. L’appel est lancé : l’ONU, la Cour pénale internationale et les défenseurs des droits humains doivent passer « des mots aux actes » pour briser le cycle de l’impunité.
Résistance médiatique : la plume plus forte que les missiles ?
« Rien ne fera taire la presse palestinienne », clame le communiqué, déterminé à poursuivre la documentation des crimes devant toutes les instances juridiques. Malgré les risques, les journalistes sur place entendent continuer leur mission, convaincus que leur combat dépasse les frontières de Gaza. « La vérité survivra aux balles », promettent-ils, dans un ultime défi à l’occupation.
Communiqué de presse du Syndicat des Journalistes Palestiniens
L’occupation commet un nouveau massacre contre les journalistes… L’assassinat des confrères Mohammed Mansour et Hossam Shabat est un crime qui s’ajoute au dossier du terrorisme israélien.
Le Syndicat des Journalistes Palestiniens condamne avec la plus grande fermeté le crime odieux perpétré par l’occupation israélienne contre les journalistes Mohammed Mansour, correspondant de la chaîne Palestine Today, et Hossam Shabat, correspondant de Al Jazeera Mubasher, par un ciblage direct dans la bande de Gaza. Ce crime de guerre atroce vise à étouffer la vérité et à terroriser tous ceux qui portent le message de la liberté d’expression. Ce crime n’est ni un événement isolé ni une exception, mais s’inscrit dans une politique systématique de l’occupation visant à éliminer les journalistes palestiniens, qui sont devenus une cible directe de la machine de guerre israélienne simplement parce qu’ils accomplissent leur devoir de reportage et de transmission des faits. Depuis le début de l’agression, plus de 206 journalistes et travailleurs des médias ont été tués par les balles et missiles de l’occupation, dans le plus grand massacre sanglant jamais commis contre des professionnels des médias dans l’histoire moderne, sous le silence complice et honteux de la communauté internationale. Le Syndicat des Journalistes Palestiniens tient l’occupation israélienne pleinement responsable de ces crimes et affirme que le ciblage des journalistes constitue un crime de guerre à part entière, nécessitant une action immédiate de la part de la communauté internationale pour mettre fin à ces violations flagrantes de la liberté de la presse et des droits humains. Le syndicat appelle l’ONU, la Cour pénale internationale (CPI), ainsi que toutes les organisations de défense des droits humains et des médias à dépasser le stade des simples condamnations verbales et à passer à l’action en prenant des mesures sérieuses et immédiates pour tenir Israël responsable de ses crimes, en imposant des sanctions dissuasives mettant un terme à cette impunité qui encourage l’occupation à poursuivre ses exactions. Le syndicat réaffirme son engagement à documenter ces crimes et à poursuivre les dirigeants israéliens devant toutes les instances juridiques et internationales afin de dévoiler leur visage criminel au monde. Il souligne que toutes les tentatives visant à museler la presse palestinienne échoueront et que la voix de la vérité restera plus forte que la violence et la répression.
Gloire et éternité aux martyrs du journalisme palestinien… Liberté à la parole, qui ne sera jamais brisée malgré la brutalité de l’occupation.
Syndicat des Journalistes Palestiniens 24 mars 2025
- Source : Le Média en 4-4-2