La famille Bibas somme le gouvernement israélien de cesser d’exploiter publiquement la mort des otages
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La famille des deux enfants israéliens et de leur mère, morts en captivité à Gaza, ont demandé à Benjamin Netanyahou et à son gouvernement de cesser d’utiliser leur mort à des fins politiques.
Shiri Bibas et ses enfants, Ariel et Kfir, âgés respectivement de quatre ans et de neuf mois, ont été enlevés par les Brigades des Moudjahidines, un petit groupe armé qui opère à Gaza et en Cisjordanie occupée, lors de l’attaque du 7 octobre 2023 menée par le Hamas contre Israël.
Le Hamas a déclaré qu’ils ont été tués lors d’une frappe aérienne israélienne sur Gaza en novembre 2023. Yarden Bibas, le mari de Shiri, a été libéré le mois dernier au cours de la première phase d’un accord de cessez-le-feu conclu entre le Hamas et Israël.
La semaine dernière, le porte-parole de l’armée, Daniel Hagari, a déclaré qu’Israël disposait de renseignements indiquant qu’ils sont morts, mais qu’il ne pouvait pas l’annoncer au public, bien qu’il ait demandé à de nombreuses reprises que la famille revienne en vie.
Il a également nié qu’ils aient été tués lors d’une frappe aérienne israélienne et a prétendu qu’ils avaient été “tués à mains nues”, sans fournir d’autres détails ou la moindre preuve.
Middle East Eye, compte tenu de restrictions, n’a pas pu vérifier de manière indépendante les circonstances de la mort des enfants.
Ofri Bibas, la sœur de Yarden, a reproché mardi à M. Netanyahu, dans un message publié sur Facebook, d’avoir mentionné à plusieurs reprises la mort de Shiri, Ariel et Kfir, et d’avoir divulgué des informations confidentielles.
Dans un discours enregistré en vidéo devant l’American Israel Public Affairs Committee mardi, M. Netanyahu a décrit en détail la mort des trois personnes, contre la volonté de la famille.
Il a parlé de la famille lors d’un discours prononcé à l’occasion d’une cérémonie militaire dimanche, au cours de laquelle il a brandi une photo d’eux.
Ynet rapporte que la famille a depuis envoyé une lettre sommant le Premier ministre et autres fonctionnaires et instances gouvernementaux de s’abstenir de publier quelque information que ce soit à leur sujet.
Parallèlement, l’avocate représentant la famille Bibas, Dana Pugach, s’est adressée lundi à plusieurs officiels, notamment au ministère des Affaires étrangères, à des officiers supérieurs de l’armée et à M. Netanyahou, pour rappeler que la publication d’informations sur les victimes relève exclusivement de la volonté de la famille.
“La famille ne doit en aucun cas subir de pressions pour que ces morts soient exploitées à des fins soi-disant publiques”, a-t-elle déclaré.
Dans son message, Ofri Bibas a précisé que la divulgation de prétendus détails sur la mort des proches constitue
“une atteinte à la dignité d’une famille qui a traversé 16 mois d’enfer avec le pire à venir”.
“Et l’unique chose que je peux encore vous dire, au nom de la famille Bibas : taisez-vous’”, a-t-elle ajouté.
La famille a également exigé des médias qu’ils “cessent d’ajouter des détails selon lesquels Shiri et les enfants auraient été assassinés par leurs ravisseurs”, dans une déclaration publiée samedi par le Forum des otages et des familles disparues.
Israel Hayom a rapporté que la famille Bibas a également avertit qu’elle refuse toute présence de responsables du gouvernement aux funérailles, qui ont eu lieu mercredi et auxquelles ont assisté des milliers de personnes.
Et, s’adressant aux trois disparus, évoquant le gouvernement Netanyahu : “Ils auraient pu vous sauver, mais ils ont préféré se venger”.
Traduction : Spirit of Free Speech
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Quand Israël refusait de reprendre les corps de la famille Bibas après l’avoir tuée dans un bombardement
Diana Magnay, journaliste à Sky News, rapporte qu’en novembre 2023, le Hamas a proposé de rendre les corps de la famille Bibas, tuée lors d’un bombardement israélien, et qu’Israël a refusé, « affirmant qu’il s’agissait d’une ruse psychologique ».
(Vidéo sous-titrée par F. de CAPJPO-Europalestine)
Par Sky News
- Source : Middle East Eye (Royaume-Uni)