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Lundi, 26 Juill. 2021

Le but de la loi antiterroriste n’a jamais été la sécurité des Français

Auteur : E&R | Editeur : Walt | Vendredi, 04 Juin 2021 - 16h08

Le 2 juin 2021, le le projet de loi « relatif à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement » a été discuté à l’Assemblée, une assemblée qui ne représente plus le pays, d’où la crise politique actuelle. Mais ça, le Système s’en fout : il continue en roue libre, totalement déconnecté du pays, des besoins des Français. Il est clair que cette attitude conduit à n clash ; ce que les anciens appelles une révolution.

 

On nous survend le terrorisme, au besoin on l’encadre, sinon l’organise, pour nous grignoter les libertés. C’est le résumé d’années de néolibéralisme qui s’occupe officiellement de la sécurité des Français.

Le but n’est pas la sécurité des citoyens – ce que tout le monde peut voir avec les attentats et les faits divers, la pauvreté matérielle de la justice et de la police –, mais bien la destruction des libertés publiques, une par une. Là, les gouvernements néolibéraux sont curieusement très efficaces. Pour le reste, il y a la « com », c’est-à-dire le double discours, la duplicité. Les Indiens disaient « la langue fourchue ».

Sputnik a interrogé le député LFI Ugo Bernalicis qui voit bien sûr – pas la peine d’avoir un QI de 160 – le risque liberticide dans ce texte. Nous, on va plus loin, en disant que le but de ce texte, c’est justement la destruction des libertés.

« C’était couru d’avance que les mesures de l’état d’urgence allaient être pérennisées dans la loi », constate Ugo Bernalicis au micro de Sputnik. Pour l’insoumis, l’équilibre entre efficacité des dispositifs et préservation des libertés fondamentales est loin d’être trouvé : « En théorie, le principe de précaution se fait plutôt en faveur de la liberté – qui doit être la norme –, et non de la restriction qui doit être l’exception ! », fustige-t-il. L’exécutif a même renforcé des mesures de la loi SILT, à l’image des dispositions de contrôle administratif et de surveillance des individus. Des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance désignées par l’acronyme Micas. Celles-ci permettent au ministère de l’Intérieur de contraindre une personne dont le « comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics » à ne pas sortir d’un périmètre donné pendant trois mois renouvelables. Le tout assorti d’une obligation de pointage. Et ce quand bien même aucune infraction de nature à déclencher une procédure judiciaire ne peut lui être reprochée.

Connaissant la rouerie du pouvoir profond et sa haine à l’égard des patriotes, il est certain que les auteurs de ce texte scélérat ne visent pas les quelques détenus fichés S, fomenteurs de troubles à l’ordre public ou auteurs d’actes de terrorisme, mais bien les résistants au Système. Il faudra bien un jour que l’amalgame entre résistance au Système et terrorisme soit fait par nos politiques pour en arriver là. C’est pourquoi le concept très extensible de dangerosité est important :

« Ce qui irrigue la conception du droit en matière antiterroriste, c’est le concept de dangerosité. Sur la base d’une “dangerosité”, on peut édicter des mesures restrictives de liberté. C’est extrêmement dangereux justement, car l’état de droit se fonde sur un régime de preuves. On ne peut pas punir quelqu’un sur la base de supposées intentions. Sinon, c’est la police de la pensée ! » s’exclame l’insoumis.

C’est déjà la police de la pensée, Ugo. Pour l’opposition de droite, on discute encore de la problématique des fichés S, alors que ce n’est pas le problème de fond :

Un argument repris d’ailleurs de l’autre côté de l’opposition. « Les personnes fichées S ou fichées au FSPRT [Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, NDLR] sont susceptibles d’être radicalisées ou de commettre un attentat terroriste, mais il n’y a rien de démontré ! Il y en a plus de 20.000 aujourd’hui, il est donc impossible de présumer que toutes ces personnes vont commettre un acte terroriste », illustre Marc-Philippe Daubresse, sénateur LR du Nord.

Sputnik en arrive à l’os – enfin ! –, la surveillance numérique de la population. C’est un point crucial et nous sommes tous concernés, qu’on soit pro ou anti-E&R. Là encore, le terrorisme dit islamiste sert de prétexte, à l’image du Patriot Act de Bush après le 11 septembre 2001.

L’autre volet important dans ce projet de loi concerne la surveillance numérique de la population. Le gouvernement mise ainsi sur la technique des algorithmes pour déjouer d’éventuelles attaques sur le territoire français. Ces derniers pourront passer au crible l’intégralité des adresses URL des sites web consultés par les internautes afin notamment de détecter la connexion et l’intérêt éventuel d’un individu vers des sites liés au terrorisme. Les services de renseignement pourront donc avoir définitivement recours aux fameuses « boîtes noires » expérimentées depuis 2017.

Celles-ci ont pour rôle de collecter et d’analyser des métadonnées, c’est-à-dire toutes les informations périphériques donnant du contexte à un contenu. En théorie, elles ne peuvent pas lire le contenu d’un message envoyé en ligne mais simplement recouper des informations potentiellement suspectes ou sensibles afin de détecter d’éventuelles menaces ou des préparations d’attentats. Dans le même esprit, le texte du projet de loi porte à deux mois la durée d’autorisation de la technique de recueil de données informatiques et facilite l’interception des correspondances échangées par voie satellitaire.

Merci Sputnik pour ce résumé technique dans lequel, là encore, on sent le basculement possible de terroristes à résistants, la différence entre les deux catégories étant de plus en plus ténue... dans l’esprit des rédacteurs de la loi. Naturellement, le député LFI ne va pas aussi loin que nous, il ne franchit pas le Rubicon de la pensée et reste sur la rive officielle.

Peu convaincu par l’efficacité de cette surveillance en ligne, Ugo Bernalicis plaide de son côté pour « davantage de moyens humains » en faveur des services de renseignement. « La quasi-totalité des mises en échec d’attentats résulte du renseignement humain et non du renseignement numérique », rappelle-t-il. Fin 2019, Le Monde révélait en effet que sur cinquante-neuf attentats déjoués au cours des six années précédentes, un seul l’avait été grâce à une surveillance numérique en amont.

Mais la pauvreté en effectifs antiterroristes de terrain est justement la preuve qu’on ne veut pas trouver ou remonter trop loin (et là, le grand public pourrait avoir de sacrées surprises)... Un problème dans le problème surgit : le traitement des données numériques... par l’entité américaine, c’est-à-dire l’Empire.

Autre argument invoqué par le député du Nord : la dépendance de la France à l’égard des États-Unis en matière de traitement des métadonnées.

« Ce qui m’inquiète, c’est que nous n’avons pas les moyens techniques d’opérer ce traitement algorithmique avec une solution souveraine. Nos services de renseignement passent par Palantir, la société américaine qui travaille avec les agences de renseignement américaines. Le prisme américain est évident. Les garanties ne sont pas à la hauteur des enjeux en matière de liberté. »

Ce qui veut dire, en creux, qu’il y a un risque que les données sur le terrorisme soient manipulées par le pouvoir profond américain... On dit ça, on dit rien. Et pendant que le politique visible discute de la forme, le pouvoir profond s’occupe du fond... 

Bonus : quand les médias font du web le terreau du terrorisme

La préposée à la propagande : « Le gouvernement muscle son jeu face au terrorisme aujourd’hui, notamment sur le web »


- Source : E&R

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