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Mardi, 16 Août 2022

Stéphane Manigold, millionnaire, en plein racisme social contre Rachel Keke, femme de ménage

Auteur : Marcel D | Editeur : Walt | Mercredi, 22 Juin 2022 - 17h02

Stéphane Manigold a une bien mauvaise image des petites gens qui réussissent vite. Invité aux Grandes Gueules sur RMC (voir vidéo ci-dessous), le restaurateur a cru bon de dire tout le mal qu’il pense de Rachel Keke, nouvelle députée élue Nupes, puis LFI en 2022. Elle rejoint sur les bancs de l’Assemblée François Ruffin qui avait défendu les femmes de ménage. Quant à Stéphane Manigold, en bon millionnaire, il pense qu’une députée femme de chambre ne peut réussir sa vie.

« Avant de vouloir gérer la vie des autres, il faut déjà que tu aies réussi à gérer ta vie ».

Celui qui a commencé comme petit pizzaiolo, Stéphane Manigold, devenu grand restaurateur ne semble pas apprécier le changement de statut social de la femme de ménage. « Cette fille elle va passer de 1 500 – 2 000 euros par mois à plus de 5 000 euros mais il faut quand même mener des combats, avoir des collaborateurs, faut les manager, faut faire des amendements. Elle prend un risque de se confronter à un mur, le mur de la réalité. » Ce que semble ignorer le président de la branche restauration Umih Paris et Île-de-France, c’est que ce petit bout de femme, Rachel Keke, est l’une des porte-parole de la grève des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles. Entamée en 2019, elle a duré 22 mois et est considérée comme la plus longue de l’histoire de l’hôtellerie en France. Les employées passeront d’un salaire de 1 300 à 1 700 euros net par mois. Si réussir sa vie c’est embellir celle des autres avec une augmentation de 400 euros net par mois, on va dire que c’est pas trop mal pour le petit peuple qui joue des coudes pour se nourrir et payer le loyer. La réalité, elle l’a prise en pleine face pendant 22 mois, loin des gros salaires, des meilleures tables des plus grands chefs de la restauration et du plateau des Grandes gueules.

Nous souhaitons au passage remercier toutes les femmes de ménage — surtout celle qui travaillent chez Stéphane Manigold — qui font le boulot très tôt le matin, avant l’arrivée des employés, afin que tout ce beau monde puisse travailler dans les meilleures conditions, même pour les bas du front qui pensent qu’une femme de ménage ne peut réussir sa vie. La réussite de Rachel Keke est celle d’une lutte sociale collective. Stéphane Manigold, lui, s’est débrouillé individuellement — sa société Eclore a un chiffre d’affaires de six  millions — pour se hisser à la classe sociale de ceux qui pensent que les gens ne veulent plus travailler. Malgré l’augmentation de 16 % du salaire de base, dans l’hôtellerie-restauration, 220 000 postes restent à pourvoir. On se demande bien pourquoi. Stéphane Manigold déplore que les salariés aient été trop protégés pendant le confinement — un comble de la part de celui qui a défendu les patrons restaurateurs contre Axa.


- Source : Le Média en 4-4-2

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