Neuf ans en Macronie : 25 condamnations, 10 mises en examen et 9 enquêtes en cours…
On vous aurait bien fait un top 10 des macronistes confrontés à la justice, mais ils sont déjà une quarantaine… [Bayrou] voulait introduire de la « moralisation » dans la vie publique, il promettait une « République exemplaire ». Au final, la « grande » loi portée par le Garde des Sceaux François Bayrou n’aura été qu’une réponse à l’affaire Fillon. La suite de la « morale » macronienne, on la connaît. À se croire dans l’Ancien Monde. Déjà dix ans qu’Emmanuel Macron est Président et la liste des déboires de la Macronie ne cesse de s’allonger.
25 condamnations

- Jean-Jacques Bridey
Le 27 septembre 2018, Mediapart publie un article sur ce député LREM. Jean-Jacques Bridey, un des premiers « marcheurs », actuel président de la commission de la défense à l’Assemblée nationale, est « visé par une enquête préliminaire pour concussion », peut-on lire.
Concrètement, Jean-Jacques Bridey est soupçonné d’avoir dépassé les plafonds d’indemnités concernant le cumul de mandats. Coût de l’opération : 100.000 euros.
En septembre 2019, Le Monde révèle qu’une autre enquête est ouverte par le Parquet national financier à l’encontre de Jean-Jacques Bridey. Cette fois-ci, le député est soupçonné de « détournement de fonds publics, liés à un usage illicite de ses indemnités représentatives de frais de mandat (IRFM) de député, lors de la précédente législature », peut-on lire dans le quotidien du soir. Plus tôt en septembre, Mediapart assurait que Jean-Jacques Bridey se faisait également rembourser deux fois ses notes de frais, des frais de bouche exorbitants alors qu’il était maire de Fresnes.
[L’ancien député socialiste puis macroniste du Val-de-Marne Jean-Jacques Bridey a été condamné jeudi 4 juin 2026 à deux ans d’emprisonnement avec sursis et 75.000€ d’amende par la 32e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, pour détournement de fonds publics et concussion sur la période 2013-2019. Le verdict a été rendu à 13h30, deux mois après l’audience du 2 avril 2026, au terme de laquelle le Parquet national financier avait requis une peine de prison avec sursis assortie de 300.000 euros d’amende et d’une peine d’inéligibilité. Le détail de l’amende et de la sanction accessoire n’avait pas été précisé au moment de la publication.]
- Caroline Cayeux
Lu dans Libération, le 11 mai 2025 : « L’ex-ministre Caroline Cayeux condamnée pour fraude fiscale après avoir minoré sa richesse personnelle de 11,7 millions d’euros ». Elle écope de dix mois de prison avec sursis. Caroline Cayeux, maire LR de Beauvais, n’aura été ministre déléguée chargée des collectivités territoriales que quatre mois sous Élisabeth Borne. Juste le temps de faire sa déclaration de patrimoine, de mentir, puis de démissionner. Bel effort !
- Nathalie Elimas
En janvier 2022, alors secrétaire d’État chargée de l’Éducation prioritaire, Nathalie Elimas est visée par une enquête administrative sur des accusations de harcèlement et de maltraitance au sein de son cabinet. « Une demi-douzaine de personnes en seraient victimes », lit-on dans Le Monde. Nathalie Elimas quitte le gouvernement en mars 2022. Le 16 juin, elle a été condamnée à dix mois de prison avec sursis pour harcèlement moral.
- Karl Olive
Le député macroniste a été condamné, le 18 novembre 2024, à huit mois de prison avec sursis pour prise illégale d’intérêts, du temps où il était maire de Poissy. Dans Le Monde, on lit : « L’élu a été jugé coupable d’avoir ‘commis des faits de prise illégale d’intérêt en participant au recrutement’ du fils de l’ancien directeur général adjoint des services de Poissy en tant que directeur de la jeunesse et des sports de la ville ‘dans des conditions reposant sur un montage permettant de s’affranchir des règles de nomination de la fonction publique’ ». Karl Olive a fait appel de cette décision.

- Olivier Dussopt
Le 7 février 2025, on lit dans Le Monde que la cour d’appel de Paris a reconnu coupable l’ex-ministre du travail concernant l’octroi d’un marché public de l’eau en 2009. Il avait été relaxé en première instance, en janvier 2024.
11 juin 2020, Mediapart révèle que « le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire pour « corruption » et « prise illégale d’intérêts » […] Le secrétaire d’État s’était fait offrir en 2017 des œuvres d’art [notamment du peintre Gérard Garouste] par un dirigeant de la Saur, en affaires avec la municipalité [d’Annonay] qu’il dirigeait alors ». L’ancien socialiste sera perquisitionné le 18 août 2020.
Le 4 février 2023, on lit sur Mediapart : « le ministre du Travail, en première ligne politique et médiatique avec la réforme des retraites, a reçu ces derniers jours un rapport d’enquête accablant du Parquet national financier (PNF), qui le soupçonne d’un délit de favoritisme sur un marché truqué avec l’un des géants français de l’eau, le groupe Saur ».
[Dussopt a d’abord été relaxé en première instance par le tribunal judiciaire de Paris le 17 janvier 2024 du délit de favoritisme en faveur de Saur. Mais le PNF avait fait appel de cette relaxe et devant la cour d’appel de Paris, Dussopt a été condamné le 7 février 2025 : il écope seulement de 15.000 euros d’amende, dont 10.000 avec sursis, ainsi que d’une interdiction d’exercer des fonctions dans des entreprises candidates à des marchés publics — une sanction directement liée à la nature du délit qu’il avait commis. Comble de l’indécence, Dussopt demande à être relevé de cette interdiction en prétextant car qu’elle lui complique la recherche d’un emploi : et en avril 2026, un tribunal lui a accordé cette faveur !
Du coup, comme sa candidature dans le groupe Emeis (une entreprise de gestion d’EHPAD et de cliniques dont l’ancien nom, plus connu, était Orpea) était soutenue par la Caisse des dépôts et consignations (principal actionnaire de ce groupe), Olivier Dussopt a été élu président du conseil d’administration de Emeis le 23 juin 2026…]
- Le MoDem
Mai 2017. Emmanuel Macron commence tout juste son mandat. Trois membres du MoDem font partie du gouvernement, à des postes majeurs : François Bayrou à la Justice, Marielle de Sarnez aux Affaires européennes et Sylvie Goulard aux Armées. François Bayrou aura tout juste le temps de porter sa « grande » réforme de « moralisation ».
En juillet 2017, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire pour abus de confiance, recel d’abus de confiance et escroqueries concernant des soupçons d’emplois fictifs d’assistants au Parlement européen.
Les trois démissionneront dès juin 2017.
Première et éphémère ministre des Armées d’Emmanuel Macron, Sylvie Goulard a été mise en examen le 29 novembre 2019 par la juge chargée de l’enquête sur les emplois présumés fictifs des assistants de députés européens. Le 4 décembre 2019, Marielle de Sarnez est mise en examen pour « détournement de fonds publics ». Le 6 décembre 2019, c’est François Bayrou qui est mis en examen à son tour. « Au total, une douzaine de responsables du Modem ont été mis en examen dans cette affaire », peut-on lire dans Les Échos.
Le 13 janvier 2021, François Bayrou annonce le décès de Marielle de Sarnez.
Le 31 janvier 2023, le parquet de Paris demande le renvoi du parti et d’une douzaine de ses responsables devant le tribunal correctionnel pour « détournement de fonds publics ». En mars 2023, un non-lieu est ordonné pour Sylvie Goulard, considérée par les juges comme « étrangère aux détournements réalisés ».
Le 5 février 2024, le tribunal correctionnel de Paris a rendu sa décision : « Le président du MoDem, François Bayrou, a été relaxé‘au bénéfice du doute’. Deux autres prévenus ont aussi été relaxés, tandis que huit autres, parmi lesquels figuraient cinq ex-eurodéputés, ont été condamnés à des peines allant de dix à dix-huit mois de prison avec sursis, des amendes de 10 000 à 50 000 euros et à deux ans d’inéligibilité avec sursis. Le parti Union pour la démocratie française (UDF) a été condamné à 150 000 euros d’amende, dont 100 000 euros ferme, et le MoDem à 350 000 euros, dont 300 000 euros ferme », lit-on dans Le Monde. Ou comme le résume Mediapart : « Oui, le MoDem a profité illégalement de fonds européens pour rémunérer certains de ses permanents en les faisant passer pour ses assistants parlementaires. Oui, les eurodéputés et les trésoriers du parti étaient au courant de la combine… mais pas forcément le grand chef, François Bayrou. »
Concernant la relaxe de François Bayrou, le parquet a fait appel de cette décision. À suivre, donc.

- Laetitia Avia
Depuis l’été 2020, la députée-vice-présidente-du-bureau-exécutif-porte-parole de LREM est visée par une enquête pour « harcèlement moral ». Cinq de ses anciens assistants parlementaires l’accusent, dans un article publié par Mediapart, d’humiliations, harcèlements et abus de pouvoir. Le 5 juillet 2023, la désormais ex-députée a été condamnée à six mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité pour harcèlement moral.
[Le 4 juillet 2025, la cour d’appel de Paris a confirmé cette sanction et a par ailleurs estimé que l’ex-députée de Paris, redevenue avocate après sa défaite aux législatives en 2022, avait commis une faute civile concernant un assistant parlementaire, faute pour laquelle elle avait été relaxée en première instance. Et elle a revu à la hausse les dommages et intérêts à verser aux parties civiles.
On se souvient que, au printemps 2020, la députée macroniste portait au Parlement un projet de loi contre la haine en ligne, qui a été censuré en grande partie le mois suivant par le Conseil constitutionnel le 18 juin 2020.]
- Anne-Christine Lang
Le 9 mai 2023, l’ex-députée LREM Anne-Christine Lang a été condamnée à 3 ans d’inéligibilité et 60 000€ d’amende pour détournement de fonds publics, apprend-on dans Le Monde. On lit : « Mme Lang a reconnu avoir utilisé une partie de son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) à des fins personnelles. Des « dépenses non conformes » à hauteur de 44 650 euros, comme l’a rappelé le président du tribunal, citant comme exemple des consultations médicales, l’achat de jouets et de vêtements pour enfants, le paiement de cotisations à un parti politique ou encore des chèques en faveur de personnes ou de sociétés « sans lien avec le mandat de député ».
- François Pupponi
Ancien maire de Sarcelles et député MoDem, François Pupponi a été condamné à 5000 euros d’amende et 29 000 euros de dommages et intérêts, en janvier 2022, pour abus de biens sociaux et faux et usage de faux par le tribunal correctionnel de Pontoise. L’élu a fait appel de cette décision, lit-on sur Mediapart.

- Alexandre Benalla et Vincent Crase
Faut-il encore présenter le feuilleton de l’été [2018] ? Alors qu’Emmanuel Macron profitait de sa piscine à 34.000 euros à Brégançon, une vidéo montrant son homme de main élyséen molestant des manifestants le 1er-Mai venait assombrir le ciel estival macroniste.
Alexandre Benalla n’est pas seulement un barbouze. Il intervient comme bon lui semble, en marge des manifestations, brassard « police » autour du bras. La loi, c’est lui. Le jeune homme de 26 ans dispose aussi d’une voiture (avec chauffeur) équipée de gyrophares, d’un badge lui permettant de se rendre dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale et et de porter des armes à feu. À ce propos, ces armes étaient conservées dans un coffre-fort au domicile de Benalla. Depuis que la justice s’est saisie de l’affaire, le coffre-fort a disparu. Le 5 novembre, une information judiciaire a été ouverte contre X (coucou Alexandre Benalla) par le parquet de Paris pour « soustraction de documents ou objets concernant un crime ou un délit en vue de faire obstacle à la manifestation de la vérité ».
Pour la première fois du quinquennat, Emmanuel Macron est pris de court. Sa communication s’avère catastrophique. [Dans la soirée du mardi 24 juillet 2018, il s’invite à une soirée d’élus et de membres du gouvernement à la maison de l’Amérique latine et déclare : « La République exemplaire n’empêche pas les erreurs. S’ils cherchent un responsable, le seul responsable, c’est moi et moi seul. C’est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. […] S’ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu’ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français. »] Lui et ses sbires accusent les journalistes de ne pas chercher la « vérité ». Même les plus conservateurs des syndicats de police s’offusqueront de voir Benalla invité du JT de TF1. Eux n’ont pas droit à autant de considération.
L’Assemblée et le Sénat tenteront de jouer leur rôle de contre-pouvoir face à un super-Président. Le Palais-Bourbon, aux mains de LREM, abdiquera rapidement, se félicitant d’avoir fait la lumière sur cette affaire, alors que le ministre de l’Intérieur, le préfet de police ou encore Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, ont menti sous serment.
Un scandale d’Etat que les marcheurs qualifieront de « tempête dans un verre d’eau ». L’Elysée aurait mis à pied Benalla 15 jours, après le 1er mai, avant de le licencier une fois l’affaire rendue public. Un « fait-divers » qui poussera Macron à réorganiser l’Elysée.
Alexandre Benalla a été mis en examen le 22 juillet pour violences volontaires, immixtion dans l’exercice d’une fonction publique, port public et sans droit d’insignes réglementés, recel de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection et recel de violation du secret professionnel. Vincent Crase, un gendarme réserviste salarié du parti LREM, a lui aussi été mis en examen pour les mêmes faits.
De plus, Mediapart révèle que Ismaël Emelien, conseiller spécial d’Emmanuel Macron, devrait se voir lui aussi inquiété dans cette affaire. Il est accusé d’avoir détenu le CD montrant les images volées de la vidéosurveillance des violences du 1er mai.
Le 29 novembre 2018, Alexandre Benalla a également été mis en examen pour violences volontaires, des faits commis au Jardin des plantes, toujours le 1er mai. De plus, une enquête préliminaire a été ouverte à son encontre pour la non-restitution de deux passeports diplomatiques qu’il a continué à utiliser malgré son licenciement de l’Élysée.
Le 5 novembre 2021, Alexandre Benalla a été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme. Et, comme on peut le lire sur franceinfo, « l’ancien collaborateur de l’Élysée n’ira toutefois pas en prison. S’il ne fait pas appel, il devra porter un bracelet électronique en Normandie, au domicile de sa mère ».
En parallèle, Vincent Crase a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis, 500 euros d’amende, l’interdiction de port d’arme de dix ans et la confiscation de celles qui détient pour notamment « violence en réunion », « port d’arme prohibé » et « suppression de données » dans l’affaire des violences du 1er mai 2018 à Paris. Toujours sur franceinfo : « Enfin, deux policiers de la préfecture de police de Paris, Maxence Creusat et Laurent Simonin, jugés pour avoir transmis des images de vidéosurveillance à Alexandre Benalla, ont respectivement été condamnés à 500 euros amende et à trois mois de prison avec sursis, sans inscription pour les deux au casier judiciaire ».
- Alain Griset
Ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargé des Petites et Moyennes Entreprises, Alain Griset n’est peut-être pas le plus médiatique des membres du gouvernement, mais il est plutôt bien connu de la justice. Ainsi lit-on sur Le Monde ce mercredi 8 décembre 2021 qu’il a été « condamné à six mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité avec sursis pour déclaration incomplète de son patrimoine ». Une « maladresse » qui s’élève à 171.000 euros. Sitôt condamné, Alain Griset a fait appel de cette décision et démissionné du gouvernement. En appel, l’ex-ministre a été condamné à quatre mois de prison avec sursis.
- Sira Sylla
Harcèlement moral, non-paiement d’heures supplémentaires et de journées de repos, manquement à l’obligation de sécurité. Voilà le beau palmarès de Sira Sylla, députée LREM de 2017 à 2022. Le 6 septembre 2022, elle a été reconnue coupable de ces faits par le conseil des prud’hommes de Rouen. Ainsi lit-on sur le site de France 3 Normandie : « L’ancienne parlementaire investie par la majorité devra verser un total de près de 80.000€ à la victime dont près de 20.000€ d’heures supplémentaires impayées, 20.000€ pour les faits de harcèlement moral et près de 21.000€ de dommages et intérêts pour le licenciement. » Au moins trois de ses anciens assistants parlementaires avaient saisi la justice. À l’époque, Bruno Roger-Petit, conseiller d’Emmanuel Macron, avait publiquement exprimé sa solidarité envers Sira Sylla. Sur Mediapart, on apprenait alors qu’un de ses collaborateurs avait ainsi « été « forcé à ne pas respecter le couvre-feu » pour lui apporter du champagne, tandis qu’un autre salarié a expliqué qu’avant son licenciement, la députée lui avait souhaité par téléphone « une bonne mort » à son grand-père, alors hospitalisé ».

- Jacques Krabal
Député de 2012 à 2022, d’abord sous l’étiquette du PRG puis celle de LREM, Jacques Krabal a été condamné en novembre 2021 par la cour d’appel de Paris à la suite d’une plainte pour travail dissimulé et harcèlement moral de son ancien directeur de cabinet. [Michael Gomez était à la fois le chef de cabinet de Krabal à la mairie de Château-Thierry et son assistant parlementaire dans le sud de l’Aisne. Il accusait Krabal de licenciement abusif et harcèlement moral depuis 2015. Le 18 décembre 2025, la cour d’appel de Paris a condamné Krabal au pénal pour harcèlement moral et lui a ordonné de verser 5 000€ de dommages-intérêts pour le harcèlement et plus de 80.000€ pour le litige professionnel.]
- Pierre Cabaré
En septembre 2021, le député LREM est condamné aux prud’hommes pour « licenciement sans cause réelle et sérieuse » d’un collaborateur, informe Le Monde.
De plus, en septembre 2019, France 3 dévoile que Pierre Cabaré fait l’objet d’une enquête préliminaire du service régional de police judiciaire de Toulouse pour harcèlement sexuel et moral. La plaignante, sa suppléante et assistante parlementaire, a également porté plainte pour agression sexuelle. Pierre Cabaré est depuis longtemps connu des services : en 2003, il avait été condamné à un an d’inéligibilité par le Conseil constitutionnel pour la gestion de son compte de campagne lorsqu’il était candidat divers droite aux législatives de 2002.

- Sandrine Josso
En février 2021, la députée Sandrine Josso MoDem a été condamnée à un an d’inéligibilité [par le tribunal administratif de Nantes] pour n’avoir pas présenté ses comptes de campagne de l’élection municipale dans les temps. [Le tribunal administratif a estimé que cette faute était totalement imputable à la candidate sans pour autant révéler une volonté de fraude ou un manquement d’une particulière gravité. Cette peine d’inéligibilité ne concernait que les mandats locaux et n’affectait pas son mandat de députée. Sandrine Josso n’avait pas fait appel de cette décision.] Une peine qui ne l’empêchait pas d’être candidate à sa réélection en 2022.
Parallèlement, le 10 octobre 2021, Mediapart publiait l’information suivante : « En 2018, la députée de Loire-Atlantique Sandrine Josso a demandé à son assistante de lui prêter 10 000 euros en contractant un crédit à la consommation. Elle ne l’a pas remboursée. La justice a ouvert une enquête pour « abus de confiance » ». [Interrogée par le média Presse-Océan en octobre 2021, l’attachée parlementaire Graziella Guillanton confirmait avoir déposé plainte des faits d’abus de confiance au commissariat de La Baule un an plus tôt en 2020. Mais la procureure du tribunal judiciaire de Saint-Nazaire n’avait voulu ni confirmer ni infirmer l’ouverture d’une enquête préliminaire. Le 10 juin 2022, le tribunal des référés avait jugé que la plainte n’était pas urgente et devait être traitée au fond. ]
- Benoit Simian
Ce député membre du groupe Libertés et Territoires à l’Assemblée (mais élu LREM) fait l’objet d’une enquête « pour harcèlement moral par conjoint […] dans le cadre d’une « séparation houleuse » assortie de « plaintes croisées » pour violences », lit-on dans Sud Ouest. Déjà interdit d’approcher du domicile conjugal, une demande de levée d’immunité a été formulée auprès du bureau de l’Assemblée, lequel, début décembre 2020, l’a… rejetée.
En juin 2022, Benoît Simian est condamné à huit mois de prison avec sursis. Il doit également verser 5000 euros à son ex-compagne et a interdiction de s’approcher d’elle pendant un an. Toutefois, il échappe à une peine d’inéligibilité. À noter que l’imminence de cette condamnation ne l’avait pas empêché d’être candidat à sa réélection aux législatives.
Benoît Simian fait parallèlement l’objet d’une enquête judiciaire pour harcèlement à l’encontre d’une collaboratrice.
- M’Jid El Guerrab
Le 31 août 2017, M’Jid El Guerrab, alors député LREM, frappe violemment à coups de casque Boris Faure, un cadre du PS. Deux coups qui causeront un traumatisme crânien au socialiste. Pour sa défense, il accuse Boris Faure d’« insultes racistes ». Depuis, M’Jid El Guerrab a exclu du groupe LREM à l’Assemblée nationale. Il a aussi été mis en examen pour violences volontaires avec arme. Le 12 mai 2022, Boris Faure tweete : « Mon agresseur est reconnu coupable pleinement. 3 ans de prison dont 2 avec sursis et 2 ans d’inéligibilité. » Une peine confirmée en appel en octobre 2023.

- Jean-Paul Delevoye
Lu dans Le Parisien, le 2 décembre 2021 : « L’ancien haut-commissaire aux retraites a écopé de quatre mois de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende pour ne pas avoir déclaré plusieurs mandats à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique ».
[Il avait démissionné de son poste en décembre 2019, alors que le conflit social autour des retraites battait son plein, suite aux révélations dévoilant le fait qu’il cumulait une dizaine de mandats lucratifs qu’il avait « omis » de déclarer à la HATVP ; un des mandats concernait sa fonction d’administrateur au sein de l’Institut de Formation de la Profession de l’Assurance, qu’il occupait depuis 2016 : difficile de croire à un simple oubli quand on sait qu’à ce moment-là le secteur des assurances était particulièrement intéressé par le projet de réforme des retraites que vantait delevoye au nom du gouvernement… Une enquête préliminaire avait été ouverte pour « abus de confiance », « abus de biens sociaux », et recel. Delevoye a choisi de plaider coupable avec la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) et le procureur a été clément au prétexte de la bonne foi du cumulard…]
- Stéphanie Kerbarh
Députée LREM lors du premier mandat d’Emmanuel Macron, Stéphanie Kerbarh a été condamnée en décembre 2019 par le conseil des prud’hommes du Havre pour un licenciement sans cause réelle et sérieuse de son assistant.
- Jérôme Peyrat
En septembre 2020, ce conseiller d’Emmanuel Macron quitte son poste élyséen. Et pour cause : il vient d’être condamné pour violences envers son ex-compagne à 3000 euros d’amende avec sursis. Fidèle à l’idée macronnienne de faire des violences faites aux femmes la « grande cause du quinquennat », il sera nommé conseiller politique auprès de Stanislas Guérini, la patron du parti…Par la suite, LREM fera de Jérôme Peyrat sa tête de liste en Dordogne pour les élections régionales.

- Agnès Firmin Le Bodo
Elle ne sera restée au ministère de la Santé que 22 jours, [du 20 décembre 2023 au 11 janvier 2024]. Le temps de remplacer Élisabeth Borne par Gabriel Attal. Le temps pour que Mediapart révèle que la députée et porte-parole du parti Horizons d’Édouard Philippe était « visée par une enquête sur les cadeaux de la multinationale Urgo. En tant que pharmacienne, elle est soupçonnée d’avoir reçu de 2015 à 2020 pour 20.000 euros de bouteilles de champagne, montres de luxe, etc. ». Des cadeaux qu’Agnès Firmin Le Bodo aurait malencontreusement omis de déclarer, faisant « perdre aux finances publiques jusqu’à 14 millions d’euros de recettes fiscales » .
[Cette affaire n’a pas empêchée Agnès Firmin-Le Bodo d’être réélue en juillet 2024 députée de Seine-Maritime… Pour éviter un procès public, elle a quand même préféré plaider coupable et, dans une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), elle a été condamnée le 14 octobre 2024 par le tribunal judiciaire du Havre à une amende de 8.000 € (dont 4.000 en sursis…) pour les cadeaux illicites qu’elle avait reçus .
Les cadeaux étaient proposés par Urgo contre une renonciation du pharmacien à une remise commerciale de la part du laboratoire à l’officine: cette pratique interdite avait concerné un grand nombre de pharmaciens et le laboratoire a été condamné en janvier 2023 à une amende de 1,125 million d’euros – dont 625.000 euros avec sursis – par le tribunal correctionnel de Dijon, après une enquête de la répression des fraudes.]
- Stéphane Trompille
Lu sur Mediapart en mai 2020 : « Stéphane Trompille a été condamné par le conseil des prud’hommes de Bourg-en-Bresse pour « harcèlement sexuel » envers une ex-collaboratrice. Il va faire appel. Après moult hésitations, son groupe parlementaire lui a demandé de « se mettre en retrait ». » Il doit être jugé en appel en juin 2023.
- Mustapha Laabid
Le 6 août 2019, le député LREM Mustapha Laabid a été condamné à six mois de prison avec sursis, trois ans d’inéligibilité et 10.000 euros d’amende pour abus de confiance. Il avait utilisé l’argent d’une association qu’il présidait à des fins personnelles. Le montant du préjudice est de 21.930,54 euros. L’élu a fait appel et la cour d’appel de Rennes a renvoyé le procès au 1er avril 2020.

- Claire O’Petit
L’affaire remonte au mois d’octobre 2017. La députée LREM a été condamnée par la Cour d’appel de Paris pour « des fautes de gestion » lorsqu’elle était la représentante légale de l’Agence de développement et de proximité (ADCP), lit-on dans Le Parisien. Conséquence : elle n’a plus le droit de « diriger, gérer, administrer ou contrôler directement ou indirectement toute entreprise commerciale ou artisanale […] pour une durée de cinq ans ». Une condamnation qui, visiblement, n’a pas perturbé la parlementaire, laquelle s’est félicitée de ne pas avoir été condamnée ni pour détournement, ni pour enrichissement. On l’applaudit bien fort !
10 mises en examen
- Xavier Lacombe
Député Horizons, suppléant du ministre de la fonction publique Laurent Marcangeli, nommé par Bayrou, Xavier Lacombe a été mis en examen le 21 janvier 2025 pour complicité de faux et détention de faux dans une affaire de procurations litigieuses lors des élections territoriales de juin 2021, lit-on dans Libération. Le bougre a été placé sous contrôle judiciaire.
- Damien Abad
Ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées du 20 mai au 4 juillet 2022 – alors qu’une quatrième femme l’accuse de viol, le député sera écarté du gouvernement. Damien Abad a été mis en examen pour tentative de viol sur trois femmes, en mai 2024.
- Amélie Oudéa-Castera
Lu dans Libé, le 14 mars 2024, où l’on apprend que « la ministre des Sports a été mise en examen en décembre dans l’enquête de la Cour de justice de la République après la plainte en diffamation de l’ex-patron de la Fédération française de football Noël Le Graët ».
- Rachida Dati
Dans l’ancien monde, Emmanuel Macron assurait qu’un ministre mis en examen se devait de rendre sa démission. Le nouveau monde, façonné par le président de la République, a bien changé : désormais, on recrute des ministres déjà mis en examen. C’est le cas de Rachida Dati, nommée à la Culture en janvier 2024. Ainsi Libération résume le problème : « L’affaire la plus gênante pour la nouvelle ministre est déjà ancienne, mais elle s’approche de son dénouement : le dossier Carlos Ghosn. Elle a été mise en examen, en juillet 2021, pour ‘corruption passive’, ‘trafic d’influence passif’ et ‘recel d’abus de pouvoir’ dans cette affaire ouverte au Parquet national financier dans la foulée des découvertes sur la gestion du patron de Renault-Nissan ».
Dans l’ancien monde, Emmanuel Macron assurait qu’un ministre mis en examen se devait de rendre sa démission. Le nouveau monde, façonné par le président de la République, a bien changé : désormais, on recrute des ministres déjà mis en examen. C’est le cas de Rachida Dati, nommée à la Culture en janvier 2024. Ainsi Libération résume le problème : « L’affaire la plus gênante pour la nouvelle ministre est déjà ancienne, mais elle s’approche de son dénouement : le dossier Carlos Ghosn. Elle a été mise en examen, en juillet 2021, pour ‘corruption passive’, ‘trafic d’influence passif’ et ‘recel d’abus de pouvoir’ dans cette affaire ouverte au Parquet national financier dans la foulée des découvertes sur la gestion du patron de Renault-Nissan ».

- Muriel Pénicaud
Le 22 mai 2018, la ministre du Travail est entendue comme témoin assisté par le pôle financier du Tribunal de Paris. La justice enquête sur le rôle de Business France – société qui eut pour directrice générale Muriel Pénicaud – dans l’organisation d’une soirée à Las Vegas en janvier 2016 pour le ministre de l’Economie Macron.
Une information judiciaire a été ouverte pour des soupçons de favoritisme en juillet 2017, mois au cours duquel Muriel Pénicaud a déclaré qu’elle n’avait « rien à se reprocher ». Pourtant, en octobre 2023, l’ex-ministre du Travail a bien été mise en examen pour « complicité de favoritisme », selon les informations du journal Le Monde.
[Et en juillet 2025, alors que Pénicaud a été recasée comme adjointe au directeur du service d’information du gouvernement (le service Com’ de Matignon), elle est mise en examen pour le délit de « favoritisme », tout comme l’agence Business France. Rappelons que dans cette affaire, Business France était une agence publique avec des fonds publics et que Pénicaud, quand elle était directrice générale en 2015, avait l’obligation de lancer un appel d’offres pour les marchés publics d’un montant de plus de 25.000€ (article 146 du Code des marchés publics). Pourtant, elle a signé sans appel d’offres un contrat de 381.759€ (dont 100.000€ de frais d’hôtel) avec la société Havas pour organiser le 6 janvier 2016 une soirée de promotion du candidat Macron dans un hôtel de Las Vegas, avec 500 personnalités et dirigeants d’entreprises françaises, dont Macron, Pierre Gattaz (à l’époque président du MEDEF), Guillaume Sarkozy…]
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- Source : Profession Gendarme












