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Jeudi, 30 Juill. 2026

« Je refuse de répondre » : Fauci face au Sénat, trois heures de silence assourdissant

Auteur : Le Collectif citoyen et Xavier Azalbert | Editeur : Walt | Jeudi, 30 Juill. 2026 - 19h40

Washington, 29 juillet 2026. Il est entré dans la salle d’audition du Sénat américain entouré d’une demi-douzaine d’avocats, sous escorte, contraint d’être là par ordonnance judiciaire. Le Dr Anthony Fauci, 85 ans, ancien directeur du NIAID pendant 38 ans, visage mondialement connu de la pandémie de Covid-19, a comparu ce mercredi devant la Commission sénatoriale de la sécurité intérieure et des affaires gouvernementales.

Pendant près de trois heures, face aux questions des sénateurs, il n’a prononcé qu’une seule et même phrase — répétée plus de cent fois, avec la régularité mécanique d’un métronome :

« Sur les conseils de mon avocat, je décline respectueusement de répondre, en vertu de mes droits au titre du Cinquième amendement de la Constitution ».

Ce silence absolu, voulu, préparé, sera l’image de cette journée historique — et peut-être le dernier acte public d’une carrière qui aura duré plus d’un demi-siècle.

Une convocation sous contrainte, un pardon qui n’est pas blindé

Fauci n’est pas venu de son plein gré. Il a fallu une "subpoena" - une convocation judiciaire contraignante - pour le faire asseoir à cette table. Pendant des mois, il avait refusé de comparaître volontairement.

Ce contexte juridique a pesé sur chaque minute de l’audition. Avant même que la première question soit posée, le sénateur Rand Paul, président républicain de la commission et moteur de cette procédure depuis des années, a rappelé un fait que beaucoup ignoraient : Anthony Fauci a bénéficié, le 19 janvier 2025, d’un pardon présidentiel accordé par Joe Biden - large, inconditionnel, couvrant toute infraction commise entre le 1er janvier 2014 et la date de signature. Le même type de pardon, a ironisé Paul, que celui accordé à Hunter Biden.

Pourtant, ce pardon n’est pas aussi absolu qu’il y paraît. 

La journaliste d’investigation Catherine Herridge a révélé, en s’appuyant sur l’analyse d’un ancien procureur senior du Département de la Justice, qu’il existe au moins trois stratégies juridiques viables pour le contester :

  1. Poursuivre Fauci d’un crime, avec l’attente qu’il invoque le pardon devant un juge. Cela ouvrirait la porte à un débat judiciaire de fond sur la validité d’un pardon préventif aussi large, et potentiellement à des années de contentieux.
  2. Argenter que, du fait de ce pardon, Fauci n’a plus de droit plausible au Cinquième amendement. Le Congrès pourrait alors le contraindre à témoigner et, en cas de refus, le déclarer en contempt of Congress.
  3. « Retourner » l’un de ses plus proches collaborateurs, le Dr David Morens -inculpé pour complot, obstruction et destruction de documents fédéraux - et en faire un témoin coopérant.

Ce pardon aurait dû, selon plusieurs sénateurs républicains et juristes, priver Fauci de tout recours au Cinquième amendement. La logique est simple : ce droit constitutionnel protège contre l’auto-incrimination. Or, si vous êtes couvert par un pardon total, vous ne pouvez plus être poursuivi — et donc vous ne pouvez plus vous auto-incriminer. Plusieurs précédents de la Cour suprême, notamment Brown v. Walker de 1896, établissent ce principe. Le sénateur Josh Hawley a résumé la position républicaine sans détour :

« Vous n’avez aucun droit au titre du Cinquième amendement parce que vous avez été gracié. Ce n’est pas une question constitutionnelle. C’est du mépris — mépris pour cette institution et mépris pour le peuple américain ».

La défense de Fauci, elle, repose sur un argument différent : la persécution politique. Dans sa déclaration liminaire — la seule fois de la matinée où il a parlé librement — il a dénoncé l’« obsession malsaine » du sénateur Paul et la divulgation récente de son journal intime personnel non expurgé. Pour lui, cette audition n’a pas de finalité législative légitime : elle est une embuscade.

L’avocat expulsé, la salle sous tension

La tension a atteint son paroxysme lorsque David Schertler, l’avocat principal de Fauci — décrit par la presse spécialisée comme le « meilleur pénaliste de Washington pour les dossiers désespérés » — a tenté de prendre la parole depuis la table des témoins, où il s’était installé en violation directe des instructions du président de séance. Rand Paul l’a averti à plusieurs reprises. Schertler a persisté. Les agents de sécurité l’ont finalement escorté hors de la salle sous les murmures et les protestations du public.

« Ce témoignage concerne Anthony Fauci. Ce n’est pas un jeu avec ses avocats ».

L’incident a cristallisé le fossé entre les deux camps. Du côté démocrate, les sénateurs Gary Peters, Maggie Hassan, Richard Blumenthal et Andy Kim ont dénoncé une audition-piège, une chasse aux sorcières. Le sénateur Kim a rendu hommage à Fauci en citant Teddy Roosevelt et son discours de « l’homme dans l’arène ». La sénatrice Hassan, elle, a rappelé les chiffres : depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir en 2025, les États-Unis ont enregistré plus de 4 500 cas de rougeole — davantage qu’entre 2000 et 2024 réunis. Les coupes massives dans les budgets de santé publique, les milliers de scientifiques licenciés : voilà, selon elle, les vraies questions que cette commission devrait traiter.

Les origines du Covid : le fossé entre le public et le privé

C’est sur la question des origines du SARS-CoV-2 que l’audition a pris toute sa dimension historique. Rand Paul a présenté une chronologie serrée, construite à partir des carnets personnels de Fauci récemment divulgués — des documents qui révèlent un fossé béant entre ce qu’il disait en public et ce qu’il pensait en privé.

Dès le 26 janvier 2020, Fauci notait dans son journal que les données génomiques indiquaient que le marché humide de Wuhan n’était pas la source de l’épidémie, seulement son amplificateur. Le 31 janvier, après un appel téléphonique entre virologues de haut niveau, il écrivait que la majorité des participants estimaient que les mutations autour du site de clivage furine « ne pouvaient pas s’être produites naturellement » et évoquaient une « insertion délibérée ». Le lendemain, 1er février, il concluait lui-même qu’on « ne pouvait pas laisser cette piste de côté ».

Pourtant, dans les semaines et les mois suivants, Anthony Fauci a défendu publiquement et avec insistance la thèse de l’origine naturelle. Il a cité depuis le podium de la Maison-Blanche l’article scientifique Proximal Origin of SARS-CoV-2 comme preuve que le virus ne pouvait pas avoir été fabriqué en laboratoire - sans jamais révéler qu’il avait participé aux discussions préalables à sa rédaction, ni que ses auteurs nourrissaient eux-mêmes, en privé, de sérieux doutes.

« Une chose en public, une autre en privé », a résumé Rand Paul.

La question du site de clivage furine est au cœur du dossier. Cette caractéristique génétique, unique dans la famille des sarbecovirus, avait été proposée comme modification expérimentale dans le projet DEFUSE - une demande de financement soumise à DARPA en 2018 par EcoHealth Alliance, Baric et Shi Zhengli, et rejetée précisément parce qu’elle était jugée trop dangereuse. 

Lorsque le génome du Covid-19 a été séquencé en janvier 2020, les scientifiques ont découvert exactement cette structure. 

Pour Rand Paul : « C’était soit une coïncidence extraordinaire, soit une preuve accablante ».

Le financement des recherches à risque : défenseur jusqu’au bout

L’autre axe majeur concerne le financement par le NIAID de recherches dites « gain-of-function ». En 2011, Fauci avait financé les expériences du virologue néerlandais Ron Fouchier, qui avait muté la grippe aviaire jusqu’à la rendre transmissible par voie aérienne entre mammifères — des travaux qui avaient alarmé plus de 200 scientifiques du Cambridge Working Group.

Dans une tribune du Washington Post, Fauci avait alors écrit que même si un scientifique venait à être infecté et déclenchait une pandémie, les bénéfices de ces recherches l’emportaient sur les risques. Une phrase que Rand Paul a ressortie ce mercredi avec une précision chirurgicale, alors que 15 millions de morts sont désormais attribués au Covid-19 dans le monde.

En 2014, le NIAID a commencé à financer EcoHealth Alliance pour des recherches sur les coronavirus de chauve-souris à Wuhan. En 2021 devant le Sénat, Fauci avait juré : « Le NIH n’a jamais, jamais financé de recherches gain-of-function à l’Institut de virologie de Wuhan. » Ce mercredi, à toutes ces questions, la même réponse : le Cinquième amendement.

Vaccins, ivermectine et conflits d’intérêts

Le sénateur Ron Johnson a ouvert un autre front : celui des effets indésirables des vaccins à ARN messager. Il a mis en lumière des données du système VAERS faisant état de près de 1,7 million d’effets indésirables signalés, dont plus de 39 000 décès. Il a également cité des documents internes montrant qu’en mars 2021, un expert de la FDA avait averti que l’algorithme utilisé allait masquer les signaux de sécurité plutôt que les détecter. Johnson a aussi évoqué la suppression délibérée, au sein du NIH, d’une étude du Dr Avindra Nath sur les personnes souffrant d’effets post-vaccinaux, au motif que sa publication risquait « d’alimenter la méfiance envers les vaccins ».

Le sénateur Hawley, lui, a choisi l’attaque financière. Il a présenté des documents montrant que Fauci aurait utilisé des employés fédéraux pour postuler à des prix en argent liquide (prix Dan David : 900 000 dollars). Au total, selon Hawley, plus d’un million de dollars de récompenses obtenues pendant la pandémie, via des employés fédéraux, en violation du code éthique de la fonction publique. La fortune nette de Fauci dépasserait aujourd’hui 12 millions de dollars.

Les réactions et l’analyse juridique

Sur X, l’avocat Aaron Siri a publié une analyse qui a immédiatement circulé. Il y pointe quatre erreurs de Fauci :

  1. En ouvrant largement la porte dans sa déclaration d’ouverture (en évoquant son « long historique de coopération »), il a affaibli sa capacité à invoquer le 5e sur ces sujets.
  2. L’utiliser pour des questions anodines (couleur de cravate, jour de la semaine) affaiblit l’ensemble.
  3. Annoncer à l’avance un refus global est incorrect.
  4. Ignorer l’existence d’une grâce aussi large est une erreur qui pourrait se retourner contre lui.

Donald Trump a qualifié Fauci de « crazy ». L’Attorney General de Floride a annoncé une enquête. Les démocrates ont dénoncé une chasse aux sorcières. Les républicains ont multiplié les attaques personnelles.

Un silence qui en dit long. Ce qui manque encore… et ce que cela révèle

Trois heures d’audition. Zéro réponse substantielle. L’audition n’a apporté aucune révélation scientifique nouvelle sur l’origine du virus. Elle n’a pas non plus prouvé que le financement NIAID a « créé » la pandémie. En revanche, elle a mis en lumière trois fractures profondes :

  1. La perte de confiance : Fauci, qui a longtemps incarné l’autorité scientifique, est devenu pour une partie de l’Amérique le symbole de l’arrogance technocratique.
  2. L’impossibilité de la nuance : doutes privés vs certitudes publiques, science en construction vs science présentée comme absolue.
  3. Le piège de la polarisation : plus personne ne peut admettre une erreur sans être immédiatement récupéré par un camp.

Les partisans de Fauci y verront la réponse raisonnable d’un serviteur de l’État ciblé par une vendetta politique. Ses accusateurs y verront la confirmation de tout ce qu’ils ont toujours cru. Et les millions d’Américains qui ont perdu des proches, des emplois, des années d’école, des entreprises construites toute une vie - eux n’auront toujours pas leurs réponses.

Pour un Français, la comparaison avec nos commissions d’enquête parlementaires est saisissante. En France, le droit de se taire existe, mais l’usage spectaculaire, répété et stratégique du 5ᵉ amendement, combiné à l’expulsion d’un avocat et à des questions sur la couleur d’une cravate, reste culturellement très éloigné.

Avant que Fauci ne quitte la salle, Rand Paul a prononcé ses derniers mots avec la sobriété d’un réquisitoire :

« Un pardon peut protéger une personne de poursuites pénales. Il ne réécrit pas l’histoire. Il n’efface pas les documents. Il ne transforme pas une déclaration trompeuse en vérité. Et il n’empêche pas le Congrès d’établir ce qui s’est passé ».

Il y aura une prochaine pandémie.
La question que pose cette audition, au fond, n’est pas seulement celle de la culpabilité de Fauci. C’est une question plus simple, et plus vertigineuse :

Quand elle arrivera, qui, cette fois, nous dira la vérité ?

***

Trump déclare qu’il « respectera » la grâce accordée par Biden à Fauci

  • Trump affirme que, même si Biden a probablement utilisé un « autopen », les grâces présidentielles constituent un outil présidentiel puissant dont l’annulation nécessite des preuves irréfutables.
  • Biden aurait accordé à Fauci une grâce préventive totale et inconditionnelle lors de sa dernière journée complète au pouvoir.

Le président Donald Trump a indiqué qu’il ne contesterait pas la grâce accordée par Joe Biden au Dr Anthony Fauci, affirmant que les grâces constituent l’un des outils les plus puissants dont dispose un président et que leur annulation nécessite des preuves solides.

Interrogé par un journaliste sur la possibilité de rouvrir une enquête concernant l’utilisation par Biden d’un « autopen » dans le cadre de la grâce préventive accordée à Fauci, Trump a déclaré qu’il « respecterait » la grâce de Biden.

« Eh bien, la seule chose à laquelle on peut vraiment penser, c’est l’autopen », a déclaré Trump, « car on dit que le pouvoir le plus puissant dont dispose le président, c’est le pouvoir de grâce ».

 

« Il a donc été gracié par Biden, et je respecte cela. Je sais à quel point c’est fort. C’est très fort ».

Soulignant que les médias sont généralement présents lors de ses propres signatures de lois, Trump a affirmé que Biden « en avait signé très peu ».

« La seule chose que je sache qu’il ait signée, c’est la grâce accordée à Hunter Biden, mais je ne suis pas sûr qu’il ait signé… Il n’a probablement pas signé celle-là », a douté Trump, ajoutant : « Je ne peux donc pas vous dire ce qu’est la loi. J’ai entendu dire qu’il fallait beaucoup de preuves ».

Il a poursuivi : « Il faut des lettres. Il faut toutes sortes de documents pour que la personne qui actionne l’autopen sache exactement de quoi il s’agit ».

« Il y a donc peut-être quelque chose sur l’autopen. À part cela, le pouvoir de grâce est très puissant ».

Biden aurait accordé à Fauci une grâce préventive totale et inconditionnelle lors de sa dernière journée complète au pouvoir, le 19 janvier 2025.

Les remarques du président sur la grâce accordée par Biden sont intervenues alors que l’ancien directeur du NIAID comparaissait devant la commission sénatoriale de la Sécurité intérieure et des Affaires gouvernementales, où il avait été mis sur la sellette par les législateurs plus tôt dans la journée, Fauci invoquant ses droits au titre du cinquième amendement en réponse à chaque question.

Bien qu’il soit difficile de faire comparaître Fauci devant la justice fédérale, la députée Anna Paulina Luna (R-Fla.) a appelé les procureurs généraux et les gouverneurs des États à engager des poursuites contre lui au niveau des États, le procureur général de Floride, James Uthmeier, ayant déclaré que son bureau ouvrirait une enquête.

par Jade - Aube Digitale

 


- Source : France-Soir

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