«L'Occident sur la voie du totalitarisme», le cri d'alarme d'une survivante de Staline et d'Hitler
Survivante du nazisme et du communisme, Erika Fabian alerte sur le retour du totalitarisme en Occident. Entre censure numérique et lois liberticides, l'Occident semble, selon elle, répéter les erreurs des années 1930, sacrifiant les libertés individuelles au nom d'une sécurité illusoire.
À quatre ans, elle échappait de justesse aux rafles nazies à Budapest. Plus tard, elle subissait la chape de plomb du régime communiste hongrois. Aujourd’hui installée aux États-Unis, l’auteure estime voir réapparaître en Occident des schémas qu’elle croyait définitivement relégués au passé. Son avertissement est basé sur des faits réels, rappelant une expérience vécue.
Une alerte sur les dangers de la censure douce
« Je me sens comme un canari dans une mine de charbon », explique Erika Fabian. Son dernier ouvrage, Le Paradis des menteurs, décrit la lente érosion des libertés avant l’effondrement visible des démocraties.
Selon elle, la peur précède toujours la répression ouverte : les citoyens se taisent, s’adaptent et finissent par intégrer les limites imposées à leur parole.
Pour Mme Fabian, le danger ne réside pas dans une loi isolée ou un dirigeant précis, mais dans une accumulation de signaux faibles, la censure douce : surveillance renforcée, pression sociale, autocensure et contrôle du discours public.
Des inquiétudes partagées au Royaume-Uni
Mme Fabian souligne que la répression commence par l’autocensure. En Grande-Bretagne, l’arsenal législatif s’est alourdi : régulation de la parole en ligne, restrictions du droit de manifester et renforcement de la surveillance numérique.
En effet, au Royaume-Uni, Lord Young, secrétaire général de l’Union pour la liberté d’expression, parle du gouvernement « le plus autoritaire » qu’il ait connu, évoquant des atteintes au droit au procès par jury et à la représentation parlementaire.
Alan Miller, fondateur de l’association Together, alerte lui aussi sur une dérive progressive où la peur des sanctions suffit à dissuader l’expression libre.
Si le Royaume-Uni inquiète par sa régulation de la parole, la France s'illustre par son avance technologique dans le contrôle social. La pérennisation de la Vidéosurveillance Algorithmique (VSA), initialement introduite pour les JO 2024, marque un tournant historique. Sous couvert de modernité, l'État déploie des outils dopés à l'intelligence artificielle pour traquer les « comportements suspects ».
De même avec la loi SREN (Sécurisation et Régulation de l’Espace Numérique), l'Arcom dispose de pouvoirs d'injonction de blocage sans l'intervention préalable d'un juge, l'exécutif court-circuite l'autorité judiciaire.
Surveillance, autocensure et orchestration de la peur
L’enfance d’Erika Fabian fut marquée par la clandestinité, les faux papiers et la peur permanente. Après la guerre, la Hongrie communiste imposa un nouveau régime de mensonge et de silence. Toute critique du pouvoir pouvait conduire à l’emprisonnement. Sa famille tenta de fuir, fut arrêtée, puis réussit finalement à émigrer après 1956.
Ces expériences structurent aujourd’hui son analyse : selon elle, la peur est l’arme la plus efficace des États autoritaires.
Vivant actuellement en Californie, elle affirme que de nombreux Américains hésitent désormais à exprimer des opinions politiques par crainte de conséquences professionnelles, administratives ou sociales. Elle évoque également des enquêtes visant des migrants, étudiants ou militants pour leurs opinions, ainsi que le recours croissant aux technologies de surveillance numérique.
« L’histoire montre que les gens commencent à se censurer par peur des répressions »
Pour Erika Fabian, la liberté ne disparaît jamais brutalement. Elle s’efface lorsque les citoyens se convainquent que « cela ne peut pas arriver ici ». Les Occidentaux peuvent constater que certaines politiques mondialistes fragilisent leurs pays, mais lorsque la contestation ne peut plus s’exprimer librement, le pouvoir tend à durcir les règles, restreindre la parole et contourner le jeu démocratique pour se maintenir.
"La plupart des gens se taisent et s'adaptent"
a déclaré Mme Fabian. Et ce silence, prévient-elle, est à l'origine de la mort des démocraties .
- Source : Le Courrier des Stratèges















