Tirs atlantistes sur les sites énergétiques russes : Poutine renvoie Trump à ses responsabilités

Hier 1er avril, le Président russe a réuni le Conseil de sécurité sur deux questions : la lutte contre le terrorisme et surtout l'application, ou plutôt la violation par l'armée atlantico-ukrainienne, du moratoire des frappes sur les sites énergétiques en Ukraine et en Russie. Une note a été envoyée à l'Administration Trump. La Russie met les Atlantistes face à leurs responsabilités et impose son rythme.
Vladimir Poutine a réuni ce 1er avril le Conseil de sécurité pour faire le point. Ont pris part à la discussion le Premier ministre, les présidents des deux chambres du Parlement, Dmitri Medvedev qui est vice-président de ce Conseil, le directeur de l'Administration présidentielle, le ministre de l'Intérieur et celui des Affaires étrangères, le directeur du FSB et celui du Renseignement extérieur et Sergueï Ivanov représentant spécial du Président.
Si ces réunions ne sont jamais publiques, celle-ci fut particulièrement fermée et les déclarations préliminaires à la presse très succinctes. Poutine a annoncé, qu'il sera question des mesures de lutte contre le terrorisme, ce qui est assez clair, et de l'application du moratoire des tirs sur les sites énergétiques.
Ce qui est beaucoup moins clair ... Le Président a demandé au ministre de Défense un rapport détaillé, qui s'est exécuté et a dressé la liste des installations énergétiques russes ciblées par l'armée atlantico-ukrainienne depuis l'entrée en vigueur du moratoire, rappelant que les tirs étaient quasiment quotidiens. Ce rapport a été appuyé par Lavrov.
La Russie a décidé "d'informer" les Atlantistes du comportement de leur armée en Ukraine, au cas où leur main droite ne serait pas au courant de ce que fait leur main gauche. Rappelons que lors de la dernière rencontre de Riyad, les Américains se sont portés caution du respect par l'armée atlantico-ukrainienne de ce moratoire.
Nous en revenons toujours à la même question : Trump ne veut pas ou ne peut pas faire respecter les obligations, qu'il prend ?
Toujours est-il que la Russie, de cette manière, met le Président américain face à ses responsabilités, ce dont il n'a manifestement pas l'habitude. Dans la foulée, Lavrov annonce que la Russie lui a également fait parvenir toute une liste de conditions très concrètes devant permettre la réalisation de l'accord de la mer Noire, afin que l'escroquerie de 2022 ne se répète pas. Il y a de fortes chances que, dans ce cas, cet Accord devienne beaucoup moins intéressant pour les Atlantistes.
Le rapport au temps est inverse entre les USA et la Russie.
Trump pousse, rue dans les brancards et veut accélérer le processus, car sa position politique est instable tant qu'il n'a pas de résultats tangibles. Et pour l'instant, il n'en a pas. Le capital de confiance, dont il bénéficie, est une sorte d'avance sur paiement, mais à un moment les électeurs vont demander des comptes.
Or, les vagues d'enthousiasme ne sont pas rationnelles et les reflux sont inévitables, car la réalité est toujours très loin du fantasme. La question, qui se pose, est de savoir si le retour de vague ne commence pas doucement, comme dans le Wisconsin, et Trump le sentant fait monter la pression.
"Alors que les Démocrates célèbrent leur victoire dans un État clé lors de la campagne judiciaire la plus coûteuse de l'histoire des États-Unis, le président Donald Trump et le Parti républicain sont confrontés à un signe avant-coureur inquiétant quant aux conséquences de l'intense attention portée à l'influence d'Elon Musk pour le parti.
Musk, le conseiller milliardaire de la Maison Blanche, a joué un rôle de premier plan dans la course, utilisant des fonds personnels et des groupes extérieurs alliés pour injecter plus de 15 millions de dollars dans la campagne de l'ancien procureur général du Wisconsin, Brad Schimel, candidat soutenu par Trump qui s'est présenté face à la juge Susan Crawford du comté de Madison. Crawford et ses alliés ont réagi en utilisant Musk comme repoussoir et en remportant une victoire décisive".
Parallèlement, nous apprenons qu'un groupe de 50 sénateurs, provenant des deux partis, vient de déposer un projet de loi, montant à 500% le tarif douanier pour les produits russes, ce dont Trump parlait il y a peu :
Les sénateurs Lindsey Graham (Républicain-Caroline du Sud) et Richard Blumenthal (Démocrate-Connecticut) ont présenté mardi un projet de loi visant à imposer des sanctions primaires et secondaires à la Russie si elle n'accepte pas une paix durable avec son voisin, l'Ukraine.
Ils ont été rejoints par un groupe de 50 législateurs qui ont convenu de soutenir des sanctions contre la Russie, ainsi qu'un droit de douane de 500 % sur les importations de marchandises en provenance des pays qui achètent du pétrole, du gaz, de l'uranium et d'autres produits russes, si les efforts pour mettre fin à la guerre ne progressent pas.
« Les sanctions contre la Russie impliquent l'imposition de droits de douane sur les pays qui achètent du pétrole, du gaz, de l'uranium et d'autres produits russes. Elles sont sévères pour une raison ».
Et cela est justifié par les sénateurs des deux camps ... par le fait que la Russie est "l'agresseur". Ce terme commence à se normaliser dans le discours politico-médiatique également sous l'Administration Trump :
« L’opinion dominante au Sénat américain est que la Russie est l’agresseur, et que cette guerre horrible et l’agression de Poutine doivent cesser maintenant et être dissuadées à l’avenir », ont-ils ajouté.
La publication de bien souligner que Trump "est vexé" :
Le président a exprimé son mécontentement envers son homologue Vladimir Poutine pour ses tentatives de dilatoire visant à mettre fin au conflit extérieur.
« Si je pense qu'ils nous embarquent, je n'en serai pas ravi », a déclaré Trump aux journalistes à bord d'Air Force One dimanche, en référence à la situation à l'étranger.
De son côté, la Russie a le temps. Et les conditions actuelles ne la satisfont pas, car elles ne permettent pas de régler la source du conflit, qui sera alors inévitablement réactivé. Comme l'affirme très clairement le ministère russe des Affaires étrangères :
Le vice-ministre des Affaires étrangères de la Russie Sergueï Riabkov a déclaré que les approches américaines sur le conflit en Ukraine n’en traitaient pas les causes profondes. Il a affirmé que Moscou ne pouvait accepter ces propositions en l’état et a rappelé les priorités défendues lors des échanges à Riyad.
En revanche, la Russie continue le dialogue avec les Etats-Unis sur la normalisation des relations diplomatiques. Cette fragmentation de l'action diplomatique russe met les Atlantistes mal à l'aise, puisque leur intérêt est justement de tout "vendre" dans une même "offre".
Le moment de vérité approche et le changement de ton de l'équipe Trump ne joue pas en leur faveur. Si la Russie a envie, plus qu'intérêt, à discuter avec eux, c'est pour se sentir à égalité et respectée. Le dénigrement et les menaces vont faire tomber le dernier voile d'illusion, ce qui pourra libérer les mains des élites russes - plus patriotiques.
- Source : Russie politics