www.zejournal.mobi
Mercredi, 26 Févr. 2025

Et si les pourparlers de paix de Trump n’étaient qu’une pause dans la guerre par procuration ?

Auteur : Finian Cunningham | Editeur : Walt | Mercredi, 26 Févr. 2025 - 11h31

La Russie a intérêt à mettre fin à la guerre de l’OTAN selon ses propres conditions, sécuriser son territoire et démanteler le régime néonazi de Kiev. Si les USA veulent la paix, qu’ils se préparent à une victoire russe décisive.

Les pourparlers au plus haut niveau tenus la semaine dernière en Arabie saoudite entre de hauts responsables russes et américains présentent un potentiel alléchant pour mettre fin au conflit en Ukraine.

Les deux parties ont convenu que les négociations initiales ont été constructives. Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a noté que les États-Unis ont été à l’écoute quant à l’identification des causes profondes du conflit, ce qui, si cette attitude est sincère, marque une amélioration majeure de l’attitude américaine.

Que les superpuissances mondiales engagent le dialogue et la diplomatie, et fassent machine arrière avant le déclenchement d’une guerre mondiale totale qui se transformerait inévitablement en conflagration nucléaire, est assurément un immense soulagement.

Néanmoins, se réjouir est quelque peu prématuré. L’ouverture des négociations n’est rien de plus qu’un début prudent dans un long processus susceptible d’être facilement interrompu, avec des conséquences catastrophiques.

Le président Trump a déclaré souhaiter mettre fin rapidement à la guerre en Ukraine. Sa porte-parole, Karoline Leavitt, a déclaré avec un optimisme déraisonnable :

«Le président et son équipe sont très concentrés sur la poursuite des négociations avec les deux belligérants afin de mettre fin au conflit, et le président a bon espoir que nous y parviendrons cette semaine».

Cette semaine ? Tant de précipitation de la part de l’administration Trump laisse sceptique quant aux réelles capacités de la Maison Blanche à appréhender les causes profondes du conflit.

Trump a évoqué l’éventualité que l’Ukraine n’adhère pas à l’OTAN, ce qui, bien sûr, est une composante incontournable de tout accord de paix.

Mais les paroles n’engagent à rien. Plus que la paix en Ukraine, Trump semble vouloir une part de l’Ukraine, une très grosse part, s’élevant à 500 milliards de dollars.

Le président, connu pour son sens de la transaction, est obsédé par l’idée de «récupérer» les fonds américains versés à l’Ukraine.

Trump affirme que depuis le début de la guerre il y a trois ans cette semaine, les États-Unis ont accordé à l’Ukraine jusqu’à 300 milliards de dollars d’aide financière et militaire. À l’entendre, Trump a converti les dons volontaires des États-Unis en une dette exorbitante.

Sous l’administration Biden, les États-Unis ont injecté des centaines de milliards de dollars en Ukraine pour vaincre stratégiquement la Russie.

La guerre a été financée par Washington et l’Europe. Ils sont responsables du carnage et de la destruction. Ils sont les instigateurs et les protagonistes, et ils devraient payer sur les plans financier et juridique par le biais de procédures pour crimes de guerre. Les États-Unis et l’Union européenne ont perdu leur pari ignoble. La Russie a gagné la guerre par procuration et épuise le régime de Kiev soutenu par l’OTAN.

Trump prétend que toute cette aide n’était qu’une sorte de prêt qu’il est maintenant en droit d’exiger de l’Ukraine, en accédant aux ressources minérales du pays, au lieu de faire face aux pertes financières colossales engendrées par la politique belliciste irresponsable des États-Unis. Trump pense qu’il peut forcer le régime corrompu de Kiev à lui céder l’accès aux ressources minérales et aux métaux rares d’une valeur de 500 milliards de dollars.

Mais selon toute vraisemblance, l’Ukraine ne possède pas les richesses minérales qu’on lui impute. Le régime de Kiev semble avoir fortement surestimé le trésor supposé des métaux rares pour obtenir le soutien de l’Occident. Et de plus, le territoire supposé receler de précieux gisements miniers appartient désormais à la Russie.

En d’autres termes, la hâte de Trump à bricoler un accord de paix en Ukraine est principalement motivée par son ambition d’exploiter les ressources naturelles de l’Ukraine. Il est probable que l’attitude du président tourne au vinaigre lorsqu’il se rendra compte que l’Ukraine n’a pas le potentiel de retour sur investissement qu’il imagine.

Le mépris affiché envers les Européens est un autre facteur susceptible de faire échouer un éventuel accord de paix avec la Russie. L’engagement de Trump envers la Russie a choqué les alliés européens des États-Unis, qui se sentent mis sur la touche et rabaissés. Les réactions sont comparables à celles provoquées par le retrait brutal de l’Afghanistan par l’administration Biden en août 2021, sans en avertir les partenaires de l’OTAN.

L’image de l’Europe a été malmenée par le comportement dédaigneux de Trump. Ses dirigeants cherchent désespérément à retrouver un semblant de pertinence.

Cette semaine, un cortège de personnalités européennes se succède à Washington. Le président français Emmanuel Macron sera suivi du Premier ministre britannique Keir Starmer et de la chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas.

Il a été rapporté qu’ils proposent à Trump de déployer des troupes européennes en Ukraine en tant que «force de maintien de la paix». Trump serait ouvert à cette idée. Il a sommé les Européens de prendre en charge leur propre sécurité, conformément à son programme de retrait des troupes américaines d’Europe pour les déployer ailleurs dans le monde, comme en Asie-Pacifique, afin de faire face à la Chine, comme nombre de faucons anti-Chine de son administration l’exigent.

La Russie a averti que l’Ukraine ne saurait prendre la forme d’un conflit gelé avec la présence de troupes de l’OTAN sous couvert de soldats de la paix.

Si les Européens poursuivent leur aventurisme militaire en Ukraine, alors tout espoir de paix avec Trump sera réduit à néant.

Et si Trump estime qu’il a été trahi dans cette affaire de 500 milliards de dollars, alors son humeur mercuriale ne pourra que tourner au vinaigre.

Ainsi, les perspectives de paix liées aux négociations entre les États-Unis et la Russie pourraient s’avérer illusoires et n’être qu’une simple pause dans la guerre par procuration.

Trump peut sembler bien intentionné lorsqu’il parle de mettre fin à la guerre. Mais son administration n’assume aucune responsabilité dans le déclenchement de cette guerre, et cette attitude est inquiétante. Le président américain prend des allures d’opportuniste dont le manque de principes s’avère problématique dans le meilleur des cas, et traître dans le pire des cas.

La Russie a tout intérêt à mettre fin à la guerre par procuration de l’OTAN selon ses propres conditions, à sécuriser ses territoires et démanteler le régime néonazi de Kiev. Si les Américains veulent la paix, qu’ils se préparent à une victoire russe décisive.

Traduction: Spirit of Free Speech


Cela peut vous intéresser

Commentaires

Envoyer votre commentaire avec :



Fermé

Recherche
Vous aimez notre site ?
(230 K)
Derniers Articles
Articles les plus lus
Loading...
Loading...
Loading...