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Vendredi, 12 Juill. 2024

La sinistre comédie des élections législatives

Auteur : Dominique Delawarde | Editeur : Walt | Lundi, 24 Juin 2024 - 18h11

Les médias grand public ont déjà choisi leur scénario, toujours le même : celui d’un match à trois lors du premier tour : bloc de gauche, Macronie, Bloc de droite.

Pour moi, le plus faible des trois blocs aujourd’hui, celui de la Macronie, objet d’une détestation majoritaire dans le pays pour ses actions récentes (économie, social, Ukraine, Gaza), va se faire laminer au premier tour par réflexe de rejet. Le nombre de candidats macronistes qualifiés pour le second tour risque d’être faible et, en tout cas, beaucoup plus faible qu’en 2022. Un nombre énormissime de duel NUPES 2.0 – Bloc des Droites se profile donc au 2ème tour du 7 juillet 2024.

Comme ils le font très souvent, les électeurs voteront par défaut et surtout CONTRE le camp qu’ils rejettent le plus. Il est peu probable que la Macronie appelle à voter NUPES au 2ème tour au prétexte d’éviter «la peste brune». Peut être retireront-ils, çà ou là, leur candidat qualifié pour une triangulaire sans espoir, au profit d’un candidat socialiste (NUPES 2.0) tendance Glucksman ou écologistes. Ce sont des députés «récupérables» après les élections par ce qui restera de la Macronie et par ses maîtres de l’État profond français.

Au global, l’élection se jouera donc au 2ème tour dans un affrontement «bloc de gauche bloc de droite» très dur et inédit à ce jour, depuis plusieurs décennies.

Je pense que dans la configuration actuelle de l’électorat et des alliances, le bloc des droites l’emportera mais que la France restera, plus encore qu’aujourd’hui, difficilement gouvernable. Si la gauche pourra toujours s’appuyer sur les médias pour manipuler l’opinion, le bloc des droites pourra compter sur le parlement (s’il a la majorité absolue) mais aussi sur l’appui sans faille de la Police et de l’Armée, très majoritairement ancrées à droite.

Si la droite l’emportait largement, cela devrait être perçu comme un énorme échec des médias grand public dont la crédibilité s’effrite depuis bien longtemps. En effet, très ancrés à gauche ils auront tout fait pour faire triompher leurs camps (Macronie ou gauche) contre le bloc des droites.

Cette élection marquera aussi la fin des LR tels que nous les avons connus : c’est désormais la division entre le camp des éléphants (Bertrand, Pécresse, Wauquier) qui préfèrent disparaître et laisser la victoire à la gauche, capable de s’unir du centre aux extrêmes, et le camp des adeptes d’une droite «plurielle», unie pour le combat électoral, mais acceptant les différences de sensibilité. Ce camp de l’Union des droites est probablement très majoritaire chez les militants LR, et principalement chez les jeunes, qui ont compris que la division des droites conduisait inéluctablement à l’échec.

Et pendant que cette sinistre comédie se déroule et occupe nos médias à 200%, on ne parlera donc plus autant d’Ukraine, ni de Gaza. Il est clair aussi que l’image et la crédibilité de notre pays, de sa gouvernance et de son président dans le reste du monde, ne sortiront pas grandies de ces épisodes électoraux à répétition.

Les pauvres Ukrainiens et les pauvres Palestiniens continueront à disparaître dans les brasiers attisés par une macronie mondialiste, néoconservatrice et sioniste, toujours soutenue avec zèle par nos médias grand public, agissant en meute.

Ne pas oublier non plus que le 4 juillet 2024 des élections générales se dérouleront au Royaume-Uni, avec, là aussi, un désaveu cinglant et attendu de l’exécutif en place, lui aussi néoconservateur, mondialiste et sioniste et son remplacement par un exécutif «travailliste»… qui ne changera probablement rien à la politique étrangère du pays.

Ces désaveux des pouvoirs en place qui se succèdent dans le camp occidental (Sunak, Macron, Scholtz, Biden) sont des signes qui ne trompent pas : le mondialisme a du plomb dans l’aile et son projet ne fait plus recette. La classe dirigeante ukrainienne a donc beaucoup de souci à se faire.

Sa fin est proche … Passera-t-elle seulement l’année 2024 ?

***

L’ultralibéralisme cherche à détruire l’opposition féroce qu’il produit

Le Système en surchauffe

Après un certain décalage dans le temps qui correspond au processus de compréhension, c’est-à-dire de la montée de la conscience face à une problématique nouvelle, le Français de base finit, en régime ultralibéral hostile, par voter RN, ou LFI, ce dernier choix correspondant à une prise de conscience incomplète.

Attention, ici, on devrait dire, pour être précis, que l’ultralibéralisme mène à un vote social-national si sa violence, ou le rapport entre la politique de l’oligarchie et la souffrance populaire (collective ou personnelle), est bien établi, sinon à un vote social-antinational au cas où les individus sont encore sous contrôle mental.

L’antinationalisme antisocial, c’est le fondement de l’ultralibéralisme. Il est antinational parce que transfrontalier et anti-État, et il est antisocial par nature : pour l’oligarchie, contre le peuple. C’est d’une évidence biblique aujourd’hui chez nous, dans ce pays chrétien qui a trop fait confiance à ses élites, qui en ont profité pour le trahir, et le déposséder.

Le peuple français ne possède plus grand-chose – les services publics sont détruits les uns après les autres – et il possède encore moins son destin. Ce n’est pas la petite maison ou le petit appartement qui comptent, car ceux-là aussi seront volés par ruse. Mais il possède encore sa volonté et sa colère.

Le peuple a essayé, avec les Gilets jaunes en 2018-2019, de reprendre son destin en main, mais le soulèvement des perdants de la mondialisation n’a pas été suivi par les forces intermédiaires de la société, à savoir les partis de prétendue opposition, les syndicats de prétendue protection des travailleurs, et les médias, ce prétendu quatrième pouvoir. Tous ont pourfendu le mouvement, pourtant justicier. Mais il était révolutionnaire.

Aujourd’hui, six ans après les Gilets jaunes, ce tremblement de terre social se traduit dans les urnes. C’est le temps long de la politique : personne n’a jamais dit que le Grand Soir arriverait en cinq minutes. Ceux qui n’ont pas eu le courage d’accompagner les Gilets jaunes dans la rue, pour renverser le Système, seront balayés dans les temps qui viennent : partis réformistes, syndicats véreux et médias putes. Les partis d’alternance se sont déjà effondrés, laissant la place aux partis révolutionnaires. Quant aux syndicats, sans l’argent du Système, ils sont virtuellement morts. Les médias ? Il n’y a plus que les idiots pour les croire.

Les Français, qui ont eu peur de la répression policière de 2018-2019, se vengent aujourd’hui dans l’isoloir : c’est plus lent, mais plus sûr, car c’est anonyme. Certes, ils vont en ordre de bataille dispersé, entre populistes de droite et populistes de gauche (les deux blocs représentent les deux tiers de l’électorat, ces fameux « deux Français sur trois » chers à Giscard !), mais cette scission artificielle, qui permet au bloc ultralibéral de se maintenir, est condamnée à terme.

Quand la souffrance sociale sera insupportable, les deux blocs écraseront le centre et fusionneront, de gré, ou de force. Car c’est notre destin, celui que les forces du mal veulent empêcher à tout prix, même à celui de la guerre, civile ou mondiale.

Le seul vecteur de changement dans l’histoire, c’est la souffrance sociale, bien sûr, mais la souffrance sociale couplée avec l’audace, car sans audace, ni croyance en la victoire, rien n’est possible. Il y a un siècle, d’autres, dans d’autres pays, ont renversé la table avec leur volonté et leur colère.

C’est pourquoi il ne faut pas dire « Macron a tout prévu », « Macron est un génie de l’ingénierie politique », « Macron pousse les LFI et les RN à s’entretuer », non : la Macronie est en panique, leur navire coule, et la France n’est pas la Macronie. Nous lui survivrons. Il faut croire en la victoire, même si LFI s’aligne sur les conneries woke et si le RN s’aligne sur Israël et l’Ukraine. Ce n’est pas exactement de la taqîya, mais pour prendre le pouvoir, il faut parfois montrer patte blanche. Pour que le pouvoir profond, qui tient encore les manettes, l’ait bien profond.

"Des candidates et candidats investis et soutenus par le Rassemblement national pour les législatives défendent des positions bien plus extrémistes que le président du parti, Jordan Bardella, sur plusieurs thématiques majeures". (Le Monde)

Le changement passe donc par un effort de tous ceux qui sont les victimes de l’ultralibéralisme, plus ceux qui sont menacés par lui et qui ne le savent pas encore, ou ne veulent pas le savoir, car l’homme n’aime pas les nuages noirs qui s’amoncellent. Pourtant, ils sont là, sous nos yeux, et l’oligarchie, pour une fois, ne nous ment pas : crise sociale aiguë, risque accru de guerre civile pour faire s’entrechoquer les deux forces populistes qui menacent le Système, et guerre totale sous l’égide de l’OTAN pour le compte d’une Amérique rendue folle par la fin de son leadership mondial.

Oui, nous sommes en 1936, nous sommes en pleine déconfiture de la « Ve République de Weimar », tous les voyants sont au rouge pour nous, mais aussi pour ce Système mortifère.

E&R


- Source : RI

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