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Mercredi, 14 Oct. 2026

ZFE : qui a empêché l’Assemblée nationale de voter leur suppression le 8 octobre ?

Auteur : Yoann | Editeur : Walt | Mercredi, 14 Oct. 2026 - 12h41

Ils prétendent défendre les ouvriers, les petits salaires et les Français oubliés. Mais lorsqu’il s’agit de permettre à ces mêmes Français de circuler avec leur vieille voiture, certains députés retrouvent soudain une passion dévorante pour les interdictions. Sandrine Rousseau, François Ruffin, Clémentine Autain ou Alexis Corbière figurent parmi les élus qui ont tenté de sauver les ZFE. Bienvenue dans l’écologie populaire, à condition d’avoir les moyens.

 

37 députés pour sauver les ZFE, au nom du peuple évidemment

Jeudi 8 octobre 2026, l’Assemblée nationale examinait une proposition de loi visant à supprimer les zones à faibles émissions (ZFE). Une occasion de débarrasser les automobilistes d’un dispositif qui transforme progressivement les centres-villes en territoires réservés aux véhicules les plus récents.

Mais certains élus avaient visiblement d’autres priorités.

La députée écologiste Lisa Belluco a déposé l’amendement n° 7, cosigné par 36 parlementaires. Son objectif ? Supprimer l’article unique de la proposition de loi, autrement dit empêcher l’abrogation des ZFE.

Parmi les signataires, quelques grands spécialistes autoproclamés de la défense des classes populaires : François Ruffin, Clémentine Autain, Alexis Corbière et Sandrine Rousseau. On retrouve également Cyrielle Chatelain, Dominique Voynet, Danielle Simonnet ou encore Eva Sas. Tous appartiennent au groupe Écologiste et Social.

François Ruffin, qui a construit une grande partie de son image politique sur la défense des ouvriers, soutient donc le maintien d’un dispositif susceptible de pénaliser ceux qui roulent dans une vieille voiture faute de pouvoir en acheter une autre.

Défendre les pauvres, oui. Les laisser circuler avec leur vieille Clio, c’est apparemment plus compliqué.

49 voix pour sauver les restrictions, 164 contre

Heureusement pour les automobilistes, l’amendement a été rejeté : 49 voix pour, 164 contre.

Et les défenseurs des ZFE ne se trouvaient pas uniquement chez les écologistes. Parmi les 49 voix favorables figuraient notamment 20 députés socialistes et 12 élus du groupe macroniste Ensemble pour la République.

Précision intéressante : les 32 députés de La France insoumise ayant participé au scrutin ont voté contre cet amendement, comme les 111 députés RN présents lors du vote.

Les élus favorables au maintien des ZFE invoquent la pollution atmosphérique et les risques sanitaires. Leur argumentaire rappelle notamment les quelque 40 000 décès prématurés annuels attribuables à l’exposition aux particules fines en France.

Un problème sanitaire sérieux. Mais ce chiffre concerne la pollution aux particules fines dans son ensemble, pas uniquement les véhicules concernés par les ZFE.

Et surtout, une question demeure : pourquoi faire supporter une partie du coût de cette politique aux Français qui ont le moins de moyens pour changer de voiture ?

Une écologie punitive que les plus modestes doivent financer

Dans leur amendement, les signataires reconnaissent eux-mêmes que la transition écologique ne doit pas devenir une interdiction de circuler pour ceux qui n’ont pas les moyens de payer.

Formidable. Ils ont donc parfaitement identifié le problème, mais souhaitent conserver le dispositif en promettant de le corriger.

Pendant ce temps, l’aide à domicile qui multiplie les déplacements, l’ouvrier qui commence à cinq heures du matin ou le retraité qui conserve son vieux diesel doivent composer avec les restrictions locales.

Tout le monde ne dispose pas de 20 000 ou 30 000 euros pour remplacer un véhicule qui fonctionne encore. Et les transports en commun ne permettent pas toujours de répondre aux contraintes professionnelles et familiales.

L’écologie punitive possède décidément un avantage considérable : ceux qui la défendent ne sont pas nécessairement ceux qui en paient le prix.

Minuit à l’Assemblée : les ZFE sauvées par le calendrier parlementaire

Le rejet de l’amendement Belluco aurait pu ouvrir la voie à une adoption rapide du texte. Mais la soirée parlementaire s’est transformée en marathon.

Amendements, sous-amendements, longues interventions et rappels au règlement se sont succédé. Le rapporteur Pierre Meurin a dénoncé des manœuvres d’obstruction. Les opposants à la proposition de loi ont, eux, défendu la nécessité d’examiner sérieusement les conséquences sanitaires de l’abrogation.

Les échanges se sont poursuivis jusqu’à minuit. À cette heure, la présidence a interrompu les discussions et renvoyé la suite de l’examen à une prochaine séance.

Résultat : aucun vote final sur la proposition de loi le 8 octobre.

Il serait toutefois inexact d’attribuer cette absence de vote aux seuls signataires de l’amendement n° 7, puisque celui-ci a été rejeté. L’allongement des débats a impliqué plusieurs groupes parlementaires.

Mais politiquement, le résultat est là : les automobilistes qui espéraient une suppression des ZFE sont repartis bredouilles.

Au 13 octobre, la proposition de loi n’a toujours pas achevé son parcours parlementaire. Les restrictions existantes continuent donc de s’appliquer selon les règles de chaque agglomération.

Et pendant que certains députés expliquent à longueur de discours combien ils aiment les travailleurs, ces derniers doivent encore vérifier si leur voiture a le droit de franchir les frontières invisibles de l’écologie administrative.


- Source : Le Média en 4-4-2

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