Ormuz verrouillé, oléoduc Est-Ouest frappé, aéroport de Ryad visé
Au moment où l'Arabie saoudite dit vouloir reprendre la main au Yémen, les Houthis ont monté d'un cran. Lundi, leur porte-parole militaire Yahya Saree a affirmé que des drones, des missiles balistiques et des missiles de croisière avaient frappé l'aéroport international de Ryad, la raffinerie d'Aramco à Rabigh, des sites militaires et des aéroports du sud du royaume, en riposte à ce qu'il présente comme 60 frappes aériennes saoudiennes en vingt-quatre heures. Des explosions ont été entendues dans la capitale. Les dégâts, eux, n'étaient pas confirmés au moment des dépêches, et les deux camps revendiquent des avancées impossibles à vérifier sur place, note CNA.
La veille, le tuyau qui compte vraiment avait déjà été touché. Une station de pompage de l'oléoduc Est-Ouest, à Khurais, à l'est de Ryad, a été visée dimanche, et les pompages ont de nouveau été interrompus, écrit Les Échos. Ce tube sert précisément à envoyer vers la mer Rouge le pétrole bloqué à l'est depuis le verrouillage du détroit d'Ormuz. Frapper l'aéroport de la capitale et ce tuyau, ce n'est pas la même guerre que de tenir une colline près de Mokha.
Sur le terrain, Ryad a rejoint la contre-offensive des forces gouvernementales yéménites, baptisée "Aube du Yémen" par la coalition, avec un soutien aérien continu. Cette dernière affirme avoir engagé cent avions de combat et détruit 324 cibles stratégiques. Les forces gouvernementales yéménites revendiquent des avancées autour de Bab el-Mandeb et de Mokha, positions perdues début septembre lorsque les Houthis avaient pris toute la côte de la mer Rouge.
Les ordres de grandeur rappellent que le rapport de force n'a rien d'évident, même pour un royaume qui a dépensé 83,2 milliards de dollars pour sa défense en 2025, selon le SIPRI cité par la RTS. Le Yémen compte plus de 40 millions d'habitants selon les Nations unies, quand l'Arabie saoudite en recense seulement 19,6 millions de nationaux. Les Houthis aligneraient au moins 350 000 combattants selon le Middle East Institute, d'autres estimations montant à 700 000, face à environ 250 000 militaires saoudiens d'active, Garde nationale comprise.
Le royaume a l'aviation, l'argent, les alliés, et a demandé un soutien aux États-Unis sans l'obtenir jusqu'ici. La Turquie et le Pakistan ont promis des forces au titre d'un accord de défense mutuelle signé en août à La Mecque. Ryad a aussi renoué avec les Émirats arabes unis, moins d'un an après avoir sommé Abou Dhabi de retirer ses forces du Yémen.
Le royaume qui voulait remettre la main sur le sol doit désormais compter sur des armées étrangères pour protéger ses aéroports, ses raffineries et un ciel que les Houthis déclarent ouvertement hostile.
- Source : France-Soir












